Conserver notre avance : soutenir la recherche sur la protection de la vie privée au Canada

Commentaires à l’occasion du Symposium de recherche Parcours de protection de la vie privée organisé par le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada

Le 2 mai 2012
Ottawa (Ontario)

Allocution prononcée par Patricia Kosseim
Avocate générale principale et directrice générale, Direction des services juridiques, des politiques et de la recherche, Commissariat à la protection de la vie privée du Canada

(La version prononcée fait foi)


Voilà pourquoi nous aimons notre travail au Commissariat. Ayant entendu notre commissaire proposer une vision extraordinaire et mobilisatrice, nous jouons ensuite dans le carré de sable et nous créons de belles choses qui s’en inspirent. C’est ce que nous avons fait avec le programme des contributions, pour lequel nous avons élaboré une nouvelle stratégie l’an dernier. Nous avons maintenant commencé à la mettre en œuvre. Pour replacer l’initiative d’aujourd’hui dans un contexte plus large, j’aimerais vous parler pendant quelques minutes de notre nouvelle stratégie de recherche.

Le premier élément consiste à avoir une plus grande incidence grâce aux partenariats.

Un montant annuel de 500 000 $ représente une somme généreuse et vraiment nécessaire pour soutenir la recherche sur les nouveaux enjeux en matière de protection de la vie privée, mais globalement, c’est une goutte d’eau dans l’océan, surtout quand on songe à la complexité croissante des nouvelles technologies de l’information. Ce programme a été extrêmement utile au pays au cours des dernières années, car il a contribué à renforcer la capacité de recherche et a fourni un financement de départ à de nombreux chercheurs pour qu’ils étudient des idées importantes et suscitent un débat constructif. Dorénavant, si nous voulons aider les chercheurs à faire passer leurs travaux à une autre étape, en finançant des projets plus ambitieux et susceptibles d’avoir une plus grande incidence, le seul moyen d’y arriver, c’est d’établir des partenariats. En joignant nos investissements et nos efforts à ceux d’autres bailleurs de fonds, nous pouvons tous en avoir plus pour notre argent ou, pour parler en termes économiques, obtenir un meilleur rendement des investissements. La commissaire a pris contact avec d’importants partenaires financiers du gouvernement fédéral pour leur proposer de travailler avec nous. Cette année, nous avons l’immense plaisir de collaborer avec le CRSH et Industrie Canada. Nous espérons former d’autres partenariats avec eux, et avec d’autres bailleurs de fonds, dans les années à venir.

Le deuxième élément de la nouvelle stratégie consiste à rendre possibles le transfert et l’application des connaissances.

C’est vraiment l’élément central de la stratégie. Plutôt que de laisser les résultats des recherches accumuler la poussière sur la proverbiale tablette ou, en termes plus modernes, disparaître mystérieusement quelque part dans l’espace virtuel, à d’innombrables clics de distance, la population canadienne espère pouvoir s’en servir. Nous devons faire en sorte que les résultats des recherches soient portés à la connaissance des utilisateurs finaux concernés et engager un débat sur leur pertinence dans le monde réel; nous devons montrer comment ils peuvent servir concrètement à protéger le droit à la vie privée des consommateurs et aider les organisations à gérer les risques d’atteinte à la vie privée en utilisant des moyens pratiques et sensés. Et, surtout, nous devons déterminer les questions de recherche qui n’ont pas encore été étudiées. L’initiative d’aujourd’hui vise précisément à mettre en contact les chercheurs et les utilisateurs finaux, et à faciliter le dialogue sur un thème particulier.

Le troisième élément de notre nouvelle stratégie est l’ajout de pairs externes au processus d’évaluation des demandes de financements qui nous ont été soumises.

En mars dernier, six éminences grises dans le domaine de la protection de la vie privée, provenant de partout au Canada, se sont jointes aux experts internes du Commissariat pour évaluer des demandes de financements en vue d’identifier les meilleurs projets.

Cet exercice ajoute une rigueur et une qualité d’analyse à notre processus de sélection. Cela nous permet d’avoir une autre perspective critique sur la méthodologie proposée, la pertinence de la recherche et sa faisabilité. Ce processus enrichi nous aide à évaluer la probabilité de succès des projets et à atteindre le niveau d’excellence que méritent  nos investisseurs, les Canadiens et les Canadiennes.

Quatrièmement, en ce qui a trait à l’objectif d’évaluer plus attentivement le succès du programme des contributions, nous avons récemment demandé à une entreprise qui se spécialise dans l’évaluation d’activités à vocation de recherche de mesurer et d’analyser le rendement du programme par le biais d’une étude bibliométrique.

Leur rapport d’évaluation nous permet d’avoir une mesure de base contre laquelle nous pourrions mesurer l’amélioration du programme dans les années à suivre. Le rapport laisse entendre que la recherche générée par le programme a déjà eu un impact important, mais plus encore, nous permet d’imaginer différentes formes d'incidences que pourraient avoir nos projets de recherche directement et concrètement dans la vie des Canadiens et des Canadiennes – et ce, bien au-delà de publications traditionnelles dans des revues académiques.

Cinquièment, afin de simplifier l’accessibilité au programme par les chercheurs et le public en général, nous entrevoyons mettre en place des améliorations techniques importantes.

Par exemple, nous explorons la possibilité éventuelle de mettre en place un système en ligne de demandes de financement afin de faciliter la tâche à nos demandeurs. Aussi, puisque le programme des contributions compte déjà quelque 90 projets à son crédit, nous comptons examiner comment nous pourrions mettre sur pied un système efficace de repérage en ligne des projets pour faciliter l’accès aux nouvelles connaissances générées par le programme.

Et finalement, comme dernier élément, nous avons récemment conçu une nouvelle stratégie de communication pour le Programme. Cette stratégie comprend des initiatives visant à mieux sensibiliser le public eu égard aux résultats concrets du programme et à inviter un plus grand nombre de chercheurs de divers domaines à former de nouvelles équipes multidisciplinaires et à mettre de l’avant de nouvelles idées pour de futures demandes de financement.

Comme vous le voyez, nous avons une foule de bonnes idées pour garantir le succès continu du programme des contributions du Commissariat, un véritable fleuron du mandat de la commissaire. Ce programme nous fournit une chance extraordinaire de garder une longueur d’avance, de mieux comprendre les technologies de l’information qui évoluent à une vitesse étourdissante, d’obtenir des résultats concrets qui permettront de mieux protéger la vie privée des Canadiennes et des Canadiens, et d’aider les organisations à gérer les risques d’atteinte à la vie privée.

Plutôt que d’attendre la fin de la journée, comme on le fait habituellement, j’aimerais prendre un moment pour remercier publiquement tous ceux qui ont travaillé d’arrache‑pied ces derniers mois pour organiser cette journée, et je veux mentionner en particulier François Cadieux, le gestionnaire du programme des contributions, notre présentateur aujourd’hui, qui remerciera probablement tout le monde à la fin, sauf lui‑même.

J’aimerais aussi vous présenter Kevin Chan, le nouveau directeur de la Direction des politiques et de la recherche, que vous aurez l’occasion et le plaisir de rencontrer aujourd’hui.

Au nom de la commissaire, et de nos partenaires CRSH et Industrie Canada, bienvenue à tous, et encore une fois, merci d’être des nôtres aujourd’hui. Je vous souhaite un agréable symposium.

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