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Communiqué

Une enquête du Commissaire à la protection de la vie privée du Canada concernant le robot conversationnel Grok et les hypertrucages à caractère sexuel révèle que des entreprises ont enfreint la loi sur la protection des renseignements personnels

Le 11 juin 2026 – Ottawa (Ontario)

Une enquête menée par le Commissaire à la protection de la vie privée du Canada a révélé que l’outil de génération d’images alimenté par l’intelligence artificielle (IA) de Grok a été lancé sans la mise en place de mesures de protection adéquates ou sans que les préjudices qu’il pourrait causer pour la vie privée aient été pris en compte.

L’absence de mesures de protection a permis à des utilisateurs du monde entier de créer et de partager des hypertrucages à caractère sexuel sans consentement, dont beaucoup ciblaient des femmes et des enfants.

Dans un rapport publié aujourd’hui, le Commissaire Philippe Dufresne a conclu que les entreprises X Corp. et xAI avaient enfreint la loi fédérale sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé au Canada.

Le Commissaire a ouvert l’enquête en janvier à la suite d’informations selon lesquelles l’outil de Grok était utilisé pour générer des millions d’hypertrucages à caractère sexuel, ce qui peut avoir des conséquences dévastatrices pour les victimes.

Après que l’affaire a été portée à l’attention du public, et durant l’enquête, X et xAI ont pris de nouvelles dispositions qui consistent à mettre en place des mesures de protection visant à réduire le risque que leur outil soit utilisé à mauvais escient pour créer des hypertrucages à caractère sexuel, et à mener des vérifications proactives afin de détecter ce contenu préjudiciable et de le retirer de leurs plateformes.

Bien que le Commissaire à la protection de la vie privée trouve encourageantes les mesures qui ont été mises en place, il a recommandé aux entreprises d’en faire plus afin d’améliorer encore davantage ces mesures et de démontrer leur efficacité pour régler la situation.

En réponse à cette recommandation, les entreprises se sont engagées, entre autres, à fournir des rapports trimestriels ainsi que des rapports de vérification réalisés par un tiers indépendant sur les améliorations apportées aux mesures de protection, accompagnés de preuves démontrant leur efficacité. Ces rapports devront être présentés jusqu’à ce que le problème des hypertrucages à caractère sexuel soit entièrement résolu.

Le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada continuera à surveiller de près la mise en œuvre de ces engagements afin de s’assurer que les problèmes graves mis en lumière dans le cadre de l’enquête sont pleinement réglés.

Cette affaire souligne à quel point il est important d’évaluer rigoureusement les risques pour la vie privée et d’y remédier dès le lancement d’une nouvelle initiative, afin d’éviter un préjudice grave aux individus concernés.

Elle montre également qu’il est urgent d’agir pour accélérer la réforme de la loi fédérale sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé au Canada.

La nouvelle stratégie nationale du gouvernement en matière d’intelligence artificielle pour le Canada prévoit notamment de moderniser la loi fédérale sur la protection des renseignements personnels dans le secteur privé afin de consacrer le droit fondamental à la vie privée.

Dans sa version actuelle, la loi ne confère pas au Commissaire à la protection de la vie privée le pouvoir de rendre des ordonnances visant à garantir que les organisations respectent le droit fondamental à la vie privée des Canadiennes et des Canadiens.

Le Commissaire Dufresne a plaidé en faveur de la modernisation de la loi afin de combler cette lacune. Il a également recommandé d’autres modifications, notamment l’inclusion dans la loi d’une nouvelle obligation pour les organisations de prévoir des mesures de protection de la vie privée dès la conception et de mener des évaluations des facteurs relatifs à la vie privée pour les activités à risque élevé, ainsi que le pouvoir d’imposer des sanctions administratives pécuniaires aux organisations qui ne respectent pas la loi sur la protection des renseignements personnels.

Mercredi, le gouvernement a déposé un projet de loi visant à imposer de nouvelles exigences en matière de sécurité pour les services de médias sociaux et de robots conversationnels dotés d’intelligence artificielle. Le Commissaire accueille favorablement ces efforts visant à mettre en place des mesures destinées à rendre le monde virtuel plus sécuritaire pour les Canadiennes et les Canadiens, et surtout pour les enfants.

Citation

« La création d’hypertrucages à caractère sexuel sans consentement, qui ciblent souvent des femmes et des enfants, peut avoir des conséquences dévastatrices pour les victimes. Les organisations ont la responsabilité et l’obligation légale de protéger le droit fondamental des Canadiennes et des Canadiens à la vie privée.

Bien que je trouve encourageantes les mesures correctives prises à ce jour par les entreprises, le Commissariat continuera de surveiller la mise en œuvre des engagements que celles-ci ont pris afin de prévenir ce type d’activités préjudiciables sur leur plateforme et d’y réagir. Nous veillerons à ce que les problèmes graves mis au jour par l’enquête soient pleinement résolus.

L’enquête concernant Grok montre à quel point il est nécessaire de moderniser les lois sur la protection des renseignements personnels de manière à ce qu’elles soient adaptées au monde d’aujourd’hui et qu’elles prévoient des sanctions administratives pécuniaires ainsi que le pouvoir de rendre des ordonnances pour veiller à ce que les entreprises se conforment à la loi. Des lois modernes sur la protection des renseignements personnels peuvent favoriser à la fois l’innovation et la protection de la vie privée en établissant des balises claires qui garantissent une gestion responsable et digne de confiance des renseignements personnels de la population canadienne. »

Philippe Dufresne
Commissaire à la protection de la vie privée du Canada

 

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Commissariat à la protection de la vie privée du Canada
communications@priv.gc.ca

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