La protection de la vie privée pour tous

Commentaires à l’occasion du Symposium de recherche Parcours de protection de la vie privée organisé par le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada

Le 2 mai 2012
Ottawa (Ontario)

Allocution prononcée par Jennifer Stoddart
Commissaire à la protection de la vie privée du Canada

(La version prononcée fait foi)


Bonjour. C’est avec un immense plaisir que je vous souhaite la bienvenue à ce symposium visant à faire connaître la recherche sur la protection de la vie privée au Canada.

Nos grands objectifs sont à la fois de souligner la création de connaissances et leur valorisation et d’aider à créer des liens qui leur permettront de continuer de croître.

En tant qu’historienne de formation, j’ai toujours accordé beaucoup de valeur à la connaissance – l’histoire nous a enseigné à quel point il est important de préserver la liberté de pensée et la réflexion critique.

La connaissance est également essentielle dans mon rôle actuel. Être commissaire à la protection de la vie privée à une époque où les enjeux évoluent à un rythme fou, cela signifie qu’il est parfois difficile de prendre le temps de souffler – à plus forte raison de se livrer à une réflexion approfondie!

Il n’en est pas moins essentiel de prendre le temps de se pencher sur les changements ayant une incidence sur la vie privée pour bien les comprendre, notamment les conséquences des technologies qui progressent à un rythme inouï et d’y réfléchir.

J’aime rappeler à l’occasion que Facebook n’existait pas au moment de ma nomination en 2003, pas plus que Twitter… YouTube… Google Street View… ou Flickr.

Aujourd’hui, tous ces services semblent déjà de vieux routiers du monde en ligne – et bien d’autres nouveaux acteurs prennent une place énorme dans notre vie quotidienne.

La connaissance est ce qui nous permet de nous tenir au fait de tous ces changements.

Mais comment favoriser la connaissance et lui permettre de prendre son essor dans un monde où tant de changements se produisent à la fois?

Je pense que nous pouvons puiser l’inspiration dans les propos de Margaret Fuller, militante des droits des femmes du XIXe siècle : « Si vous avez la connaissance, laissez les autres y allumer leurs bougies ».

Aujourd’hui, nous voulons allumer quelques bougies.

Nous voulons aider à créer des liens et encourager le dialogue entre les gens qui font la recherche sur la protection de la vie privée et ceux quil’appliquent.

Nous voulons faire connaître la recherche qui se fait à un nombre croissant de personnes, dans l’espoir qu’elles puissent en faire bon usage – et réellement avancer grâce à elle.

À terme, l’objectif est de rapprocher la recherche et les utilisateurs visés et d’encourager l’exploitation des résultats de la recherche par les personnes qui peuvent en tirer parti de façon très concrète.

Notre thème d’aujourd’hui est la protection de la vie privée pour tous. Nous discuterons des projets financés portant sur certains enjeux nouveaux inhérents à la vie privée qui touchent des groupes particuliers comme les jeunes, les personnes ayant une déficience, les membres des Premières nations ou des minorités linguistiques et les immigrants.

Ces recherches dont nous discuterons ont été financées par l’intermédiaire du Programme des contributions du Commissariat, de même que par nos partenaires du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada et d’Industrie Canada.

Permettez-moi de vous dire que je suis très fière que le Programme des contributions soit reconnu à l’échelle internationale comme le programme de financement de la recherche sur la protection de la vie privée le plus important du monde. À ce que je sache, c’est le seul programme en son genre qui relève d’une autorité chargée de la protection des données personnelles.

On sait que la vie privée est au cœur de toute société démocratique, et je pense qu’il est approprié de consacrer certaines ressources à la recherche visant à renforcer la protection et la promotion de la vie privée – en particulier à une époque où ce droit humain important est menacé de toutes parts.

Depuis sa création en 2004, le programme a alloué environ trois millions de dollars à près de 90 projets au Canada. Aussi, on m’indique qu’une quinzaine de bénéficiaires d’un financement accordé par le Programme des contributions du Commissariat sont parmi nous aujourd’hui.

Comme le disait Benjamin Franklin : « Un investissement dans le savoir rapporte toujours les meilleurs intérêts ».

En fait, cette somme d’argent relativement modeste allouée par le Commissariat a beaucoup contribué au renforcement de la capacité et à la création de connaissances nouvelles.

Au fil des années, nous avons appuyé la recherche sur des sujets très variés – depuis la vidéosurveillance jusqu’aux dossiers médicaux électroniques en passant par les réseaux sociaux. Récemment, nous avons aussi commencé à appuyer des initiatives de sensibilisation du public par l’intermédiaire du programme.

Aujourd’hui, nous réfléchissons à la façon de valoriser cette connaissance et de la rapprocher des intervenants intéressés. Notre rôle consiste à jeter un pont entre ceux qui font une recherche de pointe sur la protection de la vie privée et ceux qui peuvent l’appliquer sur le terrain.

Le Commissariat demeure très conscient de la nécessité de prendre le temps de réfléchir. D’ailleurs, la recherche menée par d’autres personnes et organisations nous aide souvent grandement à comprendre les enjeux.

Il est important que la recherche dont nous nous inspirons prenne en compte les perspectives canadiennes. Et fort heureusement, le Canada abrite de nombreux chercheurs et innovateurs qui sont des chefs de file mondiaux dans le domaine de la vie privée.

Par l’intermédiaire du Programme des contributions, nous les aidons à explorer des questions relatives à la vie privée qui peuvent souvent se révéler extrêmement complexes.

La recherche que nous finançons est conduite en toute indépendance. Les résultats des projets ont contribué à influencer la politique et, dans certains cas, ont stimulé le débat – ce qui est important pour adopter des positions mûrement réfléchies sur les enjeux.

Il n’y a aucune raison d’avoir peur des idées nouvelles ou des débats critiques. Nous devrions plutôt nous en réjouir et découvrir les lieux passionnants où ils pourraient nous conduire.

Plus tard, au cours de la journée, le Commissariat annoncera le nom des derniers bénéficiaires du Programme des contributions.

En terminant, je tiens à remercier le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada et Industrie Canada. Leur aide s’est révélée indispensable pour l’organisation du symposium et nous envisageons avec plaisir de futurs partenariats avec eux.

Je suis également très reconnaissante aux nombreuses personnes qui ont pris le temps de venir ici pour nous faire bénéficier de leurs connaissances et de leurs conseils judicieux.

Merci à celles et ceuxqui se sont joints à nous pour ce symposium qui promet d’être très intéressant. Je passe maintenant la parole à Patricia Kosseim, qui fournira une vue d'ensemble stratégique du Programme des contributions du Commissariat.

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