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Le 21 novembre 2018

Une déclaration internationale souligne les enjeux de protection de la vie privée liés à l’intelligence artificielle

Daniel Therrien, commissaire à la protection de la vie privée du Canada, et ses homologues à l’échelle internationale ont adopté une Déclaration sur l’éthique et la protection des données dans le secteur de l’intelligence artificielle à la Conférence internationale des commissaires à la protection des données et de la vie privée.

La déclaration reconnaît les avantages que l’intelligence artificielle peut avoir pour les individus et la société y compris en améliorant l'efficacité du secteur public et de l'industrie, et en proposant de nouvelles méthodes et solutions dans les domaines comme la santé publique, les soins médicaux, et le développement durable.

L’intelligence artificielle peut, cependant, aussi poser des défis à la vie privée et à la protection des données. L'avancée rapide de l’intelligence artificielle devrait être accompagnée de réflexions d'ordre éthique et de droits de la personne. La déclaration spécifie que : « les défis actuels, nés du développement des systèmes d’intelligence artificielle et d’apprentissage automatique, renforcent le besoin d’adopter une approche et des normes internationales afin de garantir la promotion et la protection des droits de l’homme dans tous les développements numériques à l’échelle mondiale. »

L’un des défis sera la prévention de la discrimination à l’encontre de certains individus, résultant de décisions prises au moyen des systèmes d’intelligence artificielle. Certains ensembles de données servant à alimenter les systèmes basés sur l'apprentissage automatique et l'intelligence artificielle entraînent un biais inhérent, lequel mène à la prise de décisions qui peuvent créer une discrimination injuste à l'endroit de certains individus ou certains groupes. Cette discrimination pourrait potentiellement résulter dans la limitation de la disponibilité de certains services ou contenus, et donc entraver certains droits individuels tels que la liberté d’expression et d’information, ou résulter dans l’exclusion de personnes de plusieurs aspects de la vie personnelle, sociale ou professionnelle.

La déclaration soutient plusieurs principes directeurs, incluant l’équité, la transparence, et la protection de la vie privée dès la conception, comme valeurs fondamentales pour protéger les droits de la personne dans le contexte du développement de l’intelligence artificielle.

« La technologie doit être au service de l’humanité, c’est-à-dire de tous les individus » dit le commissaire Therrien. « Il n’est pas exagéré d’affirmer que la numérisation de tant d’aspects de nos vies est en train de redéfinir l’humanité. Si nous ne faisons pas attention, elle prendra une forme qui ne correspond pas à nos droits et à nos valeurs les plus fondamentaux. »

Le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada surveille activement les développements dans le secteur de l’intelligence artificielle à l’échelle nationale et internationale. Dans l’attente de la définition d’une orientation, le Commissariat participe aux enjeux de l’intelligence artificielle dans les secteurs public et privé.

Le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada et son homologue provincial du Québec faisaient partie des 14 coparrains de la déclaration. Elle a été corédigée par les commissaires à la protection des données et de la vie privée de la France, de l’Italie et de l’Union européenne. La conférence internationale a eu lieu à Bruxelles, du 23 au 26 octobre.

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