Recherche

Programme des contributions 2009-2010 – Projets de recherche financés par le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada

Projets de recherche financés dans le cadre du Programme des contributions 2009-2010

Le Programme des contributions du CPVP finance la recherche et les projets indépendants portant sur la protection de la vie privée. Les opinions exprimées dans les rapports et les sommaires sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement l’opinion du Commissariat à la protection de la vie privée du Canada. Les sommaires ont été fournis par les auteurs des projets. Notez que les projets sont publiés dans leur langue d'origine.

  • Le 29 mai 2009, un communiqué annonçait l’attribution d’une subvention se chiffrant à 454 000 $ provenant du Programme des contributions 2009-2010 du CPVP.

Association des sourds du Canada

Le vol d'identité et la protection de la vie privée du point de vue des personnes sourdes

Dans le cadre de ce projet, les objectifs de l’Association des sourds du Canada (ASC)  étaient les suivants :

  1. Offrir de l’information sur le vol d’identité, la fraude, les escroqueries et les questions relatives à la protection de la vie privée des personnes sourdes, devenues sourdes ou malentendantes.
  2. Informer les divers intervenants (p. ex. la police, les banques, les fournisseurs de services Internet) sur les questions d’accessibilité pour les personnes sourdes.

L’ASC a organisé un atelier national d’une journée destinée aux organisateurs de la communauté des sourds d’un peu partout au Canada et a invité des organismes comme la GRC, la Banque Royale du Canada et l’Office de la protection du consommateur pour faire des présentations sur des questions portant sur le vol d’identité et des fraudes connexes. Par ailleurs, ce fut l’occasion d’être conscientisé aux problèmes auxquels les personnes sourdes sont confrontées lorsqu’elles veulent se protéger ou signaler les délits. À la fin de la conférence, les organisateurs sont retournés chez eux pour animer des réunions et ateliers semblables dans 12 villes du Canada dans les six mois suivant la conférence.

Ces ateliers locaux ont remporté beaucoup de succès, car l’ASC a réalisé que bon nombre de personnes sourdes ne connaissaient pas bien les questions relatives à la protection de la vie privée, le vol d’identité et les escroqueries en raison d’un manque d’accès à l’information, ce qui les rend vulnérables à de tels délits.

L’ASC a également réussi à établir des liens avec les banques et les organismes d’application de la loi pour améliorer l’accès à l’information et aux services destinés aux personnes sourdes. Ce fut un excellent début de dialogue. L’ASC encourage les organisateurs locaux à continuer de collaborer avec les entreprises et les organismes locaux pour améliorer l’accessibilité pour les personnes sourdes.

IAPP Canada (Association internationale des professionnels de la protection de la vie privée)

IAPP Canada – initiative de promotion et de développement de KnowledgeNet

Le programme KnowledgeNet d’IAPP Canada réunit des professionnels de la protection des données et de la vie privée pour favoriser la sensibilisation et le réseautage avec les pairs. Les réunions de KnowledgeNet proposent des présentations d’experts sur des sujets d’actualité et donnent la chance aux participants de poser des questions, de raconter des expériences, de discuter avec des collègues et de se faire de nouvelles connaissances. Les réunions sont organisées régulièrement, sont offertes sans frais et incluent habituellement un déjeuner ou un dîner gratuit.

Dès l’annonce par le CPVP de la contribution, IAPP Canada a également reçu un appui considérable de bénévoles et d’enthousiastes professionnels de la protection de la vie privée d’autres villes. Par conséquent, l’IAPP a accru le nombre de réunions KnowledgeNet au Canada, passant de deux réunions à Toronto à 16 réunions tenues dans l’ensemble du Canada jusqu’à la mi‑mars 2010. Parmi les nouvelles villes qui ont organisé des réunions et qui souhaitent être l’hôte de réunions futures de KnowledgeNet, mentionnons Edmonton, Montréal, St. John’s (T.‑N.‑L.), Ottawa, Vancouver et Victoria.

Au total, quelque 450 personnes ont pu assister aux réunions de KnowledgeNet grâce à une contribution du CPVP.

Coopérative radiophonique de Toronto (CHOQ-FM)

Campagne de sensibilisation à la protection de la vie privée

La campagne provinciale de sensibilisation à la protection de la vie privée « On vous observe , voyez-y! » qui s’est déroulée du 10 mars au 26 mars 2010, est une initiative de marketing social et d’éducation populaire préventive, informative et interactive afin d’accroitre la conscientisation du public sur les droits et obligations au niveau de la protection de la vie privée. Elle s’adresse à un large public : les francophones de l’Ontario, que ce soit les jeunes, les nouveaux arrivants, les parents, étudiants et les organisations desservant cette clientèle.

Grâce au développement de différents outils de sensibilisation et de communication tels que capsules radiophoniques, web, affiches, cartes postales, vidéo virale et autres, CHOQ-FM 105,1 et GrandToronto.ca ont été les initiateurs d’une campagne multiplateforme disponible en Ontario dans les radios de la communauté membres de MICRO, la presse francophone, la télévision, les écoles francophones et sur le web.

Le coup d’envoi de la campagne a eu lieu le mercredi 10 mars 2010 à 17 h et le promoteur a eu l’honneur d’accueillir des invités spéciaux : Mme Madeleine Meilleur, ministre des Services sociaux et communautaires ainsi que ministre déléguée aux Affaires francophones, Me Chantal Bernier, commissaire adjointe à la protection de la vie privée du Canada, et Me Jacques Saint‑Laurent, président de la Commission d’accès à l’information du Québec. La diffusion d’une émission spéciale en direct de l’Hôtel de Ville de Toronto s’est déroulée sous forme d’une table ronde afin de conclure l’événement.

Option consommateurs

Atelier de sensibilisation des ainé(e)s au vol d’identité : Mieux vaut prévenir que guérir

Option consommateurs a réalisé un atelier sur le vol d’identité destiné aux aînés ainsi qu’une trousse d’information.

L’atelier a permis aux participants de découvrir ce qu’est le vol d’identité (un crime qui se produit à leur insu parce qu’un fraudeur met la main sur leurs renseignements personnels). L’atelier leur a permis également de se rendre compte que ce crime fait beaucoup de victimes.  Les données portées à l’attention des participants provenaient notamment du Centre d’appel antifraude du Canada (qui récolte les signalements), de Sécurité publique Québec (qui a réalisé un sondage) et de l’Ontario Research Network for Electronic Commerce (ORNEC).

Les participants ont appris comment agir pour prévenir ce crime.  Ils ont notamment appris qu’en refusant de donner des renseignements personnels lorsque cela n’est pas approprié, en faisant valoir leurs droits et en adoptant des comportements sécuritaires, l’on peut prévenir les vols d’identité, voire faire en sorte que ces vols soient moins nombreux.

Enfin, grâce à cet atelier, les participants ont appris également comment vérifier périodiquement s’ils sont victimes d’un vol d’identité — une mesure qui permet de minimiser les dommages — et quoi faire s’ils en sont victimes. Grâce aux conseils qui ont été prodigués, les participants sont mieux outillés; ils peuvent se protéger, mais aussi résoudre des situations qui, autrement, pourraient être lourdes de conséquences.

Association sur l’accès et la protection de l’information (AAPI)

Portail Internet sur la protection de la vie privée

L’AAPI a développé une boîte à outils personnelle qui vise à atteindre les « profanes » (p. ex. jeunes adolescents, parents, les personnes âgées) de la protection des renseignements personnels pour leur donner de l’information pratique sur le sujet et les conscientiser à la protection de la vie privée.

L'AAPI a ensuite développé un portail Internet interactif sur lequel est diffusé du matériel d'information adapté à la clientèle ciblée par le projet.  De cette manière, la boîte à outils personnelle de l’AAPI s'est rapprochée des personnes habituellement peu sensibilisées aux enjeux de la protection des renseignements personnels et de la vie privée.

Le portail Internet de la « Boîte à outils personnelle » permet un accès tout à fait gratuit aux divers outils en les présentant et les répertoriant de différentes façons.

L’AAPI est satisfaite d’avoir réalisé ce projet qui permet au grand public d’avoir accès, à un seul endroit, à une multitude d’outils de sensibilisation portant sur la vie privée.

Université de Guelph

La protection de la vie privée sur Facebook : la communication des renseignements des jeunes et des adultes et la perception des risques d'atteinte à la vie privée

Ce rapport présente une étude sur la communication de l’information et la protection de la vie privée sur Facebook chez les jeunes des écoles secondaires et les adultes sur le marché du travail. Il s’agit de la première étude qui se penche sur ces enjeux parmi un échantillon de répondants choisis à l’extérieur des effectifs étudiants à l’université. Par ailleurs, le rapport présente de l’information sur des facteurs individuels spécifiques qui permettent de prédire l’étendue de la communication et de l’utilisation des paramètres de confidentialité sur Facebook. Les chercheurs formulent des recommandations visant à accroître la sensibilisation et l’éducation du public à l’égard de la protection de la vie privée sur Facebook.

Principales constatations :

  • Malgré les perceptions populaires selon lesquelles ce sont les jeunes qui communiquent une grande quantité d’information en ligne, notre étude indique que les jeunes et les adultes ont des comportements semblables en matière de communication d’information sur Facebook. Les adultes sont toutefois plus susceptibles que les jeunes à se servir des paramètres de confidentialité sur Facebook.
  • Même si la majorité des répondants à l’étude, aussi bien les échantillons d’adultes que ceux et de jeunes, ont indiqué savoir comment utiliser les paramètres de confidentialité de Facebook, une proportion beaucoup plus faible de personnes des deux groupes a indiqué réellement se servir de ces paramètres.
  • Dans les deux échantillons, les répondants qui ont indiqué avoir un besoin plus élevé de popularité et être moins sensibilisés aux répercussions de l’échange de renseignements étaient plus susceptibles de communiquer de l’information personnelle sur Facebook.
  • La sensibilisation aux répercussions de l’échange de renseignements personnels était le facteur prédictif le plus important de l’utilisation des paramètres de confidentialité sur Facebook. Cette tendance prévalait de manière égale chez les jeunes et chez les adultes.
  • Les répondants de l’échantillon de jeunes qui ont indiqué avoir eu une mauvaise expérience sur Facebook étaient plus susceptibles de contrôler leurs renseignements personnels par l’utilisation de paramètres de confidentialité.

Recommandations en matière d’éducation :

  • Des efforts devraient être faits pour sensibiliser davantage les adultes à certaines des caractéristiques de Facebook afin qu’ils puissent donner davantage de conseils à leurs enfants sur les paramètres de confidentialité. En agissant ainsi, les adultes disposeraient des outils nécessaires pour contrôler l’utilisation de Facebook par leurs enfants.
  • Les stratégies devraient favoriser une plus grande sensibilisation aux répercussions de la communication d’information, car il s’agit d’un bon indicateur de la communication et du contrôle de l’information parmi les jeunes et les adultes.
  • Les campagnes d’éducation destinées aux jeunes devraient inclure des stratégies pour faire face aux situations négatives sur Facebook (p. ex. la cyberintimidation, le harcèlement), aussi bien en matière de prévention que de gestion.
  • Tous les utilisateurs de Facebook devraient être sensibilisés à la façon d’utiliser et de contrôler régulièrement leurs paramètres de confidentialité. Cette campagne d’éducation devrait inclure des avertissements concernant le choix des « amis » et la façon dont le profil du Facebook d’une personne est perçu par les autres utilisateurs de Facebook.

Recommandations en matière de politique :

  • Travailler de concert avec des sites de réseautage social en ligne, comme Facebook, pour définir des paramètres de confidentialité et les conditions d’utilisation qui sont accessibles aux plus jeunes utilisateurs potentiels.
  • Établir des mécanismes qui permettent aux utilisateurs de Facebook d’avoir plus de contrôle sur l’information personnelle que d’autres utilisateurs affichent sur eux.
  • Élaborer des campagnes de sensibilisation et d’éducation qui encouragent les utilisateurs à lire les paramètres de confidentialité et les parents à sensibiliser leurs enfants à la protection de la vie privée en ligne.
  • Promouvoir les programmes scolaires qui sensibilisent les jeunes à la protection de la vie privée en ligne et aux répercussions de la communication.

Université de l’Alberta, Health Law Institute

Analyse des politiques en matière de protection de la vie privée et des pratiques relatives aux tests génétiques offerts directement aux consommateurs

Ce rapport traite des enjeux relatifs à protection de la vie privée dans le contexte de la vente directe aux consommateurs de services de dépistage génétique. Un nombre de plus en plus grand d’entreprises, principalement des États-Unis, vendent des services de dépistage génétique directement aux consommateurs. Pour offrir ces services, les entreprises recueillent des échantillons biologiques et des renseignements personnels de leurs clients, ce qui soulève des questions concernant l’utilisation, la communication, la conservation et la sureté de ces éléments.

Les chercheurs ont analysé les politiques de protection de la vie privée de 32 entreprises qui offrent des services de dépistage génétique directement au consommateur en tenant compte des principes relatifs à l’équité dans le traitement de l’information élaborés par l’Association canadienne de normalisation dans le Code type sur la protection des renseignements personnels et intégrés dans la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques. Ces principes sont les suivants : responsabilité; fins pour lesquelles des renseignements personnels sont recueillis; consentement; limitation de la collecte de renseignements; limitation de l’utilisation, de la communication et de la conservation des renseignements; exactitude; protection des renseignements personnels; transparence; accès d'un individu aux renseignements personnels qui le concernent; et possibilité de porter plainte contre le non-respect des principes.

On note un vaste écart entre la façon dont les entreprises qui offrent des services de dépistage génétique directement au consommateur traitent de la protection des renseignements personnels et les échantillons biologiques. Sur les sites Web des 32 entreprises ciblées par les chercheurs, 20 affichaient une politique de protection de la vie privée sur leurs sites Web. Certaines s’attardaient à l’utilisation d’Internet (p. ex. la façon dont le site Web repère les visiteurs), tandis que d’autres traitaient brièvement de la manipulation des échantillons et du traitement des résultats. Sept des 20 entreprises disposent de politiques plus globales qui expliquent comment l’entreprise recueille et utilise l’information par l’intermédiaire de son site Web et comment elles manipulent les échantillons et traitent les résultats.

À la fin du rapport de recherche réalisé dans le cadre de ce projet, on retrouve une liste de questions liées à la protection de la vie privée que les consommateurs, sur la recommandation des chercheurs, devraient se poser avant d’envisager d’acheter des services de dépistage génétique sur Internet. Les consommateurs qui souhaitent obtenir des réponses à leurs questions — en examinant attentivement les politiques de protection sur la vie privée des entreprises et en communiquant directement avec les entreprises — pourront faire un choix plus éclairé quant à l’envoi de leurs renseignements personnels et d’échantillons génétiques à une entreprise.

Université de Victoria

Inspection approfondie des paquets : ressources pour l'analyse des répercussions sur la protection de la vie privée au Canada

Ce projet avait pour objectif de rassembler les ressources sur l’inspection approfondie des paquets (IAP) au Canada de façon à ce que les citoyens, les régulateurs, les porte‑parole et les entreprises puissent avoir une ressource commune d’information sur ces pratiques.

Le projet a permis de regrouper des articles d’actualité, de la littérature grise, des documents de réglementation publique, des sites Web gouvernementaux et d’autres sources d’IAP pour créer un dépôt centralisé des sources d’information sur cette technologie. Il comporte également un système interactif qui identifie le fournisseur de services Internet (FSI) de l’utilisateur et qui offre des renseignements concis sur les utilisations de l’IAP par le FSI.

Bien que les FSI pourraient, hypothétiquement, utiliser la technologie pour la publicité, l’extraction de données et le respect des droits d’auteur, aucun ne l’a encore fait, d’après ce que les chercheurs ont pu déterminer, et aucun n’a publiquement indiqué qu’il entendait le faire.

Dans l’avenir, le site Web créé par les chercheurs continuera d’offrir des mises à jour régulières sur l’inspection approfondie des paquets au Canada et dans le plus vaste contexte international, en plus de présenter des essais mensuels dans un avenir prévisible. L’infrastructure technique que nous avons élaborée a été communiquée à l’ensemble des développeurs afin que les parties intéressées du monde entier puissent reproduire le projet dans leurs régions.

Université Memorial de Terre-Neuve

La protection de la vie prive et les biobanques : analyse conjointe des priorités et des préférences des groupes d'intervenants

Ce projet visait à mieux comprendre l’importance relative que les personnes accordent à la confidentialité de leurs renseignements personnels sur la santé (RPS) par opposition à d’autres biens personnels ou publics. Plus particulièrement, les chercheurs ont analysé les conditions dans le cadre desquelles les personnes pourraient consentir à sacrifier une partie de leur vie privée afin d’appuyer la recherche en santé qui contribuerait à leur bien-être personnels ou au bien commun.

Les chercheurs se sont principalement attardés à la protection des RPS dans le cadre des biobanques. La méthode de recherche utilisée consistait en l’élaboration d’une « tâche à choix discret », où les participants se font présenter divers scénarios dans le cadre desquels ils doivent choisir les valeurs les plus importantes pour eux, compte tenu des situations décrites. Plus particulièrement, les participants étaient invités à comparer leurs préoccupations relatives à la protection de la vie privée et à la confidentialité à la recherche potentielle qui pourrait les avantager personnellement, ou encore avantager leurs êtres chers ou la société en général. On leur a également demandé si leurs préférences changeraient si la recherche visait spécifiquement une condition stigmatisée ou non, ou si ils étaient tenus de donner un consentement général ou spécifique pour l’utilisation future de leurs échantillons de matériel biologique.

Les participants ont indiqué qu’ils avaient très confiance dans les chercheurs en santé et qu’ils étaient relativement peu préoccupés par la protection de la vie privée et la confidentialité de leurs RPS dans le contexte des biobanques. Ils s’intéressaient particulièrement aux recherches qui les avantageraient personnellement, ce qui pourrait indiquer un plus grand appui du public pour les biobanques spécifiques à une maladie où les participants accepteraient d’offrir un consentement illimité.

Union des consommateurs

Le dossier de santé électronique: le contrôle des données personnelles de santé dans un contexte d'informatisation des dossiers médicaux

Le dossier de santé électronique (DSE), initié par Inforoute Santé du Canada, s’inscrit dans un courant mondial d’informatisation des dossiers médicaux. Le DSE est l’outil qui permettra aux professionnels de la santé, tels que médecins, pharmaciens, infirmières et tout autre professionnel habilité, d’accéder aux données cliniques des patients, quel que soit le lieu de consultation, d’optimiser la prise en charge des patients et de leur assurer un suivi de meilleure qualité. La mise sur pied du dossier de santé électronique vise à faciliter la circulation et le partage des informations cliniques notamment entre les établissements du réseau de la santé.

Toutefois, à l’instar de toutes nouvelles technologies de ce type, le DSE n’est pas sans soulever de nombreuses inquiétudes, étant donné que l’information est aujourd’hui plus dématérialisée, l’utilisation des renseignements personnels des usagers plus répandue et leur protection d’autant plus délicate. S’il faut voir dans le DSE des avantages et des bénéfices pour les usagers des services de santé, il importe néanmoins de s’assurer que l’utilisation qui en sera faite se fasse dans le respect de l’intégrité des renseignements personnels et que les usagers auront un contrôle et un accès à leur dossier.

Cette recherche dresse le portrait des projets de DSE de l’Ontario, de la Colombie-Britannique et du Québec, et évalue les dispositions législatives portant sur la protection des renseignements personnels, dont celles portant sur la santé. Les dispositions législatives les plus pertinentes des États-Unis et de la France ont également été analysées afin de s’assurer de n’importer au Canada que les meilleures pratiques étrangères pour ce dossier de santé électronique.

Université Queen’s

La vidéosurveillance au Canada : atelier de recherche

Dans bon nombre de pays, la surveillance par caméra est courante, et les citoyens et consommateurs sont de plus en plus conscients qu’ils font l’objet d’une surveillance dans leur vie de tous les jours. De fait, la surveillance par caméra est habituellement perçue comme l’archétype des technologies et processus de surveillance modernes. Même si on assiste parfois à des débats vigoureux sur leur introduction, beaucoup d’autres tiennent les caméras pour acquis ou même applaudissent leur installation. Toutefois, les résultats concrets de la présence de caméras de surveillance font toujours l’objet de beaucoup de débats. Les données internationales indiquent qu’elles ont très peu d’effet sur la réduction des infractions et particulièrement qu’elles n’améliorent pas la sécurité des gens. En revanche, elles permettent de soumettre certains groupes à une plus grande surveillance officielle et d’étendre la portée des « sociétés de surveillance » d’aujourd’hui.

En janvier 2010, le Surveillance Camera Awareness Network (SCAN) a organisé un atelier de deux jours pour discuter de la surveillance par caméra au Canada. Cet atelier visait à approfondir les constatations du  Rapport sur la surveillance par caméras au Canada (la première partie a été publiée en janvier 2009 et la deuxième partie, en décembre 2009) préparé par SCAN et financé par le Commissariat à la protection de la vie privée en vertu du Programme de contributions 2008‑2009 (disponible au http://www.sscqueens.org/projects/scan), en dégageant de nouvelles constatations, précises et indépendantes,  sur la surveillance par caméra au Canada, ainsi qu’à avoir une discussion ouverte et publique sur les enjeux liés à la protection de la vie privée et à la surveillance par caméra. L’atelier a traité des sujets suivants : les perceptions du public à l’égard de la surveillance par caméra au Canada (Dawson), l’élaboration d’un code de signalisation CCTV canadien (Clement et Ferenbok), et ce que le Canada peut tirer de l’expérience de la vidéosurveillance dans d’autres pays (Murakami-Wood).

SCAN prévoit publier un livre sur l’atelier, qui regroupera les articles et les présentations de l’événement.

Université d’Ottawa, Centre de recherche en droit, technologie et société

L’influence du réseautage social sur le sexe, l’égalité et la vie privée : une véritable transformation ?

Le Centre de recherche en droit, technologie et société a organisé la conférence « Le point sur la technologie : Réflexions sur le droit, la technologie et la société » le 5 mars 2010. Quelque 200 personnes, y compris des membres des secteurs public et privé, des universitaires et des étudiants, ont assisté à la conférence.

Dans le cadre de cette conférence, un groupe d’experts s’est réuni pour discuter de la question suivante : « L’influence du réseautage social sur le sexe, l’égalité et la vie privée : une véritable transformation ? ». Les experts étaient Valerie Steeves, professeure agrégée au Département de criminologie de l’Université d’Ottawa; Shaheen Shariff, professeure agrégée à la Faculté d’éducation de l’Université McGill; Shayla Thiel-Stern, professeure adjointe à l’école de journalisme et de communication des médias de masse de l’Université du Minnesota; et Jane Bailey, professeure agrégée à la Faculté de droit de l’Université d’Ottawa.

Ce groupe d’experts a analysé la façon dont les notions de genre, de protection de la vie privée et d’égalité sont adoptées et transformées par les filles et les jeunes femmes dans le monde performatif, interactif et d’autoexposition du réseautage social en ligne, et s’est interrogé sur le rôle que la loi et la politique jouent dans cette transformation.

Un certain nombre de thèmes sont ressortis : l’importance pour les filles de pouvoir contrôler qui peut accéder à l’information qu’elles affichent en ligne; le rôle que joue le secteur privé en encourageant et en proposant certaines représentations des filles en marketing et dans d’autres médias commerciaux; le rôle des médias d’information dans la représentation de l’utilisation que font les filles (et les prédateurs) du réseautage social et dans la présentation des risques et des dangers qui y sont associés – parfois d’une manière qui génère une panique morale; ainsi que les réactions des décideurs à l’égard de ces nouvelles technologies et des idées sur la façon d’empêcher les activités dommageables (souvent en s’appuyant sur des politiques qui sont fondées sur la surveillance, la censure, l’autosurveillance et la criminalisation). L’importance du contrôle aux dépens de l’accès et de l’utilisation des renseignements personnels touche bon nombre de ces thèmes.

Le groupe d’experts a fait une analyse approfondie des enjeux visés et a également réussi à créer de nouvelles connaissances au fur et à mesure que les perspectives des diverses disciplines étaient intégrées au dialogue. Il a également démontré que les chercheurs dans ces domaines d’études doivent collaborer à une analyse plus approfondie du rôle que les filles, les garçons, les entreprises du secteur privé, les médias et les décideurs jouent dans la promotion ou la limitation de l’égalité et de la protection de la vie privée dans l’environnement en ligne.

Institut d’administration publique du Canada (IAPC)

Médias sociaux et dilemmes de politique publique

Selon les chercheurs, l’obstacle le plus important à la mise en œuvre gouvernementale et à l’utilisation des médias sociaux n’est pas la protection de la vie privée, la sécurité, les politiques sur les langues officielles et les cadres législatifs, mais plutôt la « couche d’argile » de la gestion et la culture hiérarchique de la fonction publique, qui ne s’est pas adaptée à la promesse des nouveaux médias de libérer l’information, de favoriser la collaboration et l’ouverture et de promouvoir le changement organisationnel.

Cela dit, les médias sociaux exigent un nouveau paradigme en ce qui concerne la propriété, l’utilisation et la gestion de l’information. Ce nouveau paradigme permet de gérer les défis particuliers en matière de protection de la vie privée et de langues officielles. Les problèmes associés aux questions de gestion de l’information, de protection de la vie privée et de sécurité sont de nouvelles manifestations d’anciens phénomènes, car il y a toujours eu des risques de communication inappropriée et d’utilisation détournée des renseignements détenus par le gouvernement.

Du point de vue des chercheurs, le changement organisationnel est nécessaire pour développer une culture de confiance et d’ouverture qui permettra aux fonctionnaires de profiter des avantages offerts par les médias sociaux.

Sur la question des médias sociaux, les employés du secteur public, de tous les groupes d’âge, se divisent en trois catégories : les zélotes, qui aiment les outils des médias sociaux pour l’expérience et les possibilités qu’ils offrent; les collaborateurs, qui considèrent que les outils les aident à mieux s’acquitter de leur travail; et les opposants, qui sont préoccupés par les risques associés à l’utilisation gouvernementale des médias sociaux.

On note une lacune du soutien analytique, de l’analyse coûts‑avantages ou des mesures de réussite concernant la mise en œuvre et l’utilisation des médias sociaux au gouvernement. Selon cette recherche, le leadership permet d’élaborer des lignes directrices adaptables et ouvertes sur l’utilisation des médias sociaux par les fonctionnaires. Finalement, il y a une grande soif pour une communauté de praticiens chargés de discuter des problèmes communs et d’élaborer des solutions communes pour répondre aux possibilités continues que les médias sociaux offrent aux gouvernements dans les limites requises par les organismes du secteur public.