
En avril 2010, la commissaire à la protection de la vie privée du Canada, Jennifer Stoddart, et neuf autres autorités de protection des données du monde entier ont envoyé une lettre collective à Eric Schmidt, président du conseil d’administration et chef de la direction de Google Inc., dans laquelle elles critiquent Google et d’autres entreprises en ligne pour avoir omis de tenir compte des valeurs etdes lois relatives à la protection de la vie privée lorsqu’elles lancent de nouveaux produits et services. Cette lettre a été rendue publique lors d’une conférence de presse tenue au National Press Club à Washington dans le cadre du sommet international annuel de l’International Association of Privacy Professionals.
« Bien que des entreprises comme Google se disent en faveur de la protection de la vie privée, ce n’est pas toujours ce que reflète le lancement de leurs nouveaux produits, déclare la commissaire Stoddart. Nous demandons donc à Google, comme à toutes les organisations qui détiennent des renseignements personnels, d’intégrer les principes fondamentaux de protection de la vie privée dès la conception de nouveaux services en ligne. »
« C’est la première fois que les autorités de protection des données travaillent si étroitement ensemble à l’échelle mondiale afin d’envoyer un message collectif sur l’importance de la protection des données et du droit à la vie privée. Et ce ne sera sûrement pas la dernière », affirme Jacob Kohnstamm, qui a pris la parole à la conférence de presse et signé la lettre en sa capacité de président de l’autorité néerlandaise de protection des données [College bescherming persoonsgegevens (CBP)] et à titre de président du Groupe de travail Article 29 sur la protection des données des autorités de protection des données européennes.
« Cette fois, nous avons décidé d’envoyer ce qu’on pourrait considérer comme un dernier avertissement à la communauté en ligne. Soyez toutefois assuré que nous n’hésiterons pas à recourir à nos pouvoirs conjoints pour faire respecter le droit fondamental à la vie privée si nous estimons que cet avertissement final n’est pas pris en compte. »