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Le 27 novembre 2009
Ottawa (Ontario)
Allocution prononcée par Chantal Bernier
Commissaire adjointe à la protection de la vie privée du Canada
(La version prononcée fait foi)
Je présenterai mes commentaires sur l’ébauche du document d’orientation en exposant d’abord l’approche générale du Commissariat à la protection de la vie privée, comme protecteur du droit à la vie privée, puis en formulant des commentaires sur les trois options proposées dans l’ébauche du document d’orientation.
Comme annexe au document d’orientation, les professeurs Knoppers et Caulfield ont fourni un graphique des facteurs à prendre en compte dans la surveillance des politiques en matière de biobanques. Parmi ces facteurs, il y en a deux en particulier qui guident l’intervention du Commissariat : les normes socioculturelles, qui informent notre application de la loi, et les lois nationales, que nous devons faire respecter.
En lien avec les normes socioculturelles et les lois nationales, j’aimerais d’abord exposer quelques principes fondamentaux :
Ces quelques principes fondamentaux dictent les questions que nous devons poser au moment de l’évaluation de l’ébauche du document d’orientation. Ces questions mesurent le critère de nécessité et de proportionnalité :
Dans l’ébauche du document d’orientation, le besoin général de renseignements est remarquablement bien abordé dans le premier paragraphe; par contre, le besoin de renseignements personnels, soit des renseignements qui peuvent être associés à une personne, doit être mieux expliqué.
Le critère de nécessité et de proportionnalité exige que nous répondions aux questions suivantes :
J’ai déjà mentionné que je croyais que la question de la nécessité des renseignements personnels devait être précisée davantage dans le document. Je vais donc aborder la question de la proportionnalité, qui nous amène au cœur du sujet : le consentement et ce qui constitue un consentement valable, c’est-à-dire éclairé et autonome, dans ce contexte.
Lors d’un atelier sur la protection de la vie privée et l’information génétique qui a eu lieu le 23 mars 2009 au Commissariat, la question du consentement a été abordée sous les angles suivants que je juge pertinents dans le présent contexte :
Cela étant dit, voici mes commentaires sur les options.
L’option 1 assure la plus grande protection de la vie privée, mais est décrite comme étant trop coûteuse et trop compliquée, et ne respectant pas le désir des personnes qui pourraient vouloir participer à des biobanques.
À cela, ma réponse est la suivante : i) les coûts et les inconvénients ne semblent pas valables comme motifs pour contourner le droit fondamental à la vie privée, en particulier pour des renseignements aussi précieux que des renseignements génétiques et ii) ceux qui veulent vraiment prendre part à une biobanque donneront le consentement nécessaire. À la lumière des quelques principes fondamentaux susmentionnés, je propose que nous options pour la plus grande protection des renseignements génétiques et, par conséquent, pour la meilleure assurance d’un consentement valable.
Nous sommes donc favorables à l’option 1.
L’option 2 repose sur la légitimité du consentement général initial. Un consentement général initial valable signifie que la personne est éclairée sur les utilisations possibles de renseignements personnels et les conséquences de ces utilisations, notamment les risques de collecte et d’utilisation des renseignements. Dans ce cas, on pourrait parler d’un échange convenable du droit à la vie privée dans l’intérêt général. Toutefois, le développement technologique, notamment de réseaux de biobanques ou les utilisations futures illimitées des échantillons, fait en sorte qu’on ne peut pas savoir comment les renseignements génétiques seront utilisés et gérés. Il sera donc difficile de s’assurer que le consentement général initial est éclairé.
Par conséquent, l’option 2 offre moins de protection que l’option 1. Pour que l’option soit suffisamment solide du point de vue de la protection de la vie privée, il faudrait établir des conditions appropriées à l’obtention d’un consentement général initial, en tenant compte du défi posé par la complexité scientifique du domaine.
L’option 3, si j’ai bien compris, prévoit le consentement par défaut. Je soutiens que cette option ne satisfait pas à l’évaluation du consentement valable ou éclairé.
Nous n’appuyons pas l’option 3.
Pour conclure, nous aimerions que l’ébauche du document d’orientation :
Merci.