Des expériences avec le théâtre de la sécurité

Cette page Web a été archivée dans le Web

L’information dont il est indiqué qu’elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n’est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n’a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.

« Le théâtre de la sécurité ». Le concept est facile à saisir. Les membres du grand public se sentiront plus en sécurité s’il existe des signes apparents que leur gouvernement prend des mesures pour les protéger de menaces réelles et imaginaires. C’est surtout vrai si les menaces en question sont nouvelles — les attaques du 11 septembre ont marqué l’arrivée d’une nouvelle pièce montée en Amérique du Nord, formée de la surveillance omniprésente, de la vérification à répétition de l’identité technologique et personnelle, et d’interactions plus fréquentes entre le public et les agents de sécurité d’organismes publics et privés.

Ce type de mise en scène est particulièrement efficace en temps de crise, quand la menace semble plus imminente et plus susceptible de frapper tout un segment de la société plutôt qu’une personne isolée. À la suite de crises antérieures, les gouvernements ont mis en place des propositions qui ont donné lieu à des exigences d’identification accrues, de plus grands pouvoirs de surveillance, des intrusions fréquentes dans la vie privée et des restrictions sur le type d’activité que l’on peut entreprendre sans en rendre compte aux autorités.

Comme individus, toutefois, nous nous retrouvons sans cesse dans des situations où les rouages derrière le rideau sont exposés au grand jour. Ces situations nous amènent à remettre en question l’utilité d’une mesure de sécurité donnée, voire de toute une stratégie.

Nous en avons un exemple simple mais pertinent dans notre immeuble. Les propriétaires ont récemment installé de nombreuses caméras de surveillance pouvant observer chaque centimètre carré des espaces publics à l’intérieur de l’édifice. Il y a même plusieurs caméras dans chacune des cages d’escalier d’urgence.

Si l’on tient pour acquis que les propriétaires ont installé ces caméras à la suite d’une vérification de sécurité qui aurait révélé des menaces effectives et potentielles correspondant à un certain niveau de risque, on pourrait endurer la surveillance constante des activités à l’intérieur de l’immeuble.

Mais si l’une de ces caméras était manifestement brisée?

J’ai passé devant la même caméra, située dans un coin isolé de l’immeuble, sept fois au cours de la dernière semaine. Le dôme de plastique qui protège la lentille et le dispositif de rotation est tombé. J’ai signalé le problème deux fois aux agents de sécurité. À la suite du premier signalement, ils ont visiblement tenté de réparer le dôme… avec du ruban électrique. Cette tentative s’est soldé par un échec et le dôme est sur le plancher depuis cinq jours.

Même s’il ne s’agit pas de la pire chose qui pourrait arriver à une caméra de sécurité à la fine pointe, la situation telle qu’elle se poursuit soulève trois questions :

  1. Pourquoi personne ne se donne la peine de la réparer convenablement?
  2. S’ils n’ont pas besoin de la réparer, ont-ils besoin qu’elle soit en état de marche?
  3. S’ils n’ont pas besoin qu’elle soit en état de marche, a-t-on vraiment besoin de cette caméra?

Je pense que nous avons tous vécu une expérience semblable à un moment ou un autre, où il est apparu que le fait d’avoir en place de l’équipement ou des procédures de sécurité était plus important que de faire en sorte qu’ils fonctionnent convenablement. Ou est-ce que je me trompe? Ça vous est déjà arrivé?

Date de modification :