Comment enseigner aux jeunes à protéger leurs renseignements personnels?

Allocution prononcée à la réunion du personnel des organisations membres de la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants.

Ottawa (Ontario) Le 18 novembre 2016

Allocution prononcée par Anne-Marie Hayden
Directrice générale, Direction des communications

(Le texte prononcé fait foi)


Pendant les 20 à 25 premières minutes de mon exposé, je vais vous entretenir de la recherche actuelle et des nouveautés dans le domaine de la protection de la vie privée chez les jeunes.

Par la suite, nous devrions avoir un peu de temps pour des questions et une discussion.

Mon exposé de ce matin a pour but d’alimenter les conversations.

Comment pouvons-nous mieux préparer nos enfants à devenir des citoyens numériques responsables?

Quelle est la place des compétences de protection de la vie privée?

Quelles sont les connaissances manquantes – chez les jeunes et dans votre compréhension des questions de protection de la vie privée? De quelle façon notre Commissariat peut-il contribuer à combler ces lacunes?

J’espère ne pas être la seule à parler et que mon exposé nous permettra d’échanger.

J’aimerais que vous me parliez de vos expériences et d’entendre vos observations et vos suggestions.

Mon conjoint et moi avons des enfants. Même si nous travaillons tous les deux dans le domaine de la protection de la vie privée, en tant que parents, nous avons parfois des interrogations, par exemple :

  • À quel moment faut il permettre l’utilisation d’une nouvelle technologie ou d’un nouveau jeu?
  • Comment devons nous parler à nos enfants de ce qu’ils partagent en ligne?
  • Comment pouvons nous être des modèles des compétences et des comportements qui amèneront nos enfants à faire des choix qui favorisent la protection de leur vie privée?

Nous sommes reconnaissants pour les enseignants brillants, engagés et dévoués qui guident l’apprentissage de nos enfants, qui leur donnent des défis, les inspirent et les préparent au monde qui les attend.

Comme nous le savons tous, la technologie occupera une très grande place dans le monde de demain, non seulement en raison de la façon dont nous utilisons la technologie, mais de plus en plus en raison de la façon dont les technologies changent nos vies.

Qu’il s’agisse des mégadonnées, des métadonnées, de la surveillance ou de l’Internet des objets – il y a tout un monde qui nous entoure, et ce monde est très différent de celui dans lequel j’ai grandi et probablement différent de celui dans lequel vous avez grandi.

Que vous utilisiez ou non ces technologies en classe, les enfants ont besoin des connaissances et du sens critique qui leur permettront de faire des choix éclairés tout au long de leur passage de l’adolescence à l’âge adulte.

Ceux d’entre nous qui travaillent dans le domaine de la protection de la vie privée, ont certaines connaissances, mais nous sommes loin de connaître toutes les réponses. C’est pourquoi notre Commissariat est fermement engagé à mener une stratégie pluriannuelle de sensibilisation auprès des jeunes, du secteur de l’enseignement et des organismes qui œuvrent auprès des jeunes.

J’y reviendrai brièvement.

Je vais d’abord vous présenter un aperçu du commissariat que je représente.

Au Canada, comme en Europe, nous avons des cadres législatifs en matière de protection de la vie privée qui prévoient d’importants mécanismes de protection de la vie privée dans le secteur public et le secteur privé.

Il s’agit de lois fondées sur des principes qui établissent les règles de base que les institutions doivent respecter pour recueillir, utiliser et communiquer des renseignements personnels dans le cadre de leurs activités.

Le commissaire à la protection de la vie privée du Canada est un agent du Parlement, indépendant de l’administration gouvernementale, dont le mandat consiste à superviser et à mettre en application deux lois :

  • La Loi sur la protection des renseignements personnels, qui s’applique aux ministères et aux organismes fédéraux;
  • La Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques (la LPRPDE), qui s’applique aux organisations du secteur privé qui exercent des activités commerciales. Elle s’applique également aux entreprises sous réglementation fédérale, y compris les banques, les transporteurs aériens et les sociétés de télécommunications.

Dans les provinces et territoires, les lois sont mises en application par des commissaires provinciaux et territoriaux à l’information et à la protection des renseignements personnels.

Le Commissariat a un double rôle de protection et de promotion.

Premièrement, nous réglons les différends liés à la protection des renseignements personnels. Les personnes peuvent s’adresser à notre Commissariat si elles jugent qu’il y a eu atteinte à leur droit à la vie privée, et notre Commissariat peut contribuer au traitement de ces plaintes. Dans certains cas, nous pouvons lancer des enquêtes de façon proactive et mener des vérifications sur des pratiques de protection de la vie privée.

Toutefois, nous avons aussi des rôles de défense des intérêts et d’éducation. Nous consacrons une partie de nos ressources à la sensibilisation aux droits à la vie privée et réclamons des mesures plus vigoureuses de protection de la vie privée. Pour y arriver, nous :

  • partageons de l’information sur nos enquêtes dans nos rapports annuels;
  • produisons des déclarations publiques sur de nouveaux enjeux en matière de protection de la vie privée;
  • produisons des témoignages d’expert sur les conséquences pour la vie privée de lois et de politiques envisagées par le Parlement;
  • produisons des orientations et de l’information en langage simple à l’intention des petites entreprises, des organismes gouvernementaux et du grand public.

Il existe un vieux mythe selon lequel les jeunes ne se préoccupent pas de la protection de leur vie privée.

Rien ne saurait être plus loin de la vérité.

Certains d’entre vous se disent peut être « Allez dire cela aux jeunes qui diffusent leur vie sur Snapchat ».

Mais la protection de la vie privée les préoccupe réellement.

Des recherches menées par HabiloMédias au Canada et le Pew Research Centre aux États Unis (lien disponible en anglais seulement) montrent que les jeunes utilisent des moyens innovateurs pour contrôler leurs renseignements personnels.

Par exemple :

Les jeunes choisissent soigneusement à qui ils communiquent des renseignements :

  • en ne rendant pas public leur profil de médias sociaux;
  • en supprimant des personnes de leurs réseaux.

Les jeunes prennent des mesures pour supprimer des contacts ou de l’information :

  • en supprimant des commentaires affichés dans leur profil;
  • en supprimant ou en modifiant des publications antérieures.

Ils masquent l’information les concernant :

  • en utilisant une autre identité ou un pseudonyme;
  • en masquant ou en codant les messages qu’ils publient en ligne ou en citant des paroles de chanson pour communiquer un message à leurs amis.

Ils ont recours à des moyens étonnants pour assurer la protection de leurs renseignements personnels :

  • en désactivant leurs profils de médias sociaux lorsqu’ils ne servent pas; il devient alors impossible d’accéder aux renseignements ou aux photos qui ont déjà été publiés. Une fois qu’ils sont prêts à réutiliser le service, ils réactivent le compte, et tout revient à la normale.

Je termine en mentionnant un exemple extrême, celui d’une adolescente australienne qui poursuit ses parents parce qu’ils ont publié sur Facebook des photos d’elle quand elle était bébé.

Beaucoup de gens disent que la protection de la vie privée est une question de contrôle sur ce que vous choisissez de partager à votre sujet et avec qui.

Pour comprendre les comportements en ligne des jeunes qui cherchent à protéger leur vie privée, il faut savoir que les jeunes cherchent à tailler leur propre place dans le monde, à l’abri des regards des parents et des figures d’autorité.

Les jeunes agissent ainsi pour la même raison qu’ils ferment la porte de leur chambre. Vous avez une idée de ce qu’ils font derrière cette porte, mais vous ne savez pas exactement quoi.

Nous savons tous que les jeunes ont besoin d’espace pour expérimenter différentes idées et identités et explorer différentes sensibilités et personnalités. Cela fait partie du développement de l’individu.

Là où les adultes voient une contradiction, les jeunes voient une occasion. Les médias sociaux constituent un endroit privilégié où les jeunes se créent de nouvelles identités, établissent des liens sociaux ou se comparent aux autres.

La gestion de la réputation est une autre raison importante pour laquelle les jeunes cherchent à protéger leur vie privée.

C’est particulièrement vrai pour les adolescents, qui accordent une importance capitale à la façon dont ils sont perçus par les autres dans leurs cercles sociaux, que ce soit en ligne ou non.

Par conséquent, beaucoup de jeunes sont très conscients et prudents en ce qui concerne l’image qu’ils projettent en ligne et veulent mieux contrôler cette information.

Bien que ces attitudes axées sur la protection de la vie privée soient encourageantes, nous devons également reconnaître que les jeunes ne possèdent pas toutes les connaissances et les compétences requises.

Les jeunes savent très bien comment utiliser les services en ligne, mais ils ne comprennent pas toujours bien le fonctionnement de la technologie ni les modèles d’affaires qui soutiennent cette technologie.

Je parle ici des entités qui offrent des services gratuits en échange de vos renseignements personnels. Eh oui, ces jeux, ces sites de médias sociaux et ces applications mobiles ne sont jamais vraiment gratuits. Ces entités mettent à profit les données personnelles que nous, y compris les adultes – et je m’inclus dans le lot! –, leur donnons lorsque nous cliquons sans réfléchir pour donner toutes les permissions qui nous sont demandées.

Voilà pourquoi nous constatons parfois que les préoccupations des jeunes pour la protection de leur vie privée ne se manifestent pas dans leur comportement en ligne.

Par exemple, 40 % des adolescents se disent « très » ou « plutôt » préoccupés par le fait que l’information qu’ils partagent dans les réseaux sociaux peut être consultée à leur insu par des tiers comme des annonceurs ou des entreprises.

Pourtant, 65 % des élèves indiquent que personne ne leur a jamais expliqué une politique de protection de la vie privée ou des conditions d’utilisation, et 68 % d’entre eux croient à tort que « si un site Web possède une politique de confidentialité, il ne communiquera donc pas leurs renseignements personnels à d’autres ».

Comme dans le cas de l’iceberg, dont seule la pointe est visible, les jeunes ne comprennent pas ou ne savent pas tout ce qui est invisible en ligne.

Quels sont les moyens que les jeunes peuvent prendre pour se protéger, s’ils ignorent de quelles façons ils peuvent le faire, s’ils ne peuvent pas voir que les données qu’ils transmettent pour pouvoir utiliser des services en ligne contiennent leurs renseignements personnels?

Et même s’ils savent qu’il y a un échange d’information, mais qu’ils ne possèdent pas les compétences requises pour évaluer de façon critique ces activités et leurs conséquences pour leur vie privée, comment peuvent ils faire des choix éclairés?

C’est pourquoi les jeunes se tournent vers leur entourage immédiat pour savoir comment faire face à l’inconnu – leurs parents en particulier, mais aussi leurs amis et, bien sûr, les enseignants.

Je serais curieux de savoir où vous trouvez l’information qui vous permet d’aider vos élèves à acquérir des compétences de protection de la vie privée.

Je sais que la FCE a récemment collaboré avec HabiloMédias pour effectuer un sondage auprès des enseignants sur les compétences en littératie numérique que les élèves devraient selon eux acquérir et sur la mesure dans laquelle ils sont confiants dans l’enseignement de ces compétences.

Bien que la grande majorité des personnes interrogées aient indiqué qu’elles jugent que les compétences numériques sont importantes, elles étaient peu confiantes dans l’enseignement des compétences de protection de la vie privée comme la compréhension de l’environnement et des questions de protection de la vie privée en ligne, et la compréhension de la façon dont les entreprises recueillent et utilisent des renseignements en ligne.

Après avoir entamé un dialogue avec les enfants et les adolescents, les parents, les bibliothécaires, les enseignants et les organismes qui œuvrent auprès des jeunes, notre Commissariat reconnaît qu’il doit devenir plus accessible et rendre plus accessibles les ressources qu’il produit.

Pour joindre les parents, nous avons commencé à présenter et à distribuer des ressources à des événements comme l’Expo parent-enfant, la Winnipeg Belly and Baby Fair et le Teenfest dans l’Ouest du Canada, et nous écrivons des articles destinés à des médias qui s’adressent aux parents.

Nous avons communiqué avec différents organismes qui œuvrent auprès des jeunes comme les Scouts Canada et les Grands frères et grandes sœurs, pour déterminer de quelle façon nous pouvons collaborer plus étroitement avec eux pour permettre à leurs jeunes membres d’acquérir des compétences en littératie numérique et en protection de la vie privée.

Et nous nous adressons à des organisations comme la vôtre pour établir de meilleurs liens avec les enseignants et leur faire connaître les ressources que nous avons créées qui peuvent les aider en classe.

Permettez-moi maintenant de vous donner quelques exemples de ressources que nous avons créées et que les enseignants peuvent trouver utiles.

Notre publication la plus populaire jusqu’à maintenant est notre bande dessinée Branchés et futés.

Cette bande dessinée raconte l’histoire d’un frère et d’une sœur qui découvrent (parfois à leurs dépens) les risques d’atteinte à la vie privée que posent les sites de réseautage social, les appareils mobiles, les textos et les jeux en ligne.

Nous voulions amener les lecteurs à prendre conscience de l’importance de leurs renseignements personnels, de la façon dont les entreprises utilisent ces renseignements et de ce qu’ils peuvent faire pour se protéger.

Afin de nous assurer de produire une bande dessinée qui parle aux jeunes, nous avons recueilli les commentaires d’élèves de la 6e à la 9e année pendant la conception de la bande dessinée. Nous avons également mis à l’essai une version préliminaire auprès d’enseignants de la région d’Ottawa et de Gatineau pour nous assurer de produire une ressource pertinente et utile en classe.

Selon les commentaires que nous avons recueillis, la bande dessinée est une ressource utile qui permet d’entamer un dialogue avec les jeunes sur leurs activités en ligne et sur l’influence positive et négative que ces activités peuvent avoir sur leur réputation en ligne et hors ligne.

Nous avons depuis conçu un guide de discussion pour alimenter les conversations en classe avec les élèves.

Cette bande dessinée est offerte depuis quelques années, et nous souhaitons que les jeunes la consultent et nous disent si nous devrions la mettre à jour ou encore produire une nouvelle bande dessinée à ajouter à la collection.

Plus tôt cette année, nous avons lancé un outil interactif sur notre site Web pour les familles, appelé Règles à la maison à élaborer vous même pour la protection des renseignements personnels en ligne.

Cet outil encourage les parents et les enfants à d’abord parler de ce à quoi ils consacrent leur temps en ligne, puis à discuter des moyens de protéger leurs renseignements personnels tout en communiquant, en naviguant, en apprenant et en jouant à des jeux dans cet espace.

Cet outil permet essentiellement d’adapter les règles à la situation unique de chaque famille, puis de les imprimer afin de les afficher sur le réfrigérateur ou près de l’ordinateur.

Nous avons mené une campagne visant à encourager les parents à utiliser notre outil en ligne Règles à la maison pour amorcer une discussion au sujet des activités en ligne de leurs enfants et nous continuons de nous employer à en faire activement la promotion. Cette campagne figurera notamment sur la nouvelle page Facebook du Commissariat que nous espérons lancer bientôt.

Par ailleurs, de nouveaux partenariats intéressants se forment à l’horizon.

Les commissaires à la protection de la vie privée à l’échelle fédérale et provinciale conviennent qu’il est extrêmement important de mettre l’accent sur l’éducation et la sensibilisation des jeunes à la protection de la vie privée. Nous avons mis sur pied un comité en vue de consacrer une partie de nos énergies collectives à cette initiative.

Nous avons depuis fait appel à HabiloMédias pour nous aider à produire de nouvelles ressources visant à améliorer les compétences des jeunes en matière de protection de la vie privée, dont des plans de leçon pour les écoles.

Le premier plan de leçon accompagnera une vidéo que nous avons récemment créée. Une image en dit plus que de longs discours, donc nous avons produit une courte vidéo qui vise à aider les enfants à prendre connaissance de la nature permanente des publications en ligne, ainsi que des répercussions sur la vie privée et la réputation. Essentiellement, cette vidéo a pour but de montrer à quel point il est difficile de remettre le dentifrice dans le tube.

J’aimerais connaître les sujets dont ces nouvelles ressources devraient traiter, selon vous; elles seront mises à la disposition des écoles et des associations d’enseignants partout au Canada.

Il ne s’agit pas uniquement d’une question d’intérêt national. Dernièrement, on a attiré l’attention sur la sensibilisation à la vie privée à l’échelle internationale.

Le mois dernier, les commissaires à la protection de la vie privée du monde entier se sont réunis à Marrakech, où ils ont adopté une résolution approuvant un référentiel international d’éducation à la protection des données personnelles.

Nous sommes heureux de voir cette résolution adoptée, car elle contribuera à faire de l’éducation à la vie privée une priorité dans le monde entier.

Un document détaillé, destiné aux éducateurs, énonce les neuf principes fondamentaux du cadre pour l’éducation à la vie privée, notamment :

  • la protection de la vie privée et les libertés civiles;
  • le contrôle de l’utilisation des renseignements personnels;
  • la sécurité en ligne;
  • les citoyens numériques.

Chaque principe comporte une liste de résultats détaillés en matière de compétences et de connaissances, présentés sous forme d’énoncés « je sais » et « je peux » pour les apprenants.

Par exemple :

  • Je comprends la notion de vie privée, de droit à la vie privée, et la nécessité de les faire reconnaître et protéger;
  • Je comprends les conditions d’utilisation des services en ligne;
  • Je m’exprime en ligne en tenant compte de la nature de l’espace de publication considéré (privé, public, relatif à ma vie d’élève, de famille, d’ami, etc.);
  • Je peux participer à un débat en ligne dans le respect d’autrui.

Même s’il n’est encore qu’à ses débuts, ce référentiel est très intéressant, et nous espérons qu’il nous permettra de mieux expliquer et décrire les compétences essentielles en matière de protection de la vie privée que les jeunes doivent acquérir.

Pour conclure, je ne suis pas ici uniquement pour présenter les activités du Commissariat.

Je souhaite connaître votre point de vue également!

J’aimerais prendre connaissance de vos commentaires, de vos opinions et de vos recommandations au sujet de ce que nous avons déjà créé, mais aussi de ce que vous aimeriez voir et de ce qui se révélerait utile dans votre salle de classe.

Nous sommes sur le point de commencer à mettre à jour notre stratégie pluriannuelle de sensibilisation auprès des jeunes; il s’agit donc du moment idéal pour engager cette conversation. C’est l’occasion d’intégrer vos commentaires et votre rétroaction au processus de planification, qui commencera sous peu.

Ainsi, sur ce, je vous remercie de votre temps et d’avoir eu la possibilité de m’adresser à vous, et je suis impatiente d’entendre vos questions et vos commentaires.

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