La protection de la vie privée et la révolution dans le réseautage social

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Commentaires aux employés de la Banque du Canada

Ottawa (Ontario)
Le 9 septembre 2008

Allocution prononcée par Jennifer Stoddart,
Commissaire à la protection de la vie privée du Canada

(La version prononcée fait foi)


Introduction

Les sites de réseautage social peuvent se révéler un merveilleux moyen d’établir des liens. Ils nous permettent de garder le contact avec nos amis, d’échanger des idées avec des collègues dans nos domaines de travail et de partager de l’information avec des gens dont les passe‑temps et les intérêts sont semblables aux nôtres.

Employer l’adjectif « dramatique » pour décrire la croissance de sites de réseautage comme Facebook et MySpace relève presque de l’euphémisme.

Facebook n’a été lancé qu’en 2004, mais le site comptait bien au-delà de sept millions d’utilisateurs actifs au Canada seulement, selon les données les plus récentes. À l’échelle planétaire, le nombre d’utilisateurs actifs de Facebook double tous les six mois. Neuf jeunes Canadiens sur dix socialisent désormais en ligne de façon régulière.

Ces sites sont devenus un outil indispensable pour les spécialistes comme les économistes qui s’en servent pour se tenir à jour dans leur domaine d’expertise. En fait, vous risquez d’être dépassé si vous ne suivez pas le rythme et ne participez pas aux discussions en ligne.

Mon propre commissariat utilise un blogue pour encourager ce type de débat sur les enjeux concernant la protection de la vie privée. Je sais que la Banque mondiale et le Fonds monétaire international ont également des blogues sur lesquels les utilisateurs peuvent afficher leurs commentaires.

En plus des nombreux avantages qu’ils procurent, les sites de réseautage social soulèvent d’importants enjeux en matière de protection de la vie privée – et ils continueront sans aucun doute à le faire au fur et à mesure qu’ils se développeront au fil du temps.

L’un des principaux enjeux consiste à savoir où tracer la ligne de démarcation entre vie privée et vie professionnelle.

En tant qu’employés, nous devons nous soucier de nos obligations envers nos organisations lorsque nous faisons des commentaires sur les blogues en ligne ou affichons de l’information dans nos profils sur Facebook. Ce que nous écrivons en ligne – même si c’est un samedi ou un dimanche – peut avoir des répercussions en milieu de travail. Cela est encore plus vrai pour ceux qui travaillent pour une banque centrale.

Il est de plus en plus fréquent de voir des gens s’exposer aux risques pour la vie privée que pose implicitement le fait de raconter en ligne des détails les concernant – ou concernant d’autres personnes.

Une révolution sociale est en cours, et nous en sommes encore à tenter de dégager les règles appropriées d’une participation à ce nouvel âge numérique.

Pièges en matière de protection de la vie privée

On dit que ce qui se produit à Vegas reste à Vegas. Toutefois, comme le faisait récemment remarquer le chroniqueur d’un journal, on ne peut vraiment pas dire la même chose des sites de réseautage social. Ce qui se passe sur Facebook ou MySpace bien souvent ne reste pas uniquement là.

Les renseignements personnels affichés sur ces types de sites finissent souvent par être utilisés de manières inattendues. Les employeurs éventuels, les patrons, les parents, les enseignants, les administrateurs d’université et d’autres catégories de gens utilisent les sites de réseautage social pour se renseigner sur les gens.

Et tout cela surprend ceux qui présument que ce qu’ils affichent est du domaine privé. Des gens ont perdu leur emploi, ont raté des entrevues d’emploi et des possibilités éducatives. On les a suspendus de l’école en raison de messages instantanés, d’« affichages muraux » (sur des sites comme Facebook) et d’autres messages qu’ils croyaient à tort constitués des conversations privées avec des amis.

Quelques titres donnent une idée du genre de choses qui se produisent…

  • Au Royaume-Uni, une jeune mère s’est inscrite à un site de réseautage social dont elle comptait faire usage pour partager des photos et des nouvelles avec des amis. Elle n’était pas consciente que son profil était à la portée de tous dans un réseau de trois millions de membres londoniens. Ses photos et ses renseignements personnels se sont retrouvés sur un site Web pornographique.
  • Un juge, semble-t-il, aurait été horrifié à la vue de photos montrant un jeune homme en train de s’amuser à un party d’Halloween vêtu d’un uniforme de prisonnier sur lequel on lisait « Récidiviste ». Ce jeune homme était accusé d’avoir provoqué un grave accident alors qu’il conduisait en état d’ébriété. Le procureur s’est servi de ces photos – prises sur un site de réseautage social – pour donner du collégien américain l’image d’une personne impénitente. Ce qui était plus grave encore pour le jeune homme, c’est que la photo avait été prise alors qu’une jeune femme gravement blessée dans la collision reposait encore à l’hôpital. Le juge l’a condamné à deux ans de prison.
  • Un étudiant de première année en génie informatique a fait face à des mesures disciplinaires après que des responsables de l’Université Ryerson de Toronto ont découvert qu’il dirigeait un groupe d’étude sur un site de réseautage social.
  • Les administrateurs de l’Université Oxford ont également ouvert une session sur des sites de réseautage social en vue d’obtenir des preuves qui leur permettraient de discipliner des étudiants ayant trop l’esprit à la fête.

Répercussions sur le milieu de travail

Nous avons également vu des cas où des choses affichées en ligne hors du temps de travail ont fini par avoir de fortes répercussions sur le milieu de travail.

En fait, il existe déjà un mot anglais pour décrire un congédiement en raison d’activités en ligne. Selon le dictionnaire anglais Macmillan, le terme « dooced » se dit d’une personne congédiée en raison d’une chose qu’elle a affichée sur un blogue. Le terme a été créé par une conceptrice Web de Los Angeles qui a perdu son emploi après avoir tenu des propos sur ses collègues de travail dans son blogue personnel. 

Il y a eu des exemples, au Canada et ailleurs dans le monde, de personnes congédiées ou sanctionnées en raison de leurs activités en ligne.

En Colombie‑Britannique, un directeur s’est retrouvé dans une situation embarrassante après avoir affiché sur Internet des photos festives où on le voit nu. La mère d’un étudiant de son école est tombée sur les photos et s’en est offusquée.

Plusieurs jeunes employés de la chaîne d’alimentation Farm Boy à Ottawa ont été congédiés après avoir affiché en ligne des propos méprisants sur les magasins et leur clientèle.

Entre-temps, des recrues de l’Agence des services frontaliers du Canada se sont retrouvés en fâcheuse position après avoir affiché des photos d’eux‑mêmes en train de boire alors qu’ils portaient l’uniforme et avoir fait des commentaires hautement inappropriés reliés à leur travail. 
J’ai entendu dire que le monde cybernétique donne un tout nouveau sens aux mots « se défouler ».

Quelques-unes des remarques affichées par des employés de l’Agence sont trop offensantes pour être répétées. Voici tout de même des exemples du type de commentaires publiés :

  • L’une des recrues a affiché ses réponses à un test de personnalité, en reconnaissant qu’elle avait triché lors d’un test, qu’elle avait fumé de l’« herbe » et qu’elle avait le goût de tuer quelqu’un.
  • Une autre recrue a affiché la photo d’un fusil qu’il s’attendait à utiliser au travail.

Toutes ces choses sont devenues publiques lorsqu’un ancien garde‑frontière en a fait état à la CBC. Le dénonciateur était mécontent parce que l’ASFC ne l’avait pas gardé dans son effectif. Il s’est plaint à la CBC qu’on lui avait préféré des recrues plus jeunes, qui coûtaient moins cher.

Des commentaires de ce genre n’ont rien pour plaire à l’employeur – surtout lorsqu’ils se retrouvent à la une des médias nationaux.

Nouvel univers

Par le passé, un employé mécontent allait dans un bar pour se défouler contre son méchant patron, une décision de la compagnie ou un client difficile. Peu de gens entendaient ces plaintes, et ça s’arrêtait là.

Voilà qu’entre en scène le monde du réseautage social. Les plaintes liées au milieu du travail se retrouvent aujourd’hui diffusées en ligne – à la portée de tous, partout dans le monde où il y a une connexion Internet. Ce qui est affiché peut être vu par les collègues de travail, les patrons, les gens avec qui vous faites affaire dans d’autres organisations, les clients et ainsi de suite. Il y a un risque très réel de dommages substantiels à la réputation d’une personne ou d’une organisation.

Comme je l’ai mentionné plus tôt, la popularité des sites de réseautage social brouille la ligne de démarcation entre vie personnelle et vie professionnelle.

Les défis associés aux nouveaux problèmes liés au milieu de travail soulevés par les sites de réseautage social sont rendus encore plus grands en raison du fait que les jeunes et leurs patrons ont souvent une conception complètement différente de la protection de la vie privée en ligne.

Fossé numérique

Cette situation a été clairement démontrée par une nouvelle recherche menée par une équipe de chercheurs de l’Unité de la protection de la vie privée et du cybercrime de l’Université Ryerson et financée par le Programme des contributions du Commissariat.

Les chercheurs ont sondé des jeunes et ont parlé à des employés d’un éventail d’organisations. Ils ont constaté une différence fondamentale – un fossé numérique – entre une génération de jeunes Canadiennes et Canadiens et une génération de gestionnaires et de cadres pour lesquels les jeunes travaillent.

Les jeunes Canadiennes et Canadiens s’imaginent naviguer dans un « réseau privé »; ils croient que les renseignements personnels publiés en ligne demeurent privés tant que ceux-ci ne dépassent le cadre de leur réseau social. Mais les organisations considèrent que les renseignement publiés en ligne relèvent du domaine public et n’ont pas à être protégés.

Une autre constatation intéressante est que les personnes qui socialisent en ligne ne sont en majeure partie pas conscients des risques, y compris les risques pour leur carrière ou le vol d’identité, auxquels ils s’exposent.

Les chercheurs ont remarqué que, pour les organisations, les directives en matière de réseautage social sont encore nébuleuses. Pour la plupart, les organisations n’ont pas adopté de politiques, de pratiques ou de directives qui régissent expressément l’utilisation des sites de réseautage social par les employés.

Après avoir examiné les résultats du sondage, les chercheurs de Ryerson ont mis de l’avant certaines recommandations pour les organisations. Il est entre autres recommandé :

  • de chercher à comprendre le réseautage social en ligne et son rôle dans la culture et les habitudes de communication des jeunes Canadiennes et Canadiens;
  • d’élaborer des règles et directives claires sur l’utilisation des sites de réseautage social au travail et à la maison fondées sur des principes auxquels adhèrent les employés;
  • de veiller à l’application de ces directives à l’aide des outils et de la surveillance appropriés;
  • de ne pas activement recueillir de l’information à partir des sites de réseautage social dans le cadre de processus de recrutement et de sélection.

Nous commençons à voir les organisations réagir aux problèmes soulevés par le réseautage social.

Directives aux employés

Les fonctionnaires fédéraux doivent respecter le Code de valeurs et d'éthique de la fonction publique, dans lequel on lit que : « Les fonctionnaires doivent […] organiser leurs affaires personnelles de façon à préserver et à accroître la confiance du public à l'égard de l'intégrité, de l'objectivité et de l'impartialité du gouvernement. »

Certains ministères ont également adopté leur propre code de conduite des employés, qui offre des directives plus explicites sur la conduite hors du travail et sur d’autres questions. En vertu de la Loi fédérale sur la responsabilité, tous les ministères fédéraux devront élaborer leur propre code de conduite.

Le Conseil du Trésor est à élaborer un cadre de code de conduite, qui devrait être prêt d’ici la fin de l’année. Les ministères pourront alors utiliser le cadre pour élaborer leur propre code.

Le cadre donne l’occasion au Conseil du Trésor d’offrir aux ministères certaines directives explicites sur le réseautage social.

Je n’ignore pas que la Banque du Canada est une entité indépendante qui élabore ses propres politiques sur des dossiers tels que l’éthique. Cependant, votre organisation sera sans nul doute intéressée par le travail que mène actuellement le Conseil du Trésor sur la question.

Les employés de la Banque du Canada – à l’instar des fonctionnaires fédéraux – offrent des services aux Canadiennes et aux Canadiens.

Vous avez la responsabilité de gérer vos affaires personnelles de manière à éviter les conflits d’intérêts réels ou perçus ou à ne pas miner la confiance du public envers votre organisation. Vous avez également la responsabilité de vous assurer de ne pas donner l’impression qu’un commentaire personnel représente la position officielle de votre organisation.

Mesures prises par l’ASFC

L’ASFC compte parmi les ministères fédéraux ayant déjà élaboré un code de conduite à l’intention de son personnel. Ce code informe les employés que bien que leur « conduite hors du travail est habituellement une question privée, [elle] peut devenir une question de travail », si elle nuit à la réputation de l’Agence, par exemple.

Les reportages des médias sur le comportement en ligne des recrues de l’ASFC ont amené l’Agence à fournir aux employés des directives plus précises sur ce qui constitue un comportement acceptable ou non lorsqu’ils sont en ligne, même hors du travail. Ces directives comportaient un rappel qu’une conduite inappropriée de la part des employés sur des sites de réseautage social pourrait donner lieu à la prise de mesures administratives ou disciplinaires.

Le phénomène du réseautage social est un nouvel enjeu pour les employeurs, et bon nombre d’organisations ne font que commencer à examiner la manière d’y faire face.

Il serait impossible qu’une directive puisse énumérer tous les types particuliers de commentaires affichés qui sont acceptables ou non, mais un document de ce genre amène les employés à réfléchir lorsqu’ils sont en ligne.

Modèle d’IBM

Par exemple, IBM a été l’une des premières compagnies à offrir certaines directives sur le comportement à adopter en situation de réseautage social. Voici quelques-uns des points saillants de ces directives :

  • Ne divulguez pas les renseignements exclusifs d’IBM ou d’une autre entreprise. 
  • Demandez la permission avant de publier ou de rapporter des conversations privées ou internes tenues à IBM.
  • Précisez que vous parlez en votre nom propre, et non en celui d’IBM.
  • Soyez conscient de votre affiliation à IBM sur les sites de réseautage social. Si vous vous présentez comme un employé d’IBM, assurez-vous que votre profil et tout contenu connexe est conforme à l’image que vous souhaitez projeter de vous-même à vos collègues et amis.

Le gouvernement britannique a récemment diffusé des directives sur les affichages en ligne où l’on discute des affaires gouvernementales. Un des conseils m’a paru particulièrement utile : « Vous devriez participer de la même manière que vous le feriez avec n’importe quel autre média ou dans le cadre de forums publics comme des conférences au cours desquelles vous prendriez la parole. »

Élaboration d’une politique

Cela me semble une bonne idée que les organisations aident leurs employés à comprendre les conséquences que pourraient avoir sur leur milieu de travail les choses qu’ils font sur Internet.

Les organisations devraient émettre des directives aussi claires et précises que possible quant à leurs attentes à l’égard du comportement des employés en ligne.

Les organisations devraient également agir de manière transparente et expliquer la manière dont elles entendent surveiller le comportement de leurs employés en ligne.

Les directives pourraient décrire les conséquences auxquelles s’expose un employé qui affiche de l’information pouvant nuire, par exemple, à la réputation de l’organisation.

Une politique claire et franche devrait permettre d’éliminer la majorité des problèmes.

Trouver le juste équilibre

Je suis fermement en faveur de la liberté d’expression, tout comme le droit des gens à la vie privée me tient évidemment à cœur. Pour l’essentiel, la manière dont les gens occupent leurs temps libres les concerne, eux, et pas leur patron. 

Cela dit, j’estime qu’il convient d’avertir les employés qu’il y aura des conséquences si les activités auxquelles ils s’adonnent durant leurs temps libres nuisent à l’organisation. Les personnes ont des droits, mais les employeurs également.

Par contre, il n’est pas nécessaire d’exercer un contrôle exagéré sur les agissements des employés hors des heures de travail. Les gens ont le droit d’avoir une vie et donc de consacrer du temps à des sites de réseautage social.

Les organisations doivent prudemment évaluer la façon dont elles vont contrôler les affichages en ligne de leurs employés. Elles doivent respecter le droit à la vie privée.

Selon moi, il ne serait pas raisonnable pour un patron de vérifier régulièrement ce que ses employés affichent sur les pages d’un site de réseautage social. Une organisation qui contrôle activement toutes les activités de ses employés sur Internet a manifestement du temps et de l’argent à perdre.

Toutefois, il serait probablement approprié pour un patron de jeter un coup d’œil sur un profil si on porte à son attention un éventuel problème qui vise l’organisation. Une organisation se doit de protéger sa réputation.

Surveillance en milieu de travail

L’un des enjeux connexes qui se posent ici est le contrôle de la quantité de temps que les employés consacrent à des sites de réseautage social alors qu’ils sont au travail. Il va de soi que les problèmes liés à la productivité préoccupent les organisations.

Nous n’avons pas encore eu à donner suite à une plainte portée contre ce genre de contrôle, mais je crois que certaines de nos conclusions d’enquête pourraient s’appliquer dans un tel cas.

À titre d’exemple, nous avons invité les entreprises qui songent à installer des caméras vidéo et à appliquer d’autres mesures de surveillance en milieu de travail à se poser quatre questions :

  • Peut-on démontrer que les mesures de contrôle visent à répondre à un besoin précis?
  • Ces mesures sauront-elles, en toute vraisemblance, répondre efficacement à ce besoin?
  • Est-ce que la perte de confidentialité est proportionnelle aux avantages obtenus?
  • Y a-t-il une façon moins envahissante de parvenir aux mêmes fins?

Si vous surveillez les sites que visitent vos employés et le temps qu’ils y consacrent, vous devriez les en informer.

Les employés ne laissent pas leur droit à la protection de la vie privée à la porte du bureau. La protection de la vie privée en milieu de travail est une composante importante des droits fondamentaux à l’autonomie des personnes.

Une certaine surveillance en milieu de travail est nécessaire – et acceptable. Les employeurs ont le droit de savoir si leurs employés font le travail pour lequel ils sont rémunérés.

Néanmoins, les employeurs doivent trouver des moyens de repérer les mauvais employés sans saper la dignité et le droit à la protection de la vie privée des bons employés – lesquels constituent la vaste majorité des effectifs.

Responsabilité individuelle

Il semble y avoir un manque de sensibilisation individuelle à l’égard de la nature même des réseaux sociaux. Aller en ligne n’a rien d’une activité privée.

Même si vous utilisez des paramètres pour protéger votre confidentialité (ce que bien des gens ne font pas), ce que vous affichez peut être partagé. Ce sera archivé. Ça existera quelque part… et ce, pour très très longtemps.

Le meilleur conseil que je peux vous donner est celui‑ci : si vous ne voulez pas qu’une chose tombe sous le regard de votre patron, eh bien ne l’affichez pas.

Cette règle pratique s’applique évidemment à tout ce qui est relié au travail – comme dans le cas des photos illustrant une personne en uniforme en train de boire ou de critiquer l’organisation pour laquelle elle travaille.

Mais je crois également que les gens doivent prendre en considération les répercussions possibles de l’affichage d’autres types de matériel que ne vise pas un code de conduite en milieu de travail, mais qui peuvent donner une mauvaise image de la personne et nuire à leur avancement professionnel. Il est indispensable de faire preuve de jugement.

Le Commissariat s’efforce d’aider les gens à éviter les problèmes liés à la vie privée en donnant des conseils sur la façon de protéger leurs renseignements personnels sur les sites de réseautage social. Notre nouveau site sur la protection de la vie privée des jeunes offre des conseils pratiques.

Conclusion

Les sites de réseautage social peuvent se révéler des outils extrêmement utiles pour toute organisation qui fait des affaires dans le transfert du savoir. Ils peuvent favoriser le développement d’idées et de discussions. Dans ce contexte, les économistes de la Banque du Canada peuvent se retrouver à échanger des idées avec des universitaires et des économistes d’autres organisations. Les avantages sont nombreux.

Toutefois, une franche discussion s’impose entre la direction et les employés sur la nature de ces sites et les problèmes qu’ils peuvent engendrer pour le milieu de travail.

La culture en milieu de travail est une chose variable. Ainsi, les commentaires publics d’employés peuvent être jugés acceptables dans une organisation, mais pas dans une autre. La direction ne devrait pas présumer que les employés comprendront de façon innée ce qu’il convient de dire ou non lorsqu’ils se trouvent en ligne.

Le réseautage social est un nouveau phénomène. Nous en sommes encore à tenter de comprendre les nouvelles règles sociales « de la circulation » dans ce nouveau monde. C’est là un problème qui n’est pas près de disparaître.

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