Internet : Suivre n’est pas surveiller

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En ce temps de l’année, beaucoup de Canadiens fréquentent les centres commerciaux.

De nos jours, la plupart des gens s’accommodent de la présence de caméras de sécurité un peu partout dans les magasins.

Cette présence est bien connue, et si les magasins respectent la loi canadienne sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé, ils en avisent la clientèle.

Bref, quand vous allez dans les magasins, vous êtes informé que vous êtes filmé.

Mais encore, comment réagiriez-vous si vous appreniez que, derrière les caméras, des surveillants non seulement guettent si vous volez, mais ils observent aussi tous les achats que vous faites, ils remarquent les magasins où vous allez, les styles, marques, couleurs et tailles des vêtements que vous essayez, les revues que vous feuilletez dans un kiosque à journaux, en plus des mets que vous commandez au restaurant?...

Et si vous appreniez que, pendant tout ce temps, ces surveillants prennent une foule de notes et les consignent dans un registre avant que vous partiez?

Et que chaque fois que vous revenez, ils vous reconnaissent et peuvent ajouter de nouvelles données à votre dossier?

Tout cela peut paraître invraisemblable, mais c’est à peu près ce qui arrive régulièrement à 80 % des Canadiens de 16 ans et plus, d’après certaines données de Statistique Canada.

Si cela n’arrive pas toujours à ceux qui courent les centres commerciaux, cela arrive presque systématiquement à quiconque navigue sur Internet. Pourquoi? À cause d’une pratique appelée la publicité comportementale.

Auparavant, la publicité Internet consistait surtout en miniprésentations qui apparaissaient quand une personne visitait une page ou interrogeait un moteur de recherche.

Mais aujourd’hui, de plus en plus, les annonces sont basées sur les profils créés sur nous d’après nos habitudes de navigation sur Internet.

D’ordinaire, ce sont des tiers qui font cela en suivant les utilisateurs au moyen de fichiers témoins ou de pixels‑espions.

Quand vous allez sur Internet, vous laissez une traînée numérique que ces espions informatiques vont, avec beaucoup d’efficacité, suivre et analyser pour cerner vos intérêts d’après les sites et les objets sur lesquels vous avez cliqué, et pour déterminer les annonces susceptibles de vous intéresser, lesquelles apparaîtront ensuite sur les pages que vous visitez.

Certains souhaitent que la publicité soit faite sur mesure pour eux.

D’autres en revanche peuvent avoir l’impression de magasiner à un endroit où tous nos gestes sont épiés et surveillés...

D’une façon ou d’une autre, les renseignements recueillis au moyen de cette pratique peuvent servir à identifier des personnes. Ils constituent généralement des renseignements personnels assujettis à la loi canadienne sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé.

En conséquence, les gens doivent être informés de ce qui se passe quand ils naviguent sur Internet et on doit leur offrir la possibilité de fournir un consentement explicite.

Si vous n'êtes pas au courant de cette pratique, vous n'êtes pas seul. En général, pour savoir vraiment si vous êtes suivi, vous devrez éplucher les détails légalistes d’une interminable politique de confidentialité en ligne.

Pour être juste, on doit admettre qu’il s’agit d’une pratique assez nouvelle dans un monde numérique encore en pleine évolution. Certains annonceurs font même un effort pour informer les utilisateurs et beaucoup, sans doute, ne savent pas trop comment se conformer dans ce domaine à la Loi sur la protection des renseignements personnels.

Ils se demandent par exemple : qu’est ce qu’un consentement explicite?

C’est pourquoi le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada vient de publier de nouvelles directives qui précisent que pour offrir aux gens la possibilité de refuser, on doit respecter certaines conditions.

Il faut d'abord :

  • expliquer de façon claire, évidente et compréhensible les objectifs de la pratique de suivi – autrement dit, les gens ne doivent pas avoir à chercher cette information
  • leur expliquer ces buts au moment ou avant le moment de la collecte de renseignements et les informer sur les parties en cause dans la publicité
  • leur offrir la possibilité de refuser facilement cette pratique, de préférence au moment ou avant le moment de la collecte de renseignements.

Le refus doit prendre effet immédiatement et être valable à long terme, et les renseignements recueillis et utilisés doivent :

  • se limiter autant que possible à des données non confidentielles (p. ex., pas de données sensibles, comme celles sur l’état de santé);
  • être supprimés dès que possible ou « anonymisés », afin d’empêcher quiconque de les pirater et de s’en servir pour identifier des personnes.

Il faut en outre éviter d’employer, dans le contexte actuel de publicité comportementale, des techniques de suivi (p. ex. pixels-espions, connexions malignes, supertémoins) dont l’utilisateur ne soupçonne pas l’existence et qu’il n’est donc pas en mesure de refuser.

Par-dessus tout, le suivi aux fins de publicité comportementale devrait être interdit sur les sites Web destinés aux enfants, puisque les enfants peuvent difficilement donner un consentement explicite.

Il faut être vigilant, car, selon un rapport récent (en anglais seulement), 40 % des enfants de 2 à 4 ans ont déjà utilisé un téléphone intelligent, une tablette ou un iPod vidéo.

Cela dit, au cours des mois à venir nous « surveillerons les surveillants » pour voir s’ils respectent nos directives.

Et si nous constatons des tendances troublantes, nous prendrons les mesures qui s’imposent.

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