Rapport annuel au Parlement 2007 sur la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques

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Commissariat à la protection de la vie privée du Canada
112, rue Kent
Ottawa (Ontario) K1A 1H3

613-995-8210, 1-800-282-1376
Téléc. : 613-947-6850
ATS : 613-992-9190

© Ministre des Travaux publics et Services gouvernementaux Canada 2008
N° de cat. : IP51-1/2007
ISBN : 978-0-662-05757-4

Cette publication se trouve également sur notre site Web à www.priv.gc.ca.


Juin 2008

L’honorable Noël A. Kinsella, sénateur
Président
Sénat du Canada
Ottawa

Monsieur,

J’ai l’honneur de présenter au Parlement le rapport annuel sur la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques du Commissariat à la protection de la vie privée du Canada pour la période s?échelonnant du 1er janvier au 31 décembre 2007.

Veuillez agréer, Monsieur, l’assurance de ma considération distinguée.

La commissaire à  la protection de la vie privée du Canada,

(Document original signé par)

Jennifer Stoddart


Juin 2008

L’honorable Peter Milliken, député
Président
Chambre des communes
Ottawa (Ontario) K1A 0A6

Monsieur,

J’ai l’honneur de présenter au Parlement le rapport annuel sur la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques du Commissariat à la protection de la vie privée du Canada pour la période s?échelonnant du 1er janvier au 31 décembre 2007.

Veuillez agréer, Monsieur, l’assurance de ma considération distinguée.

La commissaire à  la protection de la vie privée du Canada,

(Document original signé par)

Jennifer Stoddart


Message de la commissaire

On se souviendra sans nul doute de l’année 2007 dans le monde de la protection de la vie privée comme de l’année de l’atteinte à la sécurité des données.

La taille de certaines fuites de données recensées sur la planète était ahurissante : l’irruption de pirates informatiques dans le système de TJX Companies Inc., le géant du détail américain propriétaire des magasins Winners et HomeSense au Canada, a mis à découvert environ 94 millions de cartes de crédit et de débit. Au Royaume-Uni, deux disques informatiques contenant les données personnelles de quelque 25 millions de particuliers touchant des prestations pour enfants ont disparu.

Il ne s’agit là que des deux désastres les plus médiatisés en matière de sécurité des données. On a également appris qu’il était survenu un grand nombre d’autres atteintes à la sécurité des données qui ont touché des millions de gens partout dans le monde.

Chez nous, au Canada, les atteintes à la sécurité des données ont tenu notre équipe extraordinairement occupée en 2007.

Nous avons notamment fait enquête sur l’accès non autorisé aux données de TJX/Winners ainsi que sur la disparition d’un disque dur contenant les renseignements personnels de près d’un demi-million de clients des fonds communs de placement Talvest, une filiale de la Banque canadienne impériale de commerce (CIBC).

Une obligation pour les entreprises

Il va de soi que les organisations de toutes tailles peuvent – et doivent – en faire davantage pour prévenir les fuites de données.

Selon la Loi sur la protection des renseignements personnels et les documents électroniques (LPRPDE), les entreprises sont tenues de préserver adéquatement les données personnelles qu’elles recueillent. Cependant, il arrive trop souvent que des atteintes à la sécurité des données se produisent par suite d’une erreur humaine ou d’une approche cavalière en matière de sécurité.

Le Commissariat travaille avec le milieu des affaires au Canada pour améliorer les pratiques en matière de protection de la vie privée et encourager le recours à des mesures de sécurité solides en matière de technologie de l’information.

Les récentes manchettes sur des atteintes importantes à la sécurité des données amènent également les entreprises à revoir la façon dont elles gèrent la protection de la vie privée et la sécurité. Aucune entreprise ne souhaite avoir à appeler ses clients pour leur apprendre qu’il y a eu fuite de leurs renseignements personnels.

Je souhaite que 2008 marque un point tournant dans la protection des renseignements personnels. Il est temps que les entreprises reconnaissent la valeur de tels renseignements – et la nécessité de les protéger adéquatement.

Malheureusement, le défi que pose la sauvegarde des renseignements personnels est plus grand que jamais. La quantité de données personnelles recueillies, stockées et partagées ne cesse de croître – tout comme l’ingéniosité des fraudeurs et des pirates.

Une année chargée

Le Commissariat se souviendra également que 2007 fut l’année où nous avons :

  • organisé la 29e Conférence internationale des commissaires à la protection des données et de la vie privée;
  • élargi la portée de notre travail sur la scène internationale;
  • participé aux efforts pour améliorer la LPRPDE;
  • accueilli une nouvelle commissaire adjointe.

Voici maintenant quelques réflexions sur chacun de ces événements et sur les enjeux clés de l’année.

Organisation de la Conférence mondiale

Le succès de la 29e Conférence internationale des commissaires à la protection des données et de la vie privée – qui s’est déroulée à Montréal en septembre et faisait suite à notre engagement pris en 2002 – a dépassé nos attentes les plus élevées.

Nous avons accueilli plus de 600 commissaires, universitaires, spécialistes de la protection de la vie privée, défenseurs des droits, responsables gouvernementaux, spécialistes de la TI, etc., de partout dans le monde – ce qui en fit la plus grande conférence du genre jamais organisée. Par-dessus tout, les critiques positives et les félicitations que nous avons reçues de la part des participants ont justifié le temps et les ressources investis dans cet événement.

Le thème de la Conférence était « Les horizons de la protection de la vie privée : Terra incognita ». Les anciens cartographes utilisaient ce mot latin pour désigner les territoires inconnus qu’il restait à délimiter sur une carte. Sur l’un des premiers globes terrestres connus de l’Europe, on peut lire sur un bord non cartographié de l’océan « hic sunt dracones »,ce qui veut dire « Ici résident les dragons ».

La notion de paysage inconnu avec des dragons qui rôdent semblait la métaphore parfaite pour l’avenir de la protection de la vie privée.

Les enjeux relatifs à la protection de la vie privée changent rapidement; l’arrivée de puissantes nouvelles technologies et la guerre internationale au terrorisme agissant comme forces pouvant menacer la vie privée des gens autour du monde.

Le but de notre conférence était de commencer à brosser un tableau de ce à quoi pourrait ressembler demain le monde de la protection de la vie privée et aussi d?équiper les défenseurs du droit à la vie privée de quelques solides instruments pour tuer les dragons.

Durant une série de plénières, d’ateliers et de séances d’information, nous avons examiné les meilleures stratégies par lesquelles défendre le droit à la protection de la vie privée dans un contexte de changements constants.

Les participants ont entendu les grands noms de la protection de la vie privée, y compris : Bruce Schneier, gourou en technologie de la sécurité et auteur; Simon Davies, pionnier sur la scène internationale de la protection de la vie privée et fondateur de Privacy International; Katherine Albrecht, défenseur de la vie privée des consommateurs; Marc Rotenberg, directeur exécutif du Electronic Privacy Information Center; Peter Fleischer, conseiller en matière de protection internationale des renseignements personnels pour Google; Peter Hustinx, contrôleur européen de la protection des données; Peter Schaar, président sortant du Groupe de travail sur la protection des données établi en vertu de l’article 29 de l’UE; enfin, Alex Türk, de la France, qui assume actuellement la présidence du Groupe.

Notre invité d’honneur, sur place pour aider à lancer la Conférence, était l’honorable Peter Milliken, président de la Chambre des communes.

Notre orateur principal était le secrétaire à la sécurité intérieure des États-Unis, Michael Chertoff, qui n’a pas mis de gants blancs pour faire valoir ses opinions sur l?équilibre à atteindre en matière de droit à la protection de la vie privée dans le contexte de la sécurité nationale, devant un auditoire quelque peu sceptique – ce qui a provoqué beaucoup de discussions durant toute la Conférence!

Un membre de notre Comité consultatif externe, Michael Geist, professeur de droit à l’Université d’Ottawa, qui est titulaire de la Chaire de recherche du Canada en droit d’Internet et du commerce électronique, a plus tard réagi en décrivant devant des centaines de défenseurs du droit à la vie privée l’approche de Chertoff axée sur une surveillance accrue par les gouvernements comme étant un « défi conflictuel ».

« ? Sa vision d’une société sous surveillance générale – appuyée par des bases de données biométriques massives recueillies de centaines de millions de gens – est celle d’un futur qui donne froid dans le dos. Plutôt que terra incognita, Chertoff semblait dire qu’il existe une réalité connue quant au cours des choses à venir, et que le milieu de la protection de la vie privée ne peut y faire grand-chose », a écrit Geist sur son populaire blogue. [Traduction]

Avec un peu de chance, les commentaires de Chertoff stimuleront les défenseurs du droit à la vie privée à plaider encore plus fermement en faveur du droit à la vie privée en cette ère de l’après-11 septembre.

Le programme de la Conférence mettait en relief le vaste éventail d’enjeux qui auront une incidence sur la protection de la vie privée dans les années à venir ainsi que la nature de plus en plus mondiale des questions de protection de la vie privée.

Nous avons préparé 14 cahiers de consultation avant la Conférence. La plupart incluaient un document commandé à un expert en la matière et diverses autres ressources, comme du matériel bibliographique, pour satisfaire la curiosité des participants qui peuvent être des profanes dans un domaine particulier, ainsi que les exigences plus rigoureuses des principaux décideurs pour repérer l’information fiable concernant les répercussions sur la vie privée des thèmes abordés lors de la Conférence. Ces cahiers sont accessibles le site Web de notre conférence à www.privacyconference2007.gc.ca et constituent un legs important de la Conférence.

Nous avons affiché les détails du coût de la Conférence sur notre site Web. Nous sommes bien à l’intérieur de nos objectifs financiers.

Les participants ont fait des commentaires extrêmement positifs. En fait, une des rares frustrations exprimées par les délégués concernait le fait qu’il y avait trop de séances intéressantes qui se produisaient en même temps!

Une préoccupation mondiale

Pour tout dire, l’incidence de la mondialisation sur la protection de la vie privée préoccupe de plus en plus le Commissariat. Le fait qu’une quantité grandissante de renseignements personnels traverse les frontières signifie que les atteintes à la protection des données touchent souvent des gens dans de multiples pays – comme ce fut le cas avec TJX/Winners. La popularité croissante d’Internet soulève également de nombreuses questions transfrontalières qui ont des répercussions sur le Commissariat.

Je me réjouis d’annoncer que nous progressons dans notre travail auprès de nos homologues internationaux pour trouver des solutions mondiales à la protection de la vie privée.

Les résolutions adoptées durant la Conférence par les autorités de protection des données de tous les continents tenaient compte du contexte de plus en plus mondial des questions relatives à la protection de la vie privée.

Les commissaires ont réclamé des normes internationales concernant l’utilisation et la communication des renseignements personnels recueillis par un transporteur sur ses passagers. Ils ont affirmé que le transfert de renseignements personnels entre les agents de voyage, les transporteurs et les gouvernements nationaux et étrangers pose une menace constante à la protection de la vie privée des passagers. Il faut trouver une solution mondiale en collaboration avec les transporteurs, les organismes d’application de la loi, les organismes internationaux, les groupes de défense des libertés civiles ainsi que les experts en protection des données et de la vie privée.

Les autorités de protection des données ont adopté deux autres résolutions : 1) améliorer la coopération internationale; 2) mettre à profit le travail réalisé par l’Organisation internationale de normalisation pour établir des normes communes en matière de protection de la vie privée dans le domaine de la technologie de l’information.

Le Commissariat s’intéresse également aux questions transfrontalières dans le cadre d’autres initiatives internationales.

Efforts de l’OCDE et de l’APEC

Je suis enchantée de présider un groupe de bénévoles de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dont le but est d’encourager la coopération entre les autorités de protection des données et d’autres organismes d’application de la loi en ce qui a trait aux plaintes transfrontalières et aux affaires découlant de la circulation transfrontalière des données.

Le groupe a produit un rapport résumant les pouvoirs que détiennent les autorités d’exécution de la loi dans les pays membres de l’OCDE et leur capacité de partager des renseignements pour faciliter la coopération transfrontalière. D’après ce rapport, en dépit des différences dans les lois nationales, il reste beaucoup de latitude pour adopter une approche plus mondiale et systématique en matière de coopération transfrontalière dans l’application des lois visant à protéger la vie privée. En juin 2007, l’OCDE a adopté une recommandation sur la coopération transfrontalière basée sur le travail réalisé par le groupe de bénévoles.

On soulignera également le travail du groupe de bénévoles en juin 2008 lors d’une réunion ministérielle de l’OCDE en Corée où le thème sera l’avenir de l?économie du Net.

Le Commissariat a également participé au travail mené par la Coopération économique de la zone Asie-Pacifique (APEC) sur les questions relatives à la protection de la vie privée.

Le Canada s’est montré actif en veillant à ce que les règles de protection des données de l’APEC témoignent des valeurs et principes de base en matière de protection de la vie privée. Ces règles profiteront clairement aux Canadiennes et Canadiens étant donné le flux croissant de nos données échangées avec les pays membres de l’APEC. Notre travail en 2007 consistait à examiner des moyens de mettre en ’uvre le cadre de protection de la vie privée créé par l’APEC.

Réforme de la LPRPDE

Ici au Canada, nous avons appuyé le travail d’un comité de députés chargés d’examiner la LPRPDE. Les membres du Comité permanent de l’accès à l’information, de la protection des renseignements personnels et de l?éthique de la Chambre des communes ont présenté au gouvernement fédéral 25 recommandations visant à mettre au point la LPRPDE. La recommandation qui a reçu le plus d’attention était celle qui faisait état d’une notification obligatoire des atteintes à la sécurité des données – un concept auquel j’adhère totalement.

En guise de réponse, le gouvernement fédéral a lancé tard dans l’année un processus de consultations publiques sur la réforme de la LPRPDE, réclamant des opinions sur les paramètres relatifs aux notifications concernant les atteintes à la sécurité des données et sur d’autres questions.

Nous apprécions ces consultations et sommes impatients de voir les changements apportés à la LPRPDE afin de l’améliorer – et d’assurer une protection encore plus grande de la vie privée des Canadiennes et Canadiens.

Bienvenue à la commissaire adjointe

Je suis grandement enchantée de l’arrivée d’Elizabeth Denham, notre nouvelle commissaire adjointe à la protection de la vie privée, qui nous aidera à diriger la recherche de solutions novatrices aux importants défis qui se poseront au Canada dans les années à venir en matière de protection de la vie privée.

Avant sa nomination, Mme Denham était à la tête de la Direction de la recherche, de l’analyse et des relations avec les intervenants du Commissariat. Elle occupait auparavant le poste de directrice, Secteur privé au Commissariat à l’accès à l’information et à la protection de la vie privée de l’Alberta.

Il ne fait aucun doute que l’expérience de Mme Denham dans le développement de relations avec les intervenants, la perspective qu’elle s’est forgée par le biais de son travail avec les commissaires provinciaux et ses vastes compétences spécialisées dans le domaine de la protection de la vie privée seront extrêmement profitables pour le Commissariat dans les années à venir. Elle veillera à l’application de la LPRPDE aux côtés de Raymond D’Aoust, commissaire adjoint responsable de la Loi sur la protection des renseignements personnels.

Une équipe consciencieuse et experte en la matière

J’aimerais souligner le travail très intense réalisé l’année dernière par la consciencieuse équipe du Commissariat. L’animation d’une conférence internationale de premier plan fut un projet colossal, qui s’est ajouté à une charge de travail déjà lourde. Je suis aussi contente que notre Commissariat attire une nouvelle génération d’experts dans le domaine des renseignements personnels.

Je tiens à remercier tous les employés du Commissariat à la protection de la vie privée pour leur contribution immense dans les efforts visant à préserver le droit à la protection de la vie privée des Canadiennes et Canadiens.

Jennifer Stoddart
Commissaire à la protection de la vie privée du Canada

La protection de la vie privée en chiffres en 2007

Nombre mensuel moyen de demandes de renseignements liées à la LPRPDE : 538
Nombre mensuel moyen de plaintes liées à la LPRPDE : 28
Nombre mensuel moyen d’enquêtes fermées dans le cadre de la LPRPDE : 33
Total d’enquêtes fermées durant l’année : 420
Comparutions devant le Parlement : 7
Nombre de lois/projets de loi examinés pour en dégager les répercussions sur la protection de la vie privée : 15
Activités de recherche commandées : 19
Allocutions et présentations données : 92
Demandes des médias : 474
Interviews données : 301
Communiqués de presse émis : 44
Publications distribuées : 2 043
Nombre mensuel moyen de visites du Canada sur notre site Web : 39 429
Nombre mensuel moyen de visites d’autres pays sur notre site Web : 86 155
Nombre mensuel moyen de visites sur notre blogue : 14 173
Avis juridiques préparés : 82
Décisions rendues dans le cadre du règlement de litiges aux termes de la LPRPDE : 3
Litiges réglés : 5
Demandes reçues et menées à terme en vertu de la Loi sur l’accès à l’information entre avril 2007, alors que nous étions assujettis à cette loi pour la première fois, et la fin de l’année civile (toutes gérées dans les délais prescrits) :  21
Demandes reçues et menées à terme durant la même période en vertu de la Loi sur la protection des renseignements personnels : 14

Nouvelles priorités stratégiques

L’univers sans cesse changeant des enjeux relatifs à la protection de la vie privée signifie que le Commissariat doit trouver des moyens de concentrer ses efforts. En 2007, nous avons défini quatre nouvelles priorités stratégiques qui, croyons-nous, représentent certaines des plus lourdes menaces posées à la protection de la vie privée des Canadiennes et Canadiens.

Ces priorités – technologie de l’information, gestion de l’identité, sécurité nationale et information génétique – nous aideront à orienter notre travail en matière de politique, de recherche et d’enquête au cours des trois prochaines années.

Technologie de l’information

La technologie de l’information (TI) était un choix évident à retenir pour notre liste étant donné que pratiquement chaque question que nous traitons en matière de protection de la vie privée et pratiquement chaque plainte que nous recevons concernant protection de la vie privée comporte un élément de TI.

Les technologies de l’information et des communications font dorénavant partie intégrante de notre quotidien. Les progrès technologiques signifient que de plus en plus de renseignements personnels peuvent être recueillis, stockés, analysés et éventuellement accessibles de partout dans le monde.

Ces développements apportent des avantages incontestables sur le plan de l’utilité et de l’efficacité, mais ils posent également des risques énormes à la protection de la vie privée. Les gouvernements et les entreprises peuvent maintenant recueillir et utiliser des données personnelles dans une mesure qu’on ne pouvait même pas imaginer jusqu?à tout récemment.

Le Commissariat continuera de développer ses capacités d?évaluer l’incidence sur la vie privée des nouvelles technologies. Nous chercherons également à aider les Canadiennes et Canadiens à comprendre et, dans la mesure du possible, à atténuer cette incidence.

En 2007, nous avons démontré que le Commissariat peut améliorer la situation dans ce domaine après avoir mis au jour des préoccupations liées à la protection de la vie privée découlant de l’intégration de photographies prises dans la rue avec une technologie de cartographie fondée sur le Web. Ce type de photographie implique l’utilisation de caméras vidéo à haute résolution, souvent apposées à des véhicules qui circulent dans les rues de la ville. Ces images – notamment celles de gens qu’on peut identifier – sont alors affichées sur Internet.

C’est devenu un genre de sport cybernétique que de trouver des photos de gens surpris dans des situations embarrassantes ou personnelles – comme un homme qui sort d’un magasin de vidéocassettes pour adultes ou une jeune femme en train de se faire bronzer – et de les diffuser sur le Web.

« Street View », de Google, est l’un des services mis en place. À ce jour, Street View a produit des photographies prises dans des villes américaines. Nous craignions que les photographies prises dans la rue, comme la chose se produit actuellement aux États-Unis, ne répondent pas aux exigences de base des lois sur la protection de la vie privée ici au Canada. J’ai écrit à Google pour exposer ces préoccupations, et des responsables de cette compagnie nous ont donné l’assurance qu’ils veilleraient à ce que Street View soit conforme aux lois canadiennes s’il est offert au Canada.

Gestion de l’identité

L’enjeu lié à l’intégrité et à la protection de l’identité découle du fait que des quantités massives de données circulent sans arrêt.

Les renseignements personnels sont devenus un produit recherché, non seulement par des organisations légitimes, mais par des criminels également. Nous avons assisté à une véritable explosion de vols d’identité ces dernières années – un crime qui comporte des coûts à la fois économiques et émotifs.

L’amélioration des pratiques de gestion des renseignements personnels peut considérablement réduire la possibilité que les données se retrouvent entre les mains de voleurs d’identité. Notre objectif est de sensibiliser davantage le public à l’importance de manipuler les renseignements personnels avec le plus grand soin. Nos efforts d?éducation publique viseront les organisations comme les particuliers.

Nous accorderons une grande importance au monde en ligne, alors que les renseignements personnels se propagent de plus en plus sur les sites commerciaux, les réseaux sociaux et les blogues personnels. Les gens découvrent que les renseignements personnels qu’ils ont affichés sont utilisés d’une manière qu’ils n’avaient pas imaginée. Dans certains cas, des imposteurs dérobent un profil au complet – nom, photo et autres détails personnels. Nous sommes à élaborer des outils qui aideront les gens à gérer leur identité en ligne.

Sécurité nationale

Les mesures de sécurité nationale adoptées dans le sillage des attaques survenues le 11 septembre 2001 ont transformé le paysage de la protection de la vie privée au Canada et dans le monde.

Il est arrivé trop souvent que ces mesures portent sur la collecte et le partage de renseignements personnels sans beaucoup de surveillance et de considération à l?égard de la vie privée et d’autres droits individuels. Une liste croissante d’organisations du secteur privé – transporteurs aériens, banques et cabinets comptables, par exemple – ont été mises à contribution pour recueillir des renseignements personnels pour l?État.

La façon dont nous abordons la sécurité doit témoigner des valeurs fondamentales de notre société – y compris le droit à la protection de la vie privée. Nous devons constamment nous demander pourquoi nous acceptons le glissement continu vers la sécurité au détriment de la protection de la vie privée. Est-ce toujours justifié? Est-ce irréversible?

Ce sont les messages que nous continuerons de répéter dans le cadre de notre travail pour nous assurer que les initiatives axées sur la sécurité nationale protègent adéquatement la vie privée.

Information génétique

Les progrès en génétique engendrent un éventail de défis nouveaux et complexes pour la protection de la vie privée.

L’intérêt envers l’obtention de données d’ordre génétique s’accroît rapidement. Le dépistage génétique à des fins d’emploi, d’affaires criminelles, de recherche, de soins médicaux, d’accès à une assurance ainsi que pour déterminer les liens de parenté soulève dans tous les cas d’importantes et très délicates questions en matière de protection de la vie privée.

Il est nécessaire de sensibiliser davantage le public à l’usage qu’on peut faire de l’information génétique. Nous devons également examiner certains des nouveaux défis qui se posent à la protection de la vie privée dans un monde où nos gènes en révèlent si long à notre propos.

Principales réalisations en 2007

Soutien proactif du Parlement

  • Comparution devant des comités parlementaires sur des questions telles que le vol d’identité et des modifications à la Loi électorale du Canada.
  • Travail de concert avec le Comité permanent de l’accès à l’information, de la protection des renseignements personnels et de l?éthique sur l’examen de la LPRPDE prévu par la Loi; réponse à une consultation d’Industrie Canada sur l’examen de la LPRPDE.
  • Travail conjoint avec des homologues provinciaux et territoriaux pour l’adoption d’une résolution exhortant le gouvernement fédéral à suspendre son nouveau programme visant à faire paraître une liste de personnes interdites de vol d’ici à ce qu’on puisse le réviser pour s’assurer de la protection rigoureuse de la vie privée des Canadiennes et Canadiens.

Au service de la population canadienne

  • Réponse à plus de 7 500 demandes de renseignements liées à la LPRPDE.
  • Enquête sur des centaines de plaintes concernant la vie privée dans les secteurs public et privé.
  • Création d’un blogue pour aider à développer des liens et à stimuler la discussion sur des questions d’intérêt pour les Canadiennes et Canadiens en ce qui touche la protection de la vie privée.
  • Amorce du travail sur une campagne de marketing social visant à promouvoir la sensibilisation et à agir pour la protection de la vie privée des enfants en ligne.
  • Comparution dans de nombreuses affaires judiciaires afin d’aider à développer une jurisprudence qui tienne compte de la protection de la vie privée au Canada.

Appui aux entreprises

  • Lancement d’un outil d’apprentissage électronique pour aider les détaillants à s’assurer que leurs pratiques et politiques en matière de protection de la vie privée sont conformes à leurs obligations juridiques et qu’ils fournissent à leur clientèle les mesures de protection de la vie privée garanties en vertu de la LPRPDE.
  • Publication de lignes directrices pour aider les organisations à prendre les bonnes mesures après une atteinte à la vie privée, y compris l’envoi d’avis aux gens qui risquent de subir des inconvénients en raison du vol, de la perte ou de la communication par erreur de leurs renseignements.
  • Amorce d’un programme de liaison régionale pour étendre aux petites et moyennes entreprises les efforts de sensibilisation en matière de conformité et y apporter les adaptations nécessaires.

Initiatives mondiales

  • Animation de la Conférence internationale des commissaires à la protection des données et de la vie privée – la plus importante jamais tenue du genre – pour honorer une promesse faite en 2002.
  • Présidence d’un groupe de l’OCDE chargé d’améliorer la coopération entre les autorités de protection des données et d’autres organismes chargés de l’application du droit à la protection de la vie privée partout dans le monde. L’OCDE a adopté une recommandation sur la coopération transfrontalière fondée sur le travail du groupe de bénévoles.
  • Participation aux efforts d’un groupe de l’APEC s’intéressant à la confidentialité des données pour mettre en ’uvre un nouveau cadre de protection de la vie privée pour les pays membres de l’APEC.
  • Travail de concert avec le Conseil canadien des normes à l?élaboration de normes internationales en matière de protection de la vie privée.
  • Participation aux activités de l’Organisation internationale de normalisation (ISO); membre d’un important groupe de travail ISO responsable d?élaborer et de mettre à jour des normes et des lignes directrices pour traiter des aspects liés à la sécurité de la gestion de l’identité, à la biométrie et à la protection des données personnelles.
  • Participation aux activités de l’International Working Group on Data Protection in Telecommunications, qui s’est récemment concentré sur la protection de la vie privée sur Internet.
  • Rôle de premier plan dans la création d’une association internationale d’autorités de protection des données et d’autres agences d’application de la loi d?États francophones.
  • Membre du forum des autorités de protection de la vie privée de la zone Asie-Pacifique.

Autres faits saillants

  • Préparation d’un mémoire et comparution devant la Commission d’enquête relative aux mesures d’investigation prises à la suite de l’attentat à la bombe commis contre le vol 182 d’Air India.
  • Versement de subventions de recherche à huit organisations par le biais de notre programme des contributions – portant à plus de 1 million de dollars le financement total fourni ces quatre dernières années pour des projets de recherche sur la protection de la vie privée.
  • Coanimation, de concert avec le groupe de droit et de technologie de l’Université d’Ottawa, d’un Symposium sur la protection de la vie privée sur Internet pour examiner les nouvelles menaces à la vie privée en ligne, les nouvelles tendances et les façons de mieux protéger les renseignements personnels dans l’avenir.
  • Animation en février 2007 à Winnipeg d’une conférence pour les enquêteurs. 56 enquêteurs du CPVP et 11 enquêteurs de bureaux provinciaux et territoriaux ont assisté à la conférence.

Enjeu clé : Atteintes à la sécurité des données

Jouer avec des renseignements personnels

En 2007, de nombreux désastres ont eu lieu sur le plan de la confidentialité des données, mettant en lumière la nécessité que les entreprises reconnaissent la valeur des renseignements personnels et s’efforcent davantage de les protéger

Il n’y a pas si longtemps, un groupe de cadres supérieurs débattaient du bien-fondé de retarder la mise à niveau du système de sécurité informatique désuet de leur entreprise.

L’un d’entre eux a mis en garde ses collègues dans un courriel :

« Il faut que nous soyons prêts à courir ce risque dans le souci d?économiser tout en souhaitant ne pas nous compromettre. » [Traduction]

Ces mots étaient prémonitoires.

Ils ont été écrits par un vice-président de TJX – un nom devenu synonyme d’atteinte à la sécurité des données. Le courriel a été rendu public durant le procès contre TJX.

En fait, les pirates informatiques avaient déjà fait effraction dans le système informatique du détaillant international à marge réduite et étaient occupés à chaparder les renseignements personnels de gens qui magasinaient chez Winners, HomeSense et d’autres magasins appartenant à TJX. La technologie obsolète de chiffrement de la compagnie ne suffisait pas à protéger ces données délicates.

TJX était l’une des nombreuses entreprises jouant à la roulette russe avec les renseignements personnels des Canadiennes et Canadiens.

Les grandes entreprises sous-estiment trop souvent la valeur des renseignements personnels et le risque qu’ils deviennent la cible des voleurs. Par conséquent, nous constatons des sauvegardes déficientes, des politiques et procédures nonchalantes en matière de sécurité et de protection de la vie privée – et, bien sûr, des fuites de données.

La taille de la pire atteinte à la sécurité des données survenue en 2007 est ahurissante.

NOTE : L’information sur les atteintes à la sécurité des données qui ont été spontanément déclarées au Commissariat en 2007 se trouve à la page 44.

L’intrusion dans le système informatique de TJX a touché quelque 94 millions de numéros de cartes de débit et de crédit appartenant à des gens de plusieurs pays – c’est la plus grande atteinte à la protection des renseignements personnels jamais consignée.

Dans un cas survenu au Royaume-Uni, un responsable du ministère des revenus et douanes de Sa Majesté n’a pas tenu compte des procédures de sécurité, et a inséré dans une enveloppe deux disques contenant les détails personnels de 25 millions de bénéficiaires de prestations pour enfants. L’enveloppe a alors été postée par le biais d’un système de courrier interne. Les disques ne se sont pas rendus chez le destinataire, qui se trouvait dans un autre ministère.

Ici au Canada, un disque dur appartenant à une filiale de la CIBC a disparu – ainsi que les renseignements personnels de près d’un demi-million de clients.

Bien entendu, les données compromises dans ce type de fuites ne se retrouvent pas toutes entre les mains de criminels.

Toutefois, il ne fait pas de doute que les escrocs ont vu dans les données personnelles une mine d’or. Le vol d’identité est endémique – et lucratif.

Les entreprises reconnaissent la valeur des renseignements personnels en ce qui les concerne – dans le cas des campagnes de marketing ciblées, par exemple. Malheureusement, cette perception ne se traduit pas toujours en mesures de sécurité aptes à protéger les renseignements de la main des criminels.

Ainsi, peu avant que la fuite de TJX ne devienne publique, Visa USA a révélé qu’un peu plus du tiers des plus grands détaillants dans ce pays se conformaient à la norme de sécurité de l’industrie. Le chiffre concernant d’autres importants marchands était encore pire – seulement 15 p. 100.

Nous retenons que la situation aux États-Unis comme au Canada s’est améliorée dans le sillage de l’affaire TJX. Visa Canada nous a appris que pratiquement tous les grands détaillants étaient tout près de la conformité à la norme de sécurité des données établie pour les sociétés émettrices de cartes de paiement.

L?évocation du nom « TJX » est sans aucun doute très convaincante lorsque des experts en matière de sécurité demandent aux cadres supérieurs des fonds pour mettre à niveau le système de sécurité.

Toutes les organisations doivent recourir à un système de sécurité solide pour protéger les renseignements personnels. Dire en guise d’excuse que « Nous n?étions pas plus lents que les autres compagnies » ne suffit pas.

Les mesures de sécurité efficaces coûtent cher, mais beaucoup moins que la réparation des dégâts par suite d’une fuite de données majeure. Selon les experts en matière de sécurité, les atteintes importantes à la sécurité des données coûtent plusieurs fois le coût de l’installation de sauvegardes adéquates dès le départ.

De bonnes pratiques en matière de protection de la vie privée sont également très efficaces pour protéger les renseignements personnels.

La LPRPDE énonce dix principes relatifs à l?équité dans le traitement des renseignements que doivent suivre les entreprises. Ces principes – parfois appelés « règles d’or » de la protection de la vie privée – incluent des éléments fondamentaux tels que l’obtention du consentement pour l’utilisation des renseignements personnels; la limitation de l’utilisation, de la communication et de la conservation des renseignements personnels; et l’utilisation de mesures de sécurité appropriées.

Le point de départ de la mise en ’uvre de ces principes est l’examen objectif des renseignements personnels recueillis. Les organisations ne devraient recueillir que les renseignements personnels absolument essentiels. Après tout, si vous ne disposez pas de ce type d’information, vous ne pouvez le perdre ou vous le faire voler.

La seconde étape cruciale consiste à reconnaître la valeur des renseignements personnels recueillis et à les protéger adéquatement.

En suivant ce conseil de base, une organisation devrait se retrouver avec un objectif de collecte des données relativement petit et bien protégé.

Le CPVP a élaboré une formation en ligne plus détaillée sur la manière dont les détaillants peuvent mettre en pratique les principes relatifs à l?équité dans le traitement des renseignements personnels. Le cours est offert sur notre site Web.

La formation des employés est également cruciale pour prévenir les fuites de données. Dans bon nombre de rapports que nous avons reçus des entreprises, la cause de l’atteinte à la sécurité des données était le défaut d’un employé de respecter les procédures de la compagnie.

À titre d’exemple, le vol d’ordinateur portatif est un type courant d’atteinte à la sécurité des données. Des employés quittent le bureau avec des ordinateurs portatifs contenant des renseignements personnels délicats sur les clients – ce qui est contraire aux politiques de l’entreprise en matière de sécurité.

L’efficacité des politiques et des procédures dépend de la qualité de la formation qui vise à raffermir leur application.

Malheureusement, un sondage mené en 2007 auprès des entreprises canadiennes pour le Commissariat a révélé que seulement le tiers d’entre elles avaient formé leur personnel à l?égard de leurs responsabilités découlant des lois canadiennes en matière de protection des renseignements personnels. Les grandes entreprises étaient les plus susceptibles d’avoir offert une formation, comme l’indiquaient 63 p. 100 d’entre elles.

Les entreprises n’ayant donné aucune formation aux employés qui gèrent les renseignements personnels s’exposent à des risques beaucoup plus grands d’atteinte à la sécurité des données. Nous espérons que les résultats seront plus encourageants la prochaine fois que nous mènerons un sondage sur la conformité à la LPRPDE.

Au cours de 2007, nous avons élaboré des directives concernant les atteintes à la sécurité des données, en consultation avec l’industrie et des groupes de la société civile. Ces directives énoncent les principales étapes que devraient suivre les organisations victimes d’un accès non autorisé, comme contenir l’atteinte, évaluer les risques connexes, informer les personnes touchées et prévenir les fuites futures. La Nouvelle-Zélande a également adopté ces directives comme modèle à suivre et la commissaire à la protection de la vie privée de l’Australie se propose de faire de même.

Nous avons clairement indiqué que les directives facultatives n?éliminaient pas la nécessité d’avoir une loi prévoyant la notification des atteintes à la sécurité des données.

En fait, nous avons exhorté le gouvernement fédéral à modifier la LPRPDE afin d’y ajouter une disposition sur la notification des atteintes à la sécurité des données.

Nous sommes d’avis qu’une notification obligatoire aiderait à protéger les renseignements personnels de deux manières très importantes. Premièrement, cela encouragerait les organisations à prendre plus au sérieux la protection de la vie privée et la sécurité. Deuxièmement, les gens disposeraient de l’information voulue pour prendre des mesures afin de se protéger eux-mêmes contre le vol d’identité ou d’autres formes de fraude.

Il ne fait pas de doute que les gens désirent ce genre d’information.

Plus des trois quarts des Canadiennes et Canadiens (77 p. 100) croient qu’il faudrait avertir les organismes gouvernementaux et les personnes touchées lorsque des renseignements personnels délicats sont compromis par suite d’une atteinte à la sécurité des données, selon un sondage commandé en 2007 par le Commissariat. Entre-temps, 66 p. 100 souhaitaient être avisés dans le cas de compromission de renseignements non délicats.

Selon un des principes de la LPRPDE, les gens devraient avoir prise sur leurs renseignements personnels. La notification des atteintes à la sécurité des données donne un choix aux gens. Ainsi, ils peuvent décider par eux-mêmes de la manière de réagir à une telle atteinte, en décidant par exemple que ce serait une bonne idée de vérifier plus souvent leurs rapports de crédit, ou encore qu’aucune mesure n’est justifiée.

Ce qui compte, c’est que la personne ait prise sur ses renseignements personnels.

Le Commissariat croit que l’envoi d’une notification est un élément important d’une approche globale pour réduire les atteintes à la sécurité des données.

La débâcle de TJX, en plus des manchettes concernant les disques informatiques et disques durs manquants ainsi que d’autres données perdues, constitue un avertissement pour toutes les organisations qui recueillent des renseignements personnels. Ces incidents illustrent de façon frappante à quel point il est important que les entreprises accordent la priorité à la protection de la vie privée et à la sécurité.

Lorsque les Canadiennes et Canadiens confient leurs renseignements personnels à une organisation, ils s’attendent à ce que ces renseignements soient bien protégés – ce que la loi exige d’ailleurs.

Enquête sur une atteinte à la sécurité des données
L’affaire TJX : Comment des pirates ont pu accéder à 94 millions de cartes de crédit et de débit

Ce qu’on a décrit comme étant le plus grand vol en ligne jamais réalisé a commencé un jour d?été de 2005.

On croit que les voleurs, armés d’une antenne, d’un ordinateur portatif et de quelques logiciels spécialisés, se sont retrouvés à l’extérieur d’un magasin Marshall’s à Miami et ont fait irruption dans les réseaux locaux sans fil et faiblement protégés du magasin.

Une fois à l’intérieur, ils ont utilisé les serveurs informatiques qui traitent et stockent les renseignements sur les clients obtenus lors de transactions effectuées pour des centaines de magasins appartenant à TJX, ce géant de la vente au détail à marge réduite, y compris Winners et HomeSense au Canada.

Pendant un an et demi, les voleurs ont pillé le système informatique de TJX.

Au bout du compte, ils auront accédé à au moins 94 millions de cartes de crédit et de débit ainsi qu’aux noms, adresses et numéros de permis de conduire de gens qui avaient rapporté de la marchandise dans les magasins de TJX.

Il ne s’agissait pas d’un crime particulièrement compliqué. On trouve facilement sur Internet des instructions détaillées sur la manière de déchiffrer le protocole cryptographique servant à protéger les réseaux sans fil de TJX.

C’est un fait bien établi depuis un certain temps que ce protocole cryptographique – le système WEP (Wired Equivalent Privacy, ce qui signifie confidentialité équivalente aux transmissions par fil) – ne protégeait pas adéquatement le réseau puisqu’une personne possédant un peu de savoir-faire en informatique pouvait facilement le contourner.

TJX était au fait des préoccupations entourant son protocole cryptographique et était en voie de se convertir à une technologie plus fiable au moment où est survenu l’accès non autorisé. Selon nous, la conversion ne s’est pas faite dans un délai raisonnable.

L’enquête du CPVP, réalisée de concert avec le commissaire à l’information et à la protection de la vie privée de l’Alberta, Frank Work, a mené à la conclusion que TJX ne s?était pas conformée aux lois fédérales et albertaines sur la protection des renseignements personnels.

De lourdes défaillances

L’enquête a mis en lumière quelques défaillances critiques :

  1. TJX recueillait trop de renseignements et les conservait beaucoup trop longtemps.

    L’entreprise n’aurait pas dû recueillir les numéros de permis de conduire et autres numéros d’identification lors des retours de marchandise sans reçu. Un permis de conduire est la preuve qu’une personne est autorisée à conduire une auto – non pas un identificateur servant à analyser les habitudes concernant les retours de marchandise. En outre, un numéro de permis de conduire est inutile pour identifier des voleurs.

    En réponse à nos préoccupations, TJX a proposé un nouveau processus novateur pour prévenir les retours de marchandise frauduleux. L’entreprise continuera de recueillir et introduire dans le système de terminaux des points de vente des renseignements tels que le numéro du permis de conduire. Toutefois, le numéro sera instantanément converti en un numéro d’identification unique, permettant ainsi de faire le suivi des retours de marchandise non accompagnée d’un reçu sans conserver les numéros d’identification originaux.

    Avant l’affaire de l’accès non autorisé, les renseignements d’identification recueillis auprès des personnes rapportant de la marchandise étaient conservés indéfiniment.

    L’entreprise conservait également pendant longtemps les données relatives aux cartes de crédit. En fait, certains des renseignements volés impliquaient des transactions qui remontaient à plusieurs années.

  2. TJX a négligé de mettre à jour en temps opportun ses systèmes de sécurité.

    Il a fallu deux années à TJX pour réaliser une conversion vers un protocole cryptographique à jour. C’est durant cette période que se sont produites les atteintes à la sécurité des données. Par conséquent, l’entreprise n’a pas respecté les exigences en matière de normes de sécurité des données décrétées par l’industrie des cartes de paiement.

  3. TJX n’a pas surveillé adéquatement son système, ce qui l’a empêchée de déceler les signes d’une intrusion.

    Les voleurs ont été en mesure de poursuivre le vol de données pendant une année et demie avant que TJX n’apprenne la présence de logiciels douteux dans une partie de son système informatique. En appliquant des mesures de contrôle adéquates, TJX aurait découvert cet incident plus tôt.

Préparer l’avenir

La société TJX s’est conformée à toutes les recommandations du CPVP visant à améliorer la sécurité, le contrôle et d’autres enjeux entourant la gestion des renseignements personnels.

Un an après qu’on l’a mise au jour, la fuite engendre encore des répercussions.

L’entreprise continue de répondre à certaines poursuites engagées contre elle. La Federal Trade Commission des États-Unis poursuit son enquête à l’instar du secrétaire à la Justice du Massachusetts au nom d’un groupe de plus de 30 secrétaires à la Justice d?États.

On ignore combien la fuite coûtera ultimement à l’entreprise – mais le total se chiffrera certainement en centaines de millions de dollars.

Avant la fin de 2007, TJX avait désigné un chef de la protection des renseignements personnels et recherchait un directeur de la protection de la vie privée pour élaborer et mettre en ’uvre un programme complet de sécurité et de protection de la confidentialité des renseignements personnels.

Manière dont le Commissariat aide les organisations à prévenir les atteintes à la sécurité des données

  • Nous avons lancé un outil d’apprentissage en ligne qui offre aux détaillants un guide contenant les étapes à suivre pour protéger les renseignements personnels des clients et répondre aux obligations de la LPRPDE.
  • Nous avons publié divers documents électroniques et imprimés sur la manière dont les entreprises peuvent sauvegarder des renseignements personnels, y compris la brochure intitulée « Protection des renseignements personnels : vos responsabilités – Guide à l’intention des entreprises et des organisations ».
  • De concert avec des groupes industriels et des groupes de défense des consommateurs, nous avons élaboré des lignes directrices d’application volontaire concernant les atteintes à la sécurité des données.
  • Nous conseillons et épaulons les organisations qui prennent des mesures en réaction à des atteintes à la sécurité des données, notamment en donnant des conseils sur les notifications à fournir aux personnes touchées par ce problème.
  • Nous continuons à faire pression sur le gouvernement fédéral pour qu’il rende obligatoire les notifications d’atteintes à la sécurité des données en vertu de la LPRPDE, ce qui, selon nous, encouragerait les entreprises à améliorer leurs mesures de sécurité.
  • Nous vérifions la façon dont les organisations visées par la LPRPDE gèrent les renseignements personnels lorsque nous avons des motifs raisonnables de croire qu’une organisation enfreint la loi.
  • Nos enquêtes sur les plaintes concernant la vie privée aident à cerner les mesures que peuvent prendre les entreprises pour mieux protéger les renseignements personnels.

Amélioration de la LPRPDE : Un examen de notre loi sur la protection des renseignements personnels à l’intention du secteur privé

Un comité parlementaire a réalisé un examen obligatoire de la LPRPDE en 2007 – une étape importante pour raffermir les mesures de protection de la vie privée des Canadiennes et Canadiens

La LPRPDE, ainsi que son pendant pour le secteur public, la Loi sur la protection des renseignements personnels, de même que les lois provinciales relatives à la protection de la vie privée, fournissent l’assise de la protection de la vie privée au Canada.

Le paysage de la protection de la vie privée change constamment – et nos lois doivent suivre le rythme.

On n’a qu?à songer à la profondeur des changements survenus dans le monde depuis dix ans, alors que nous commencions à parler de ce à quoi devait ressembler une loi sur la protection de la vie privée dans le secteur privé au Canada.

À l?époque, le terme « inforoute » se voulait accrocheur. Aujourd’hui, c’est une réalité. Le mince filet de renseignements personnels traversant les frontières s’est transformé en torrent. Dans l’intervalle, de nouvelles technologies telles que les dispositifs de repérage soumettent la protection de la vie privée à de nouveaux périls. Et les conséquences du 11 septembre font en sorte que les gouvernements demandent aux entreprises davantage de renseignements sur nos vies au quotidien.

Il est crucial que la LPRPDE puisse continuer à répondre à tous ces nouveaux défis. La Loi sur la protection des renseignements personnels, qui est désespérément dépassée – elle n’a pas changé en 25 ans – est la preuve qu’il est dangereux de négliger de moderniser les lois sur la protection des renseignements personnels.

Heureusement, les concepteurs de la LPRPDE ont reconnu l’importance de procéder à des mises à jour régulières. Ainsi, le Parlement est tenu de réviser tous les cinq ans la partie de cette loi qui porte sur la protection des données.

Le Comité permanent de l’accès à l’information, de la protection des renseignements personnels et de l?éthique de la Chambre des communes a pris en charge le premier travail de révision quinquennale. Ses activités en ce sens ont débuté durant l?été 2006.

En février 2007, les membres du Comité ont conclu les audiences publiques qui ont porté sur un éventail d’enjeux. Ils ont entendu 67 témoins et pris en considération 34 mémoires de la part de particuliers, d’associations du secteur privé, de défenseurs du droit à la vie privée et de la commissaire à la protection de la vie privée.

Dans l’ensemble, nous avons le sentiment que la Loi a été bien accueillie, qu’elle fonctionne raisonnablement bien et que nous disposons de la plupart des outils et des pouvoirs voulus pour la faire appliquer. La Loi offre à la population canadienne de solides protections de la vie privée dans la sphère commerciale.

Dans nos présentations au Comité, nous avons indiqué que la loi n’est pleinement en vigueur que depuis 2004. Bien que l’expérience acquise à ce jour ait été instructive, il faut plus de temps avant que ne surviennent des changements d’envergure et que ne se fassent sentir toutes les répercussions d’une loi complexe.

Cela dit, certains ajustements seraient souhaitables pour s’assurer que les mesures de protection de la vie privée évoluent au même rythme que les nouvelles tendances et technologies.

En mai 2007, le Comité a présenté son rapport final, qui incluait 25 recommandations aux fins d’examen par le gouvernement ou de discussions.

Les modifications suggérées touchaient un grand nombre d’enjeux, dont les suivants : renseignements sur les personnes-ressources du monde des affaires; renseignements sur le produit du travail, tels que les habitudes de prescription des médecins; relations employé-employeur; organismes d’enquête; déclarations des témoins; application de la loi et sécurité nationale; exceptions pour la personne ou la famille; communication des renseignements personnels avant le transfert d’entreprises; mesures de protection supplémentaires pour les mineurs; notification obligatoire des atteintes à la sécurité des données.

Nous sommes profondément reconnaissants des efforts des parlementaires, chercheurs, organisations et citoyens qui ont mis leur expérience et leurs compétences au profit du processus d’examen.

Le gouvernement du Canada a déposé sa réponse en octobre. Selon nous, l’un des éléments très importants de la réponse concernait la reconnaissance du fait que les menaces à la protection de la vie privée font de plus en plus appel à des mesures d’envergure internationale. L’industrie du traitement des données s’internationalise toujours plus, tout comme le font les risques posés à la sécurité des données.

La coopération intergouvernementale, le partage de renseignements entre les administrations et l’attention accordée aux tendances qui se dessinent dans d’autres parties du monde sont tous devenus des considérations stratégiques cruciales alors que nous travaillons à protéger la vie privée des Canadiennes et Canadiens.

En octobre, Industrie Canada a présenté un avis de consultation pour obtenir l’opinion du public quant à la meilleure manière de mettre en ’uvre certaines dispositions de la réponse gouvernementale. On a accordé une importance particulière aux points de vue sur les dispositions relatives à la notification des atteintes à la sécurité des données, et aux concepts de « produit du travail » et d?« autorité légitime ». En outre, Industrie Canada a cherché à obtenir des opinions sur les déclarations des témoins, le consentement des mineurs et les organismes d’enquête.

Dans le cadre de cette série de consultations, la commissaire à la protection de la vie privée a demandé au ministre de l’Industrie d’examiner étroitement cinq enjeux qui auront une incidence marquée sur notre travail dans les années à venir :

  • Nous avons continué de promouvoir une approche « contextuelle » en ce qui touche l’information sur le produit du travail.
  • Nous avons plaidé en faveur d’une notification obligatoire des atteintes à la sécurité des données, et insisté sur la nécessité d?établir clairement des déclencheurs et des seuils dans toute nouvelle disposition de la LPRPDE.
  • Nous avons demandé à ce que demeurent ouvertes les modifications possibles à la LPRPDE concernant l’accès aux documents visés par le secret professionnel qui lie un avocat à son client, en attendant une décision de la Cour suprême du Canada dans l’affaire de la Commissaire à la protection de la vie privée du Canada c. Blood Tribe Department of Health.
  • Nous avons insisté pour que toute nouvelle disposition sur la protection de la vie privée dans le contexte de la relation employeur-employé prenne en considération les lois de l’Alberta et du Québec afin de mieux reconnaître le fait que l’inégalité du pouvoir de négociation dans les relations de travail implique que les employés pourraient ne pas se sentir en position de refuser de consentir à la collecte de leurs renseignements personnels. Le CPVP voit l’avantage de l’approche albertaine d’un code relatif aux employés reposant sur le critère des fins raisonnables, en combinaison avec la notion du Code civil du Québec qui oblige les employeurs à respecter la dignité des travailleurs.
  • Nous avons demandé davantage de latitude pour refuser et/ou abandonner des plaintes si leur enquête ne répond à aucun but utile ou ne sert pas l’intérêt public, ce qui nous permettrait alors de concentrer nos ressources d’enquête sur des questions d’un intérêt systémique plus vaste.

La date limite pour faire parvenir des observations à Industrie Canada était la mi-janvier 2008. Le ministère a reçu 67 mémoires et en faisait l’examen au début de 2008.

Nous sommes impatients de passer à la prochaine étape de l’examen de la Loi et à l’important dialogue qu’il engendre entre les défenseurs du droit à la vie privée, les organes de réglementation, l’industrie et les parlementaires.

Enquêtes sur les plaintes et demandes de renseignements

Les Canadiennes et Canadiens étant davantage au fait des enjeux relatifs à la protection de la vie privée, les organisations doivent faire en sorte de s’acquitter de leurs responsabilités concernant les renseignements personnels. De façon plus particulière, les consommateurs connaissent de mieux en mieux les graves ramifications du vol d’identité, ce qui les amène à insister davantage auprès des entreprises pour qu’elles respectent leurs obligations lorsqu’elles recueillent des renseignements personnels.

Les gens ne souhaitent pas que de l’information de nature délicate telle que leur numéro de permis de conduire soit recueillie et conservée sans raison légitime, tout comme ils ne veulent pas que le numéro de leurs cartes de crédit et les dates d’expiration soient imprimés sur les reçus.

Bon nombre d’entreprises prennent au sérieux leurs responsabilités en matière de protection de la vie privée. Par contre, il ne fait pas de doute – d’après les plaintes reçues et les atteintes à la sécurité des données volontairement déclarées au Commissariat – qu’une grande quantité d’organisations pourraient en faire davantage.

Les entreprises qui manipulent les renseignements personnels doivent régulièrement mettre à jour leurs politiques et pratiques en matière de protection de la vie privée. Elles doivent tenir à jour leur système de sécurité des données. De plus, il leur faut veiller à ce que les employés soient informés des changements et reçoivent une formation régulière.

Demandes de renseignements

La Section des demandes de renseignements répond aux questions des Canadiennes et Canadiens, des institutions gouvernementales, des organisations du secteur privé et du milieu juridique. Les agents responsables des demandes de renseignements fournissent de l’information sur un vaste éventail d’enjeux en vertu de la LPRPDE et de la Loi sur la protection des renseignements personnels.

En 2007, nous avons reçu 7 636 demandes reliées à la LPRPDE, ce qui représente une augmentation appréciable par rapport aux 6 050 demandes reçues l’année précédente. Nous avons constaté une hausse marquée de l’intérêt envers le vol d’identité et les sites de réseautage social comme Facebook.

Plaintes

NOTE : On trouvera de l’information détaillée sur les plaintes de même que des conclusions et autres décisions dans l’annexe 1 du présent rapport.

En 2007, nous avons reçu 350 nouvelles plaintes en vertu de la LPRPDE. Ainsi, nous en avions reçu 424 en 2006, 400 en 2005 et 723 en 2004.

Cette diminution d’une année à l’autre s’explique en partie par le processus simplifié d’acceptation des plaintes mis en place en 2007. Selon ce processus, lorsqu’une personne formule une plainte qui est, dans les faits, similaire à d’autres plaintes déjà sous enquête, nous informons cette personne que la question est déjà sous enquête et sera prise en compte par la commissaire dans ses conclusions. Cette approche est également utilisée dans le cas des plaintes pour lesquelles nous avons déjà tiré des conclusions dans une cause similaire.

Dans de tels cas, nous offrons aux plaignants la possibilité d’invoquer des conclusions similaires afin de résoudre les problèmes particuliers qu’ils peuvent avoir avec une organisation.

Par exemple, nous poursuivons présentement cinq enquêtes concernant le dépistage des drogues dans le cadre d’un emploi. Dans les circonstances, 27 autres personnes ont accepté de ne pas déposer de plainte officielle ayant trait au même enjeu.

Dans certains cas, bien que la situation d’une personne soit similaire à celle d’une autre qui a porté plainte, les faits peuvent être suffisamment différents pour justifier une enquête complète.

Une autre cause possible de la baisse du nombre de plaintes est que les organisations connaissent peut-être mieux leurs obligations liées à la protection de la vie privée. De plus, bon nombre d’entre elles disposent maintenant de processus internes de résolution des plaintes afin de régler avec leurs clients les questions de protection de la vie privée. La Section des demandes de renseignements conseille également aux gens de chercher à régler leurs différends avec les organisations avant de déposer une plainte officielle au Commissariat.

Plaintes par secteur

Plaintes résolues en 2007 – Par conclusions
  Pourcentage
Réglées en cours d’enquête 30
Abandonnées 21
Non fondées 15
Fondées et résolues 15
Résolues 10
Réglées rapidement 3
Hors juridiction 3
Fondées 2

Comme c’est le cas depuis 2004, moment de la mise en ’uvre intégrale de la LPRPDE, le secteur des institutions financières a été, en 2007, le plus souvent ciblé par les plaintes. Nous avons reçu 105 plaintes impliquant des institutions financières en 2007, ce qui représente près du tiers de toutes les plaintes formulées en vertu de la LPRPDE. Cette proportion est similaire à celle observée ces dernières années.

À l’image des années précédentes, les autres principaux secteurs de plaintes ont été les télécommunications, les assurances, les ventes et le transport. Toutefois, au cours des dernières années, nous avons constaté une diminution des plaintes impliquant des entreprises dans ces secteurs.

Nous avons enregistré une hausse régulière des plaintes concernant les services professionnels et les services d’hébergement. Toutefois, le nombre de plaintes contre ces secteurs demeure faible en comparaison des autres.

En ce qui concerne les plaintes impliquant l’industrie de l’assurance, on constate un nombre accru de dossiers où il est question de collecte clandestine de renseignements personnels par des firmes d’enquêteurs privés.

La LPRPDE comporte des dispositions où une compagnie d’enquête privée est désignée comme un « organisme d’enquête du secteur privé » qui assume des responsabilités précises en vertu de la Loi.

Nous comprenons l?éventuel besoin d’une collecte clandestine de renseignements personnels là où ont échoué d’autres efforts moins envahissants pour la vie privée. Cependant, ce type d’enquête soulève une grande préoccupation en raison du risque que des tiers innocents puissent être filmés en secret par des caméras de surveillance vidéo. Peu d’entre nous aimeraient être enregistrés sur vidéo en robe de chambre sur notre perron avant simplement parce que nous sommes voisins d’une personne soupçonnée de fraude à l’endroit d’une compagnie d’assurance.

Nous travaillons avec des sociétés d’assurance et des organismes d’enquête privée afin de trouver un équilibre entre leur besoin de mener leurs affaires et le droit des gens à leur vie privée. Les compagnies d’assurance et leurs sous-traitants devraient utiliser la surveillance clandestine en dernier recours seulement. Les entreprises devraient s’assurer que la décision d’effectuer de la surveillance clandestine provient de la haute direction.

Une partie de la solution pourrait être que les compagnies d’assurance établissent des contrats détaillés avec les organismes d’enquête où seraient clairement définis les paramètres de la surveillance. En outre, ces organismes doivent élaborer des politiques précises concernant la surveillance, y compris l’enregistrement de tiers sur vidéo.

Tendances au chapitre des plaintes

Nous avons résolu 420 plaintes en 2007. La grande majorité d’entre elles (39 p. 100) concernait des questions d’utilisation et de communication de renseignements personnels, une tendance observée ces dernières années. À l’image des années précédentes, d’autres types courants de plaintes avaient trait à la collecte (19 p. 100) et à l’accès (16 p. 100).

Près du tiers (30 p. 100) des plaintes résolues en 2007 ont été réglées en cours d’enquête. Il s’agit de plaintes pour lesquelles le Commissariat a négocié un résultat satisfaisant pour toutes les parties, sans avoir eu à émettre de conclusions. En 2004, nous avons défini la catégorie « réglée en cours d’enquête » afin de faire le suivi de ce résultat.

En 2004, 40 p. 100 de nos cas ont été réglés en cours d’enquête. Toutefois, ce pourcentage a, par la suite, diminué de façon constante. Cette tendance témoigne peut-être du fait que nous nous attaquons à des cas plus complexes nécessitant une enquête approfondie.

Un nombre appréciable de dossiers résolus ont été abandonnés en raison d’un désistement (21 p. 100) du plaignant ou du Commissariat. Cette donnée représente une hausse par rapport aux années précédentes. Comme ce fut le cas antérieurement, certains plaignants ont décidé pour des raisons personnelles d’abandonner leur plainte. D’autres n’ont pas poursuivi l’affaire parce qu’ils en sont arrivés à une entente avec l’organisation avant le début de l’enquête. D’autres, enfin, laissent tomber leur plainte à cause des délais de traitement prolongés. Parfois, le Commissariat doit abandonner des plaintes parce que les plaignants ne lui ont pas fourni les détails additionnels qu’il leur avait demandés et qui étaient nécessaires pour réaliser l’enquête.

Une fois les enquêtes complétées, 15 p. 100 des plaintes se sont révélées non fondées alors que les organisations s?étaient conformées à la LPRPDE. Une autre proportion de 15 p. 100 des plaintes étaient fondées et ont été résolues. En d’autres mots, il y avait violation de la LPRPDE, mais la partie intimée a accepté d’appliquer nos recommandations.

On dira d’une plainte ayant fait l’objet d’une enquête complète qu’elle est soit fondée, soit fondée et résolue, selon le niveau de coopération reçue de la partie intimée.

Une plainte est considérée comme fondée lorsque la commissaire est d’avis qu’il y a vraisemblablement eu violation de la LPRPDE.Elle prépare un rapport préliminaire assorti de recommandations concernant des mesures correctives que devrait appliquer la partie intimée, qui a 30 jours pour répondre à ce rapport.

Ce processus de rapport préliminaire établi en 2006 s’est révélé un moyen efficace de s’assurer que les organisations demeurent responsables.

Si la partie intimée se conforme aux recommandations, on parle habituellement d’une plainte fondée et résolue. Dans les cas où la partie intimée ne se conforme pas intégralement, la plainte est considérée comme étant fondée.

En 2007, nous avons produit des rapports préliminaires pour 38 plaintes résolues. De ce nombre, 34 organisations se sont conformées aux recommandations de la commissaire.

En 2007, seulement quatre organisations ont choisi de ne pas mettre en ’uvre nos recommandations au terme de l’enquête. Dans de tels cas, la commissaire a de façon constante cherché à faire confirmer ses recommandations par la Cour fédérale.

Au moment où nous nous préparions à publier ce rapport annuel, les quatre organisations qui avaient initialement refusé d’adopter nos recommandations avaient finalement accepté de se conformer, soit avant ou après que nous ayons renvoyé les causes au contentieux.

Délais de traitement

Le délai de traitement moyen (calculé à partir de la date où la plainte est reçue jusqu?à la date où le rapport des conclusions est mis à la poste) des plaintes en vertu de la LPRPDE résolues en 2007 était de 15,7 mois – à peu près le même qu’en 2006.

Fait plus positif, seulement 44 dossiers étaient en suspens – non attribués parce qu’aucun enquêteur n’est disponible – à la fin de 2007. C’est beaucoup plus bas que les 76 dossiers en suspens de l’année précédente.

Nous nous engageons à réduire les délais de traitement et à éliminer l’arriéré de cas sur lesquels enquêter sans compromettre la qualité du travail. À cette fin, le Commissariat continue à mettre en place des mesures novatrices.

Les changements mis en ’uvre ces dernières années, y compris l’embauche et la formation de nouveaux employés, ont aidé à donner un nouveau souffle à notre section chargée des enquêtes. Nous prévoyons améliorer davantage la prestation des services par les moyens suivants :

  • Poursuivre les mesures d’embauche.
  • Accroître l’automatisation et l’utilisation de la technologie dans le traitement des dossiers.
  • Rationaliser nos processus d’enquête.

Tout ce travail est essentiel pour préserver la confiance renouvelée des Canadiennes et Canadiens envers le Commissariat et sa capacité de protéger le droit à la protection de la vie privée. Le traitement équitable, rapide et efficace des plaintes offre une occasion clé de sensibiliser le secteur privé et la population canadienne.

Plaintes déposées par la commissaire

La commissaire utilise ses pouvoirs pour déposer des plaintes sur un vaste éventail d’enjeux concernant la protection de la vie privée. Ci-dessous apparaît le sommaire de deux plaintes importantes déposées par la commissaire et résolues en 2007.

Affaire SWIFT : La circulation transfrontalière de données pose de nouveaux risques à la protection de la vie privée

En août 2006, la commissaire à la protection de la vie privée a lancé une enquête après la parution de reportages dans les journaux selon lesquels la Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication (SWIFT) avait communiqué au département du Trésor des États-Unis des dizaines de milliers de registres contenant des renseignements personnels.

Les documents communiqués contenaient des renseignements personnels provenant d’institutions financières canadiennes ou transférés à celles-ci. Ils incluaient vraisemblablement des données telles que les noms, adresses et numéros de compte ainsi que les sommes transférées.

Au Canada, la SWIFT recueille des renseignements personnels des banques canadiennes et lui en communique également à des fins de paiements transfrontaliers, de compensation et de règlements de valeurs mobilières et de services de trésorerie et de commerce. Sa présence au Canada est importante. La grande majorité des transferts internationaux touchant la circulation de renseignements personnels depuis et vers des institutions financières canadiennes s’effectuent au moyen du réseau de la SWIFT.

Au terme d’une enquête, la commissaire a conclu en avril 2007 que la SWIFT était assujettie à la LPRPDE, mais qu’elle ne l’avait pas enfreinte.

La commissaire a pris en note le fait que la loi permet à des organisations telles que la SWIFT de respecter les lois légitimes des autres pays où elles mènent des activités. Elle a également retenu que l’exception prévue par la LPRPDE en matière de connaissance ou de consentement s’applique à une organisation communiquant des renseignements personnels lorsqu’il y a délivrance d’une assignation à témoigner licite.

Dans l’affaire qui nous intéresse, le département du Trésor des États-Unis a commencé à délivrer des assignations à comparaître à la SWIFT en raison des données détenues dans son centre d’exploitation situé en terre américaine par suite des attaques terroristes du 11 septembre 2001.

Dans ses conclusions, la commissaire a indiqué que, si les autorités américaines avaient besoin de renseignements sur des transactions financières du côté canadien, il faudrait les inviter à utiliser les mécanismes d’information existants qui offrent un certain degré de transparence et des protections intégrées pour protéger la vie privée, comme les mécanismes canadiens de lutte contre le recyclage des produits de la criminalité et le financement des activités terroristes.

Affaire des télécommunications : Mise en lumière de l’importance de l’authentification

Le commissaire adjoint à la protection de la vie privée, Raymond D’Aoust, a déposé des plaintes contre trois compagnies canadiennes de télécommunications par suite de la publication en novembre 2005 d’un article dans le Maclean’s décrivant la façon dont le magazine avait obtenu les relevés d’appels téléphoniques de la commissaire à la protection de la vie privée.

Les relevés avaient été achetés d’un courtier en données américain, Locatecell.com, qui les avait obtenus de Bell, TELUS Mobilité et Fido.

L’enquête a révélé que Locatecell.com avait eu recours à l?« ingénierie sociale » pour persuader des représentants du service à la clientèle des compagnies téléphoniques de communiquer de l’information confidentielle dans les cas particuliers présumés et/ou dans des cas types ultérieurs. L’ingénierie sociale implique la manipulation des gens pour obtenir d’eux des renseignements personnels, par exemple en prétendant être une personne autorisée à obtenir l’information.

Le commissaire adjoint en a déduit que les procédures d’authentification des compagnies et la formation du personnel ne suffisaient pas à protéger adéquatement les renseignements du consommateur ou à répondre aux prescriptions de la LPRPDE.

Il a également été préoccupé par le fait que les compagnies n’en avaient pas fait suffisamment pour prévenir les employés des tactiques utilisées par les courtiers en données – même si des incidents survenus aux États-Unis avaient déjà soulevé des préoccupations.

Bien que le commissaire adjoint se soit réjoui du fait que les trois compagnies avaient revu leurs procédures d’authentification de la clientèle peu après la mise au jour des communications de renseignements, il a recommandé d’autres changements en ce qui touche la formation du personnel ainsi que les procédures relatives à l’authentification et à la communication de renseignements personnels.

Les compagnies ont mis en ’uvre toutes ces mesures, sauf une, pour laquelle elles ont proposé des solutions de rechange que le commissaire adjoint a trouvées acceptables. Par conséquent, il a jugé que les plaintes étaient fondées et résolues.

Le commissaire adjoint a pris note du fait que les organisations doivent adapter leurs politiques et pratiques en matière de renseignements personnels à mesure que continuent de se poser et d?évoluer les menaces aux renseignements personnels.

Au départ, le commissaire adjoint avait également déposé une plainte contre Locatecell.com. Toutefois, les résultats préliminaires de nos demandes de renseignements ont révélé que nous n’avions pas la juridiction voulue pour poursuivre l’enquête.

Dans la foulée de ces incidents et des poursuites contre les courtiers en données aux États-Unis, les activités des courtiers ont pris fin ou ont été radicalement restreintes. Bon nombre de sites Web de courtiers ne sont pas accessibles, et celui de Locatecell.com ne fonctionne plus depuis quelque temps.

CAS PRÉSENTANT DE L’INTÉRÊT

Dans la partie suivante, on trouve un échantillon de cas sur lesquels nous avons travaillé en 2007 qui ont une importance systémique pour les enjeux liés à la protection de la vie privée au Canada.

Une décision judiciaire entraîne une enquête transfrontalière

Une décision de la Cour fédérale prise en février 2007 a annulé une décision de la commissaire à la protection de la vie privée selon laquelle elle n’avait pas la juridiction voulue en vertu de la LPRPDE pour faire enquête sur une plainte contre un courtier en données installé aux États-Unis, Accusearch Inc., et fonctionnant sous le nom d’Abika.com.

Par suite de cette décision, le Commissariat mène une enquête sur une plainte déposée par un particulier contre Accusearch. Dans le cadre de notre enquête, nous avons contacté la Federal Trade Commission des États-Unis, avec qui nous discutons activement de la manière de travailler conjointement sur des dossiers ayant trait à Accusearch.

Numéro de carte de crédit imprimé sur un billet d’avion

Un client d’une agence de voyage ayant acheté un billet d’avion a été troublé de constater qu’on avait transféré à un grossiste en voyages les renseignements figurant sur sa carte de crédit, et que le numéro complet de sa carte de crédit, y inclus la date d’expiration, était imprimé sur son billet.

La commissaire a recommandé à l’agent de voyage de mieux informer ses clients du fait que leurs renseignements personnels seraient transférés aux grossistes.

En outre, elle a recommandé à l’agence de confirmer les pratiques du grossiste en matière de manipulation des renseignements, car elle avait constaté que le grossiste hésitait à révéler ses pratiques ? bien qu’il existait un contrat afférent entre les deux parties.

L’agence a plus tard informé le Commissariat qu’elle ne ferait plus affaire avec le grossiste.

Jusqu?à ce que cesse complètement la production de billets en papier (en décembre 2007), la commissaire a recommandé à l’agence d’expliquer aux clients que les renseignements sur la carte de crédit apparaîtraient sur les billets en papier. En outre, l’agence doit leur offrir l’option d’un billet électronique, qui ne contient pas ces renseignements.

Un agent d’assurance communique de l’information sans consentement approprié

Une personne s’est plainte du fait qu’un administrateur de prestations d’assurance médicale avait communiqué de manière inappropriée des renseignements personnels délicats à son employeur, en dépit du fait qu’elle avait signé un formulaire de consentement limité en matière de communication de renseignements.

Au moment de faire une demande de prestations d’invalidité de longue durée, la personne en cause a négocié une entente de consentement à diffusion restreinte avec l?évaluateur de la compagnie d’assurance dans le but exprès de restreindre le droit de l’assureur de transférer les renseignements médicaux à son employeur.

Des mois plus tard, une agente en réadaptation pour le compte de compagnies d’assurance, dont l’employeur du plaignant avait retenu les services, croyait avoir le consentement verbal du plaignant pour informer son employeur qu’il était prêt à retourner au travail.

Elle a donc expédié par courriel à l’employeur des extraits du rapport d’un spécialiste médical – même si le plaignant lui avait rappelé les instructions du consentement limité.

La commissaire à la protection de la vie privée en a déduit que la communication de renseignements n?était pas appropriée et qu’il aurait fallu obtenir le consentement écrit. La commissaire a recommandé à la compagnie de mettre à jour ses politiques et sa formation. La compagnie a suivi ces recommandations.

Une compagnie de télécommunications néglige d’obtenir le consentement l’autorisant à enregistrer les appels

Une personne s’est plainte du fait qu’une compagnie de télécommunications n’obtenait pas le consentement approprié avant d’enregistrer ses appels sortants.

La compagnie avait téléphoné à la mère du plaignant, mais ne l’avait pas informée qu’elle enregistrait l’appel. La politique de la compagnie exige des employés qu’ils informent les gens de l’enregistrement des appels entrants, mais non sortants.

Selon la compagnie, une déclaration dans sa politique écrite sur la protection de la vie privée était un moyen suffisant d’obtenir le consentement l’autorisant à enregistrer les appels sortants, ce avec quoi n?était pas d’accord la commissaire à la protection de la vie privée.

Elle a recommandé à la compagnie d’informer les clients dès le début de chaque appel de marketing sortant que la conversation serait enregistrée ou surveillée d’une autre manière et de leur expliquer pourquoi elle agit ainsi.

La compagnie de télécommunications a accepté de mettre en ’uvre les recommandations.

Une station de télévision agit de manière à enregistrer secrètement les appels d’une employée

Un syndicat représentant les employés d’une station de télévision dans une petite communauté a allégué qu’un gestionnaire avait installé de l?équipement d’enregistrement des appels téléphoniques dans le poste de travail d’une représentante du service à la clientèle. La station aurait enregistré sur ruban ses conversations téléphoniques sans sa connaissance et son consentement.

L’enquête a confirmé la véracité de l’allégation. Nous avons extrait d’un dossier dans l’ordinateur de la plaignante une conversation enregistrée entre elle et son conjoint. La plaignante nous a dit qu’elle ne savait pas que l’appel était enregistré.

Interrogé, l’employeur a soutenu que l?équipement n?était pas encore opérationnel et qu’on l’avait installé pour faire un essai, dans l’intention d’enregistrer des conversations au cas où surviendrait un désaccord de facturation ainsi que pour dissuader les clients injurieux.

Puisque la station avait l’intention d’installer un tel équipement dans tous les postes de travail des représentants du service à la clientèle, la commissaire adjointe lui a recommandé d’informer à l’avance les employés de ses plans et de l’objectif poursuivi. Elle lui a également indiqué qu’elle devait informer ses clients que leurs appels pouvaient être enregistrés et leur expliquer la raison d’une telle démarche.

On a considéré que la plainte était fondée et résolue. La station a décidé en bout de ligne de ne pas enregistrer les appels.

Les règles d’un concours comportaient un avertissement adéquat selon lequel il y aurait partage des adresses de courriel

Un abonné du bulletin d’une entreprise s’est inscrit à son concours afin de gagner des vacances pour quatre personnes. Il a fourni les adresses de courriel d’autres personnes de manière à avoir plusieurs inscriptions au concours.

Toutefois, il a été consterné en voyant que les courriels expédiés par la compagnie à ces autres personnes étaient conçus de manière à donner l’impression qu’ils provenaient de lui-même. Plus particulièrement, il était renversé de voir que son ex-épouse avait reçu un courriel dans lequel il donnait censément à entendre que les deux voyageraient ensemble s’il gagnait le concours.

Il s’est plaint du fait qu’on s?était servi de son nom dans les courriels sans son consentement.

La commissaire adjointe à la protection de la vie privée a conclu que la plainte n?était pas fondée. Les règles du concours et leur formulation indiquaient clairement que les messages par courriel aux personnes en référence seraient personnalisés comme si le concurrent les avait lui-même expédiés. Étant donné que le prix consistait en un voyage pour quatre personnes, elle a estimé raisonnable de s’attendre à ce que le message suggère que l’abonné et le destinataire du courriel voyageraient ensemble.

Enquêtes sur des incidents

Le Commissariat mène également des enquêtes sur des incidents ayant trait à des violations possibles de la LPRPDE. Nous recevons des rapports de déclaration volontaire d’incidents de la part d’organisations, des rapports des médias sur des atteintes possibles à la sécurité des données, et de l’information de gens qui aimeraient que nous nous penchions sur un dossier, mais qui ne sont pas nécessairement touchés par l’affaire.

Entre autres exemples d’incidents du genre, mentionnons des reçus de carte de crédit trouvés dans des bennes à rebuts ou des rapports d’atteintes à la sécurité de l’information sur les sites Web.

Lorsqu’on porte un incident à notre attention, nous travaillons avec l’organisation responsable à corriger toute lacune et résolvons les affaires restantes telles que l’envoi d’avis aux clients touchés, l’extraction de l’information, et l’assurance que sont mises en ’uvre des mesures de sécurité appropriées.

En 2007, nous avons mené 12 enquêtes sur des incidents portés à notre attention d’une source autre que l’organisation directement impliquée dans l’incident.

Déclaration volontaire d’atteintes à la sécurité des données

Malgré le fait que les lois relatives à la protection des renseignements personnels existent depuis plusieurs années, ce ne sont pas toutes les organisations qui disposent de politiques et procédures claires concernant les atteintes à la sécurité des données. Cela dit, nous estimons que les gens sont davantage sensibilisés à la nécessité d’avertir le Commissariat des atteintes à la sécurité des données et aussi d’informer les clients touchés ? ce qui découle en partie de l?élaboration et de la publication de nos lignes directrices sur les atteintes à la sécurité des données.

Les organisations ont volontairement déclaré 34 atteintes en 2007, par rapport à 20 l’année précédente. Les atteintes à la sécurité des données signalées par l’intéressé en 2007 ont compromis les renseignements personnels de quelque 50 000 personnes.

Bien que différents secteurs commencent à nous signaler des atteintes à la sécurité des données, notamment des groupes de recherche et des compagnies publicitaires, l’essentiel de ces avis continue de provenir des industries du domaine bancaire, des télécommunications et du commerce de détail.

Il vaut la peine de mentionner que la moitié des atteintes qui nous ont été rapportées avaient trait à des données électroniquement stockées – c?était souvent le fait de renseignements sur les consommateurs stockés dans des ordinateurs portatifs volés. De plus, nous avons découvert que près de neuf personnes sur dix touchées par une atteinte déclarée par l’intéressé se trouvaient en situation de risque étant donné que leurs renseignements personnels étaient détenus sur support électronique non sécurisé ou non doté de mécanismes de protection comme des coupe-feu et des procédés de cryptage.

Nous nous réjouissons de constater que les organisations nous faisant des déclarations volontaires agissent en temps opportun – souvent moins d’un jour ou deux suivant l’incident. Un avis rapide nous aide à nous préparer aux demandes de renseignements des médias ou aux plaintes qui suivent l’avis expédié aux personnes touchées. La déclaration volontaire nous permet également de recueillir des statistiques et de sensibiliser les organisations et le public sur les causes des atteintes à la sécurité des données ainsi que sur les mesures préventives recommandées.

Voici de brèves descriptions de certaines atteintes rapportées au Commissariat en 2007 :

  • L’employé d’une firme sous contrat avec une institution financière s’est fait voler son ordinateur portatif à son domicile. L’ordinateur contenait les renseignements personnels de plusieurs centaines d’employés, sauf que ces renseignements n?étaient pas considérés comme délicats. L’institution financière et la firme sous contrat avaient en place des contrôles pertinents pour protéger les renseignements personnels, mais l’employé ne les a pas appliqués. Par suite de cet incident, l?établissement a mis en place des contrôles additionnels tels que des logiciels de chiffrement.
  • Un voleur s’est emparé d’un ordinateur portatif dans le véhicule d’un employé d’une société de services financiers. Cet ordinateur contenait des registres de la clientèle. Plus de la moitié de ces registres révélaient des numéros d’assurance sociale et de compte. L’entreprise a avisé les personnes concernées et instauré des alertes sur les comptes des clients touchés.
  • Il y a eu vol de l’ordinateur portatif d’un employé d’une agence faisant la promotion d’un événement dans un casino. L’ordinateur portatif, qui était dans une voiture lors du vol, contenait une base de données protégée par un mot de passe et contenant de l’information sur certains des participants à l?événement, sauf que les données n?étaient pas cryptées. Les renseignements personnels incluaient le nom et l?âge des participants, leurs coordonnées, les numéros de leurs permis de conduire et, dans un cas, les numéros du passeport et de la carte Santé. Par suite de l’incident, l’agence a informé les personnes touchées et leur a offert des arrangements pour la surveillance du crédit. Elle a également adopté plusieurs mesures de sécurité, comme des logiciels cryptographiques sur les ordinateurs portatifs, et a rappelé aux employés les politiques et procédures de sécurité. L’employé responsable de la perte des données a été congédié.

Nous espérons que la sensibilisation croissante des gens à la nécessité d’informer le Commissariat et les personnes touchées lorsqu’il se produit une atteinte à la vie privée se traduira sous peu en mesures de sécurité plus efficaces. Nous continuons à exhorter les particuliers comme les organisations à prendre des précautions de base pour sécuriser les données, par exemple :

  • Limiter la quantité de renseignements personnels recueillis, utilisés et transportés par le truchement de dispositifs électroniques.
  • Ne jamais laisser sans surveillance un ordinateur portatif dans des situations où on pourrait le dérober.
  • Utiliser des technologies qui rehaussent le niveau de sécurité et de protection de la vie privée telles que les services de chiffrement des données et de préservation de l’anonymat.
  • Utiliser des mots de passe difficiles à trouver.
  • Éviter le recours aux caractéristiques d’accès automatique qui sauvegardent les noms et mots de passe.
  • S’assurer que les renseignements personnels dans un disque dur sont entièrement écrasés – pas seulement effacés – avant de jeter au rebut ou de vendre un ordinateur.

En suivant ces étapes, les organisations peuvent considérablement réduire le risque de compromission des renseignements personnels qu’elles détiennent.

Vérification et revue

Les vérifications représentent l’un des outils de conformité prévus par la LPRPDE. La commissaire à la protection de la vie privée a le pouvoir de vérifier les pratiques d’une organisation en ce qui touche la gestion des renseignements personnels dans les cas où elle a des motifs raisonnables de croire que ces pratiques ne sont pas conformes à la Loi.

Lorsqu’une vérification est amorcée en vertu de la LPRPDE, le vérificateur dispose du pouvoir délégué de recevoir des preuves des témoins, de pénétrer dans un local à toute heure raisonnable, et d’examiner des registres trouvés sur les lieux ou d’obtenir des copies de tels registres. Au besoin, la commissaire à la protection de la vie privée peut obliger des gens à fournir des preuves.

Au terme d’une vérification, nous fournissons à l’organisation un rapport de nos conclusions et toute recommandation que la commissaire estime appropriée. Le rapport peut être divulgué s’il en va de l’intérêt du public.

Le Commissariat réalise également des vérifications auprès des institutions fédérales assujetties à la Loi sur la protection des renseignements personnels.

Le but des vérifications – dans le secteur privé comme dans le secteur public – consiste à promouvoir la responsabilisation et la conformité aux lois, politiques et normes applicables, et aussi à contribuer à l’amélioration des systèmes et pratiques de protection de la vie privée.

Cadre pour amorcer des vérifications en vertu de la LPRPDE

L’une des questions les plus fréquemment posées par les organisations assujetties à la LPRPDE pourrait être : Sur quoi vous fondez-vous pour mener ou non une vérification?

La décision de mener ou non une vérification est prise en fonction de chaque cas. La loi exige de la commissaire d’avoir des motifs raisonnables de croire qu’il y a non-conformité à la Loi pour mener une vérification.

En 2007, nous avons élaboré un cadre pour amorcer des vérifications qui donne un certain aperçu du processus de sélection des vérifications.

Comment décidons-nous s’il y a lieu de faire une vérification en vertu de la LPRPDE?

Vérifications d’Equifax et de TransUnion

La commissaire à la protection de la vie privée a complété des vérifications simultanées des systèmes d’identification et d’authentification en ligne des agences d?évaluation du crédit Equifax Canada et TransUnion.

La société Equifax a entrepris une poursuite dans le cadre de laquelle elle remettait en question l’existence de motifs raisonnables justifiant la décision de la commissaire à la protection de la vie privée de procéder à une vérification. Bien qu’Equifax ait maintenu tout au long du processus que la vérification ne reposait pas sur des motifs raisonnables, la vérification a été conclue. Un rapport a été remis à Equifax, et aucune autre mesure n?était requise de la part d’Equifax par suite de cette vérification.

TransUnion estimait également que la commissaire n’avait pas de motifs raisonnables, mais a choisi de ne pas intenter de poursuite. Comme ce fut le cas avec la vérification d’Equifax, TransUnion a reçu un rapport et aucune autre mesure n?était requise de sa part par suite de cette vérification.

Outil d’auto-évaluation

Le Commissariat prépare un outil pour aider les organisations à évaluer leur conformité à la LPRPDE et à ses principes relatifs à l?équité dans le traitement des renseignements. Cet outil aidera les organisations à diagnostiquer les problèmes posés par leurs systèmes et pratiques de protection de la vie privée.

Nous sollicitons des observations sur ce nouvel outil d’auto-évaluation de plusieurs responsables de la protection des renseignements personnels des grandes entreprises, de professeurs d’université, de chefs de file en formation et perfectionnement des gestionnaires ainsi que d’associations de gens d’affaires et d’associations professionnelles.

Nous nous attendons à disposer en 2008 d’une version finale pour les moyennes et grandes entreprises.

Devant les tribunaux

La commissaire à la protection de la vie privée peut intenter des poursuites lorsqu’une organisation refuse d’adopter ses recommandations dans des cas fondés, ce qui a aidé à établir un niveau élevé de conformité aux recommandations.

En vertu de l’article 14 de la LPRPDE, un plaignant ou la commissaire à la protection de la vie privée peut, dans certaines circonstances, demander une audience à la Cour fédérale pour toute question évoquée dans le rapport de la commissaire.

L’article 15 permet également à la commissaire à la protection de la vie privée, avec le consentement du plaignant, de demander directement une audience à la Cour fédérale concernant une affaire visée par l’article 14. Conformément à cet article, la commissaire peut comparaître devant la Cour fédérale au nom de tout plaignant ayant demandé une audience en vertu de l’article 14. Elle peut également, avec la permission de la Cour fédérale, comparaître comme partie à toute audience en vertu de l’article 14 non demandée par elle-même.

Depuis notre compte rendu de la situation des procédures en cours dans notre rapport annuel de 2006 sur la LPRPDE, de nouvelles demandes ont été produites, et certains litiges ont été résolus. Nous discutons ci-dessous de ces nouveaux développements.

Conformément à la lettre et à l’esprit de notre mandat, nous avons respecté la vie privée des plaignants en retirant leur nom.

Causes réglées

En 2007, plusieurs demandes de nature judiciaire déposées contre des organisations ont été réglées avant que la Cour fédérale ne les ait entendues et qu’elle n? ait rendu une décision.

X. c. ING Canada Inc.
No de dossier de la Cour fédérale : T-1283-07

Un plaignant a fait une demande de contrôle judiciaire en vertu de l’article 18.1 de la Loi sur les Cours fédérales. Le CPVP a amorcé un processus de médiation, et par suite d’une entente négociée, le plaignant a retiré sa demande.

X. c. Brampton Flying Club
No de dossier de la Cour fédérale : T-192-05

Un plaignant a demandé une audience en vertu de l’article 14 parce qu’il alléguait que Brampton Flying Club avait négligé de lui donner accès à ses renseignements personnels dans les 30 jours suivant sa demande écrite et qu’on avait tenté de lui imposer un montant déraisonnable pour répondre à sa demande. Cette affaire a été réglée par les parties en janvier 2007.

X. c. Laidlaw Transit Ltd.
No de dossier de la Cour fédérale : T-684-07

Un plaignant a demandé une audience en vertu de l’article 14 pour contester une forme de surveillance en milieu de travail entreprise par Laidlaw Transit Ltd. Le CPVP a servi de médiateur dans le différend. Le plaignant a renoncé à sa demande, et les parties sont parvenues à une entente.

X. c. La Banque de Nouvelle-Écosse
No de dossier de la Cour fédérale : T-2126-05

Cette affaire concernait une plainte selon laquelle un ou plusieurs employés de la Banque de Nouvelle-Écosse avaient obtenu des renseignements personnels sans consentement et communiqué ces renseignements à un tiers. Le plaignant a renoncé à sa demande d’audience devant la Cour fédérale, et l’affaire a été réglée entre les parties.

Commissaire à la protection de la vie privée du Canada c. Air Canada
No de dossier de la Cour fédérale : T-342-07

La commissaire à la protection de la vie privée a demandé une audience à la Cour fédérale afin d’amener Air Canada à mettre en ’uvre ses recommandations dans une affaire portant sur l’ampleur des renseignements médicaux personnels recueillis par l’organisation lorsqu’elle voulait s’assurer de la capacité d’un employé de retourner au travail.

Les parties ont réglé le différend. Air Canada a mis en ’uvre les recommandations de la commissaire à notre satisfaction.

Litiges en cours

Les litiges en cours ont trait à des demandes de contrôle judiciaire en vertu de l’article 18.1 de la Loi sur les Cours fédérales et à des demandes d’audience déposées par des plaignants en vertu de l’article 14 de la LPRPDE dans laquelle le CPVP était impliqué comme partie ou comme intervenant.

Dans une affaire digne de mention, la State Farm Mutual Automobile Insurance Company a remis en question le pouvoir de la commissaire à la protection de la vie privée de faire enquête sur un refus de donner accès à des renseignements personnels et d’exiger la production de documents durant le déroulement de l’enquête.

En juillet 2007, State Farm a demandé une audience à la Cour du Banc de la Reine du Nouveau-Brunswick pour faire une déclaration selon laquelle :

  • La LPRPDE ne s’appliquait pas à la communication de renseignements personnels réclamés par un plaignant.
  • La LPRPDE a été édictée hors des pouvoirs attribués au Parlement fédéral.
  • La commissaire à la protection de la vie privée n’avait pas le pouvoir de faire enquête sur la plainte en question.
  • La commissaire à la protection de la vie privée n’avait pas le pouvoir d’exiger la production des renseignements demandés.

La commissaire à la protection de la vie privée a présenté une motion préliminaire pour que la demande de State Farm soit refusée ou mise en sursis en raison du fait que la Cour fédérale était le forum le plus indiqué.

La motion a été accueillie en janvier 2008 d’après le motif que la Cour fédérale était le forum le plus indiqué pour évaluer la demande, qui impliquait des questions de validité constitutionnelle et le contrôle judiciaire du pouvoir de la commissaire à la protection de la vie privée. L’appel de cette décision interjeté par State Farm sera entendu au début de 2008. De plus amples renseignements seront fournis dans notre prochain rapport annuel.

D’autres décisions judiciaires importantes rendues en 2007 apparaissent ci-dessous.

Demandes de contrôle judiciaire en vertu de l’article 18.1 de la Loi sur les Cours fédérales

Blood Tribe Department of Health c. commissaire à la protection de la vie privée du Canada et autres
No de dossier de la Cour suprême du Canada : 31755

Nous avons relaté les détails de cette affaire en cours dans nos trois derniers rapports annuels. En jeu se trouvent le secret professionnel qui lie un avocat à son client et notre capacité d’obtenir les renseignements dont nous avons besoin pour mener nos enquêtes. Le résultat final – qui reste à venir – aura des répercussions profondes sur la manière dont nous menons nos enquêtes.

L’affaire a débuté lorsqu’une femme ayant perdu son emploi au sein du Blood Tribe Department of Health a demandé son dossier personnel d’emploi, ce qu’on lui a refusé.

Cette femme a porté plainte au Commissariat. Dans le cadre de notre enquête, nous avons demandé une copie du dossier personnel de la plaignante. Le Blood Tribe Department of Health a fourni certains registres, mais a fait valoir que les autres documents étaient protégés par le secret professionnel et a refusé de les remettre.

Nous étions d’avis qu’il nous fallait ces documents pour vérifier en toute indépendance si l’on pouvait soustraire à la communication les renseignements personnels demandés par une plaignante sous prétexte que ces renseignements sont protégés par le secret professionnel.

Nous avons rendu une ordonnance pour que l’organisation produise les documents. Le Blood Tribe Department of Health est allé devant le tribunal pour contester le pouvoir de la commissaire à la protection de la vie privée de rendre une telle ordonnance – ce qui a interrompu l’enquête.

La Cour fédérale a rejeté la demande de contrôle judiciaire du Blood Tribe Department of Health.

Toutefois, la Cour d’appel fédérale a annulé l’ordonnance de la commissaire à la protection de la vie privée, en s’appuyant sur le fait que le libellé de la LPRPDE n’est pas suffisamment clair pour accorder à la commissaire le pouvoir particulier d’ordonner la production de documents protégés par le secret professionnel. La Cour nous a proposé de procéder en fonction de chaque cas lorsque nous voulons obtenir de la part de la Cour fédérale le droit d’examiner des documents protégés par le secret professionnel dans le contexte des plaintes impliquant un accès refusé à des renseignements personnels.
Nous avons porté cette décision en appel devant la Cour suprême du Canada, qui a prévu une audience le 21 février 2008.

La commissaire à la protection de la vie privée a indiqué qu’elle prévoit revoir la question avec le ministre de l’Industrie dans le cas où il faudrait modifier la LPRPDE par suite d’une décision de la Cour suprême.

X. c. Accusearch Inc., s/n Abika.com et autres
No de dossier de la Cour fédérale : T?2228?05

Note : Nous avons également relaté cette affaire dans notre rapport annuel de 2006.

Une personne a fait une demande de contrôle judiciaire pour obtenir une ordonnance d’annulation ou de cassation de la décision de la commissaire adjointe à la protection de la vie privée, qui affirmait ne pas disposer du pouvoir de faire enquête sur une plainte contre Accusearch Inc., une organisation américaine faisant affaire sous le nom d’Abika.com.

La personne souhaitait qu’on examine la position de la commissaire adjointe selon laquelle elle estimait ne pas avoir la compétence voulue pour faire enquête. En février 2007, la Cour fédérale a accueilli la demande en s’appuyant sur le fait que la commissaire adjointe avait la compétence voulue pour faire enquête sur la circulation transfrontalière des renseignements personnels dans un tel cas.

Il s’agit d’une décision importante pour le Commissariat en ce qu’elle a aidé à renforcer nos activités d’engagement internationales afin de mieux protéger les renseignements personnels des Canadiennes et Canadiens.

Par suite de cette décision, nous enquêtons sur la plainte contre Accusearch.

De plus, des poursuites ont été intentées aux États-Unis contre Accusearch en ce qui a trait à la publicité et à la vente de dossiers d’appels téléphoniques confidentiels à des tiers sans le consentement des personnes concernées. Étant donné l’intérêt grandissant du Commissariat pour les activités internationales aidant à protéger les renseignements personnels des Canadiennes et Canadiens, nous surveillons ces poursuites de près.

Demandes au tribunal déposées par le plaignant en vertu de l’article 14 de la LPRPDE

Dr Jeffrey Wyndowe (Psychiatric Assessment Services Inc.) c. X.
No de dossier de la Cour d’appel fédérale : A?551?06

Note : Nous avons également relaté cette affaire dans nos rapports annuels de 2004, 2005 et 2006.

Il s’agit d’une affaire qui dure depuis longtemps, et dont nous avons discuté dans nos rapports annuels de 2005 et 2006. La question en jeu est de savoir si une personne a le droit d’accéder à ses renseignements personnels contenus dans des notes prises par un médecin lorsqu’il effectue un examen médical indépendant au nom d’une compagnie d’assurance.

La Cour fédérale a examiné la question de savoir si de telles notes contenaient les renseignements personnels de la personne ayant été examinée, et le cas échéant, s’il s’appliquait des exceptions aux termes de la LPRPDE permettant de refuser l’accès à de tels renseignements. Selon la Cour fédérale, les notes contenaient effectivement les renseignements personnels de la personne concernée, et les prétentions d’exception en vertu de la LPRPDE ne s’appliquaient pas. Par conséquent, elle a ordonné au médecin de donner accès aux notes.

Le médecin a interjeté appel de la décision. Devant la Cour d’appel fédérale, les questions en jeu étaient de savoir, premièrement, si les notes constituaient les renseignements personnels de la personne examinée ou le produit du travail du médecin; et deuxièmement, si les notes prises dans le contexte d’un examen médical indépendant surviennent dans le cours d’une activité commerciale visée par la LPRPDE.

La Cour d’appel fédérale a rendu sa décision en février 2008. On y lisait que :

  1. Les notes prises par un médecin examinateur dans le cadre d’un examen médical indépendant à la demande d’une compagnie d’assurance sont consignées au « cours d’une activité commerciale », de sorte qu’elles sont clairement visées par la LPRPDE.
  2. Les notes prises par un médecin examinateur dans le cadre d’un examen médical indépendant contiennent clairement des renseignements sur la santé d’une personne, et par voie de conséquence, des renseignements personnels.

La Cour d’appel fédérale a soutenu que la personne avait le droit d’accéder aux parties des notes qui contenaient des renseignements fournis par elle, et de corriger toute erreur que l’examinateur médical pourrait avoir faite.

Toutefois, le tribunal en a également déduit que les renseignements dans les notes pouvaient être personnels à la fois pour la personne et le médecin, et qu’il pourrait être nécessaire de parvenir à un équilibre en prenant en considération les intérêts privés de la personne et ceux du médecin, ainsi que l’intérêt public associé à la communication et à la non-communication.

On a retourné l’affaire à la commissaire à la protection de la vie privée de manière à ce qu’elle puisse, de concert avec l’avocat du médecin, déterminer les parties des notes qui contiennent les renseignements personnels de la personne et qu’il faudrait communiquer.

X. c. Telus Communications Inc.
No de dossier de la Cour d’appel fédérale : A?639?05

Cette affaire impliquait des plaintes d’employés de Telus sur la mise en ’uvre par la compagnie d’un système de reconnaissance vocale.

En janvier 2007, la Cour d’appel fédérale confirmait que :

  1. L’empreinte vocale recueillie par Telus constitue des renseignements personnels.
  2. Dans les faits, une personne raisonnable trouverait raisonnable dans les circonstances qu’une entreprise adopte une technologie d’empreinte vocale à des fins d’authentification et de sécurité.
  3. Ce système d’authentification par empreinte vocale de Telus répond aux prescriptions de la LPRPDE en matière de consentement puisque les employés ne pouvaient être inscrits dans le système sans leur consentement actif.
  4. Aucune des exceptions énoncées dans l’article 7 de la LPRPDE prévoyant la collecte sans consentement ne s’applique à la situation.
  5. Telus a adéquatement informé ses employés des conséquences éventuelles s’ils refusaient d’accorder leur consentement.
X. c. Scotia Capital Inc.
No de dossier de la Cour fédérale : T-2181-05

En réponse à une demande d’un plaignant souhaitant accéder à ses renseignements personnels, Scotia Capital a remis au plaignant une copie de ses renseignements personnels, excluant toutefois ses talons de chèque de paye ou les registres de ses heures de travail.

Le plaignant prétendait que Scotia Capital invoquait de manière inappropriée des exceptions liées à de l’information provenant d’un tiers et à des documents protégés par secret professionnel. Par suite de notre enquête, l’entreprise a expédié des renseignements additionnels au plaignant.

La commissaire adjointe a conclu que l’organisation avait par ailleurs raison de retenir des renseignements qui contenaient des renseignements personnels d’autres personnes ou étaient protégés par le secret professionnel.

Le plaignant a fait une demande d’audience auprès de la Cour fédérale en vertu de l’article 14 de la LPRPDE. La demande a été rejetée par la suite.

X. c. J.J. Barnicke Ltd.
No de dossier de la Cour fédérale : T-1349-06

Une personne a porté plainte contre J.J. Barnicke Ltd. en prétendant que la société recueillait des renseignements personnels de façon inappropriée et appliquait des politiques inadéquates pour les protéger. Le vice-président de la compagnie avait expédié un courriel à tous les employés demandant si quelqu’un connaissait l’entreprise pour laquelle travaillait le plaignant.

Selon la commissaire adjointe à la protection de la vie privée, comme il n’y avait aucune preuve qu’un employé de J.J. Barnicke avait répondu au courriel, il n’existait aucune collecte de renseignements personnels comme tel. Par conséquent, la plainte concernant la collecte abusive de renseignements personnels n?était pas fondée.

Toutefois, l’enquête a révélé que J.J. Barnicke n’avait pas en place de politiques ou procédures adéquates en matière de protection de la vie privée, ni ne comptait sur un agent désigné de la protection de la vie privée responsable de la conformité. Bien que J.J. Barnicke ait élaboré une telle politique durant l’enquête, la commissaire adjointe à la protection de la vie privée a recommandé que l’organisation affiche cette politique sur son site Web, distribue cette politique à ses employés et donne au personnel une formation adéquate concernant la protection de la vie privée. J.J. Barnicke a pleinement mis en ’uvre les recommandations de la commissaire adjointe.

Le plaignant s’est adressé à la Cour fédérale. Il y eu ajournement d’une audience prévue pour novembre 2007 en raison d’une motion de procédure préliminaire, sans toutefois qu’une nouvelle date d’audience n’ait été fixée.

Fonction de surveillance

Dans le cadre de notre rôle de surveillance des décisions judiciaires au sens large, le Commissariat à la protection de la vie privée continue de surveiller certaines affaires judiciaires impliquant de nouvelles questions d’actualité au chapitre de la protection de la vie privée. C’est l’une des façons par lesquelles nous demeurons au fait des progrès de droit réalisés, que ce soit au moyen de demandes en vertu de la LPRPDE, de la Loi sur la protection des renseignements personnels, de la Loi sur l’accès à l’information à l?échelon fédéral ou même de poursuites entendues par des tribunaux provinciaux de haute instance au titre de la common law ou du droit civil du Québec.

À titre d’exemple, on nous a accordé le statut d’intervenant dans l’affaire X. c. le ministre de la Santé et la commissaire à la protection de la vie privée du Canada, même si l’affaire découlait d’abord de la Loi sur l’accès à l’information.

Dans cette affaire, un journaliste cherchait à accéder à la base de données du système canadien d’information sur les effets indésirables des médicaments de Santé Canada, qui contient des déclarations obligatoires et volontaires sur les effets indésirables des médicaments mis en vente au Canada.

Santé Canada a refusé de révéler la province dans laquelle les données avaient été recueillies en invoquant le fait que cette information, en plus de l’information déjà diffusée, pourrait permettre d’identifier des personnes si on les combinait à des renseignements publiquement accessibles. Le commissaire à l’information était d’accord, faisant valoir que les renseignements étaient soustraits à l’application de la loi sur l’accès.

Le journaliste a demandé à ce que la décision de Santé Canada fasse l’objet d’un contrôle judiciaire.

Le Commissariat a décidé d’intervenir compte tenu de l’importance de l’affaire pour l’interprétation et l’application de la LPRPDE et de la Loi sur la protection des renseignements personnels, ainsi que pour l’interprétation du sens de l’expression « renseignements personnels ». Nous avons plaidé en faveur d’une définition étendue.

Cette affaire démontre le rôle important que nous pouvons jouer comme intervenant sur des questions ayant de profondes répercussions sur la LPRPDE et/ou sur la Loi sur la protection des renseignements personnels – contribuant ainsi de façon valable à l?évolution de la jurisprudence en matière de protection de la vie privée au Canada.

La Cour fédérale devait entendre l’affaire en février 2008.

Lois provinciales et territoriales essentiellement similaires

Selon le paragraphe 25(1) de la LPRPDE, le Commissariat est tenu de déposer annuellement devant le Parlement un rapport sur « la mesure dans laquelle les provinces ont édicté des lois essentiellement similaires » à la Loi.

Dans les rapports annuels passés, nous avons fait rapport sur la législation en Colombie-Britannique, en Alberta, en Ontario et au Québec, qui a été déclarée essentiellement similaire.

Aucune province ni aucun territoire n’a adopté en 2007 de loi pour laquelle on a demandé le statut de loi essentiellement similaire à la LPRPDE.

L’année qui vient

Nos priorités clés pour l’année à venir sont les suivantes :

  • Continuer à améliorer la prestation des services
    • Concevoir et mettre en ’uvre des stratégies d’enquête nouvelles et novatrices pour améliorer l’efficacité de notre processus de résolution des plaintes.
  • Développer des capacités organisationnelles durables
    • Sur le plan des ressources humaines, se pencher sur la question du maintien en place de l’effectif et élargir le Commissariat afin d?équilibrer la charge de travail à l’interne et de gérer la demande croissante pour ce qui est de nos services.
    • Poursuivre un projet de renouvellement de la gestion de l’information; adopter la technologie du balayage; utiliser les technologies actuelles pour mettre à jour les processus d’enquête et de demandes de renseignements; moderniser notre système de gestion des cas.
  • Aider les Canadiennes et Canadiens à prendre des décisions éclairées en matière de protection de la vie privée
    • Élaborer du matériel pour aider les Canadiennes et Canadiens à mieux comprendre leur droit à la protection de la vie privée et à prendre des mesures pour protéger ce droit.
    • Préparer et distribuer des publications et des lignes directrices sur supports imprimé et électronique; continuer d’entrer en contact avec les gens au moyen de technologies nouvelles et interactives telles que des blogues et des vidéos en ligne.
    • Mettre en ’uvre une campagne de marketing social sur la protection de la vie privée des enfants en ligne.
    • Mettre en place des programmes de sensibilisation et d?éducation en partenariat avec les commissaires à la protection de la vie privée des provinces et des territoires.
  • Exercer du leadership pour promouvoir quatre questions prioritaires en matière de protection de la vie privée
    • Technologie de l’information
      • Développer suffisamment de capacités pour évaluer les répercussions des nouvelles technologies de l’information sur la protection de la vie privée.
      • Sensibiliser davantage le public aux technologies ayant une incidence sur la vie privée.
      • Fournir une orientation pratique aux organisations sur la mise en ’uvre de technologies particulières.
    • Sécurité nationale
      • Veiller à ce que les initiatives axées sur la sécurité nationale protègent adéquatement la vie privée.
      • Surveiller adéquatement, chez les organismes chargés de la sécurité nationale, les pratiques de gestion des renseignements personnels et voir à ce que ces organismes se responsabilisent.
      • Sensibiliser le public aux incidences pour la vie privée des initiatives en matière de sécurité nationale.
    • Intégrité et protection de l’identité, vol d’identité
      • Améliorer les pratiques de gestion des renseignements personnels des organisations.
      • Sensibiliser le public à la protection de l’identité.
      • Persuader le gouvernement fédéral d’adopter une approche coordonnée en matière de protection de l’identité.
    • Information génétique
      • Promouvoir la recherche et les connaissances pour relever les nouveaux défis posés par la génétique dans le contexte des régimes conventionnels de protection des données.
      • Sensibiliser le public aux utilisations possibles de l’information génétique.
  • Promouvoir la protection mondiale de la vie privée pour les Canadiennes et Canadiens
    • Chercher à apporter des modifications à la LPRPDE; coopérer avec d’autres autorités de protection des données pour s’assurer que les mesures prises pour protéger la vie privée sont complètes et harmonieuses.
    • Présider un groupe de bénévoles de l’OCDE chargé d’examiner des moyens d’améliorer la coopération entre les autorités de protection des données et d’autres organes d’application du droit à la vie privée.
    • Continuer de travailler avec un groupe de l’APEC axé sur la confidentialité des données qui a élaboré un cadre de protection de la vie privée à l’intention de ses pays membres.

ANNEXE 1 – Définitions; processus d’enquête

Définitions des types de plaintes déposées en vertu de la LPRPDE

Les plaintes adressées au CPVP sont réparties selon les principes et les dispositions de la LPRPDE qui auraient été enfreints :

  • Accès. Une personne s’est vue refuser l’accès aux renseignements personnels qu’une organisation détient à son sujet ou n’a pas reçu tous les renseignements, soit en raison de l’absence de certains documents ou renseignements ou parce que l’organisation a invoqué des exceptions afin de soustraire les renseignements.
  • Responsabilité. Une organisation a failli à l’exercice de ses responsabilités à l?égard des renseignements personnels qu’elle possède ou qu’elle garde ou elle a omis de désigner une personne responsable de surveiller l’application de la Loi.
  • Exactitude. Une organisation a omis de s’assurer que les renseignements personnels qu’elle utilise sont exacts, complets et à jour.
  • Possibilité de porter plainte. Une organisation a omis de mettre en place les procédures ou les politiques qui permettent à une personne de porter plainte en vertu de la Loi ou elle a enfreint ses propres procédures et politiques.
  • Collecte. Une organisation a recueilli des renseignements personnels non nécessaires ou les a recueillis par des moyens injustes ou illégaux.
  • Consentement. Une organisation a recueilli, utilisé ou communiqué des renseignements personnels sans le consentement de la personne concernée ou elle a fourni des biens et des services à la condition que la personne consente à la collecte, à l’utilisation ou à la communication déraisonnable de renseignements personnels.
  • Correction/Annotation. L’organisation n’a pas corrigé, à la demande d’une personne, les renseignements personnels qu’elle détient à son sujet ou, en cas de désaccord avec les corrections demandées, n’a pas annoté les renseignements afin d’indiquer la teneur du désaccord.
  • Frais. Une organisation a exigé plus que des frais minimaux pour fournir à des personnes l’accès à leurs renseignements personnels.
  • Conservation. Les renseignements personnels sont conservés plus longtemps qu’il n’est nécessaire aux fins qu’une organisation a déclarées au moment de la collecte des renseignements ou, s’ils ont été utilisés pour prendre une décision au sujet d’une personne, l’organisation n’a pas conservé les renseignements assez longtemps pour permettre à la personne d’y avoir accès. 
  • Mesures de sécurité. Une organisation n’a pas protégé les renseignements personnels qu’elle détient par des mesures de sécurité appropriées. 
  • Délais. Une organisation a omis de fournir à une personne l’accès aux renseignements personnels qui la concernent dans les délais prévus par la Loi.
  • Utilisation et communication. Les renseignements personnels sont utilisés ou communiqués à des fins autres que celles pour lesquelles ils avaient été recueillis, sans le consentement de la personne concernée, et l’utilisation ou la communication de renseignements personnels sans le consentement de la personne concernée ne font pas partie des exceptions prévues dans la Loi. 

Définitions des conclusions et d’autres dispositions

Le CPVP a élaboré des définitions de conclusions et de décisions afin d’expliquer les résultats des enquêtes effectuées conformément à la LPRPDE :

  • Non fondée. L’enquête n’a pas permis de déceler des éléments de preuves qui suffisent à conclure qu’une organisation a enfreint les droits du plaignant en vertu de la LPRPDE.
  • Fondée. L’organisation n’a pas respecté une disposition de la LPRPDE.
  • Résolue. L’enquête a corroboré les allégations, mais avant la fin de l’enquête, l’organisation a pris des mesures correctives pour remédier à la situation, à la satisfaction du CPVP, ou s’est engagée à prendre ces mesures.
  • Fondée et résolue. La commissaire est d’avis, au terme de son enquête, que les allégations semblent fondées sur des preuves, mais fait une recommandation à l’organisation concernée avant de rendre ses conclusions, et l’organisation prend ou s’engage à prendre les mesures correctives recommandées.
  • Réglée en cours d’enquête. Le CPVP aide à négocier, en cours d’enquête, une solution qui convient à toutes les parties. Aucune conclusion n’est rendue.
  • Abandonnée. Il s’agit d’une enquête qui est terminée avant que toutes les allégations ne soient pleinement examinées. Une affaire peut être abandonnée pour toutes sortes de raisons, par exemple, le plaignant peut ne plus vouloir donner suite à l’affaire ou il est impossible de lui demander de fournir des renseignements supplémentaires, lesquels sont essentiels pour en arriver à une conclusion.
  • Hors juridiction. L’enquête a démontré que la LPRPDE ne s’applique pas à l’organisation ou à l’activité faisant l’objet de la plainte.
  • Réglée rapidement. Situation dans laquelle l’affaire est réglée avant même qu’une enquête officielle ne soit entreprise. À titre d’exemple, si une personne dépose une plainte concernant un sujet qui a déjà fait l’objet d’une enquête par le CPVP et qui a été jugé conforme à la LPRPDE, nous donnons les explications nécessaires à la personne plaignante. Cette conclusion s’applique également lorsqu’une organisation, mise au courant des allégations, règle immédiatement la question à la satisfaction du plaignant et du CPVP. 

Processus d’enquête en vertu de la LPRPDE

ANNEXE 2 – Statistiques en matière d’enquêtes et de demandes de renseignements

Statistiques sur les demandes de renseignements

Notre Section des demandes de renseignements fournit l’un de nos plus importants services aux Canadiennes et Canadiens – la prestation rapide, directe et personnalisée de renseignements sur les enjeux relatifs à la protection de la vie privée. Nous avons reçu près de 8 000 demandes de renseignements liées à la LPRPDE en 2007.

Au nombre des questions fréquemment soulevées, mentionnons les suivantes : la collecte et l’utilisation des numéros d’assurance sociale; l’accès aux données personnelles détenues par les institutions financières; l’utilisation et la communication de renseignements personnels dans les secteurs des télécommunications et des ventes. Le vol d’identité constitue une autre raison importante pour laquelle les gens communiquent avec nous. Les forces policières conseillent souvent aux personnes qui ont rempli un rapport de police sur un vol d’identité de communiquer avec le Commissariat pour obtenir de plus amples détails.

Nous avons récemment constaté un intérêt accru des organisations à l?égard des questions transfrontalières.

Période allant du 1er janvier au 31 décembre 2007
Demandes de renseignements en vertu de la  LPRPDE reçues par la Section des demandes de renseignements  
Demandes de renseignements téléphoniques 6 428
Demandes de renseignements écrites (lettre et télécopie) 1 208
Nombre total de demandes reçues 7 636
   
Demandes de renseignements en vertu de la  LPRPDE réglées par la Section des demandes de renseignements  
Demandes de renseignements téléphoniques 6 417
Demandes de renseignements écrites (lettre et télécopie) 1 142
Nombre total de demandes résolues 7 559

Plaintes reçues par type de plainte

Les plaintes reçues en plus grand nombre sont de loin celles qui concernent la façon dont les organisations utilisent et communiquent les renseignements. Les plaignants allèguent le plus souvent que les renseignements sont utilisés et communiqués à des fins autres que celles pour lesquelles on les a recueillis, et qu’ils sont communiqués à des tiers sans le consentement du principal intéressé.

Les plaintes relatives à la collecte concernent habituellement la collecte de renseignements sans le consentement approprié ou la collecte de renseignements non requis pour les fins convenues.

Les plaintes relatives à l’accès concernent essentiellement les allégations selon lesquelles les organisations n’ont pas répondu aux demandes de renseignements personnels ou n’ont pas fourni tous les renseignements auxquels les intéressés croient avoir droit.

Plaintes reçues entre le 1er janvier et le 31 décembre 2007
Type de plainte Nombre Pourcentage
Utilisation et communication 120 34
Collecte 68 19
Accès 67 19
Mesures de sécurité 36 10
Consentement 16  5
Délais 13  4
Responsabilité 8  2
Exactitude 7  2
Conservation 7  2
Transparence 4  1
Correction/Annotation 3  1
Frais 1 <1
Total 350  

Répartition par secteur

Plaintes reçues entre le 1er janvier et le 31 décembre 2007

Secteur Nombre Pourcentage
Institutions financières 105 30
Télécommunications 42 12
Autres 39 11
Ventes 37 11
Assurance 35 10
Transport 28 8
Services professionnels 26 7
Hébergement 21 6
Santé 9 2,5
Services 6 2
Location 2 <1
Total  350  

Catégories

Institutions financières :
banques, agences de recouvrement, agences d?évaluation du crédit, fournisseurs de crédit, conseillers financiers
Télécommunications :
diffuseurs, câble/satellite, téléphone, téléphone sans fil, services Internet
Autres :
écoles privées, bandes autochtones, compagnies de sécurité, enquêteurs privés, etc.
Ventes :
concessionnaires d’automobiles, pharmacies, immobilier, vente au détail, magasins
Assurance :
assurance-vie et assurance-santé, assurance sur les biens et assurance risques divers
Transport :
aérien, terrestre, ferroviaire, maritime
Services professionnels :
comptables, avocats
Hébergement :
hôtels, locations, condominiums, gestion des biens
Santé :
chiropraticiens, dentistes, médecins, physiothérapeutes, psychologues/psychiatres
Services :
garderie, coiffeuses, esthéticiennes
Location :
location d’autos et autres

Plaintes résolues par type de plainte

Plaintes résolues entre le 1er janvier et le 31 décembre 2007
Type de plainte Nombre Pourcentage
Utilisation et communication 162 39
Collecte 80 19
Accès 68 16
Mesures de sécurité 37 9
Consentement 25 6
Délais 11 3
Responsabilité 9 2
Conservation 9 2
Correction/Annotation 7 2
Exactitude 5 1
Transparence 4 1
Autres (représailles)* 2 <1
Frais 1 <1
Total 420  

* Nous avons résolu deux plaintes liées à des représailles ou à une dénonciation. L’exécution des mesures entourant les plaintes liées à des représailles est visée par l’article 27.1 de la LPRPDE. La disposition a pour objet de s’assurer que les organisations ne prennent pas de représailles contre les employés qui ont allégué, de bonne foi, que leur employeur avait enfreint la LPRPDE ou allait enfreindre la LPRPDE ou qui ont refusé de faire quelque chose qui aurait été à l’encontre de la Loi. Les représailles peuvent inclure, entre autres, le renvoi, la suspension, la rétrogradation et les mesures disciplinaires.

La commissaire, dans son rôle d’ombudsman, est tenue de faire enquête sur les cas de représailles afin de déterminer si elle doit les signaler au procureur général du Canada en vue d’une éventuelle poursuite judiciaire aux termes du Code criminel. Le Commissariat a évalué des plaintes liées à des représailles, mais aucun cas n’a mérité d?être confié au procureur général.

Nombre de plaintes en attente
(en attente d’une attribution à un enquêteur) au 31 décembre 2007 : 44

Plaintes résolues par type de conclusion

Près du tiers de nos plaintes résolues ont été réglées. En d’autres mots, nous avons réussi dans un grand nombre de cas à trouver des solutions qui ont satisfait les plaignants, les parties intimées et le Commissariat.

La deuxième plus grande catégorie est celle des cas abandonnés. Plusieurs raisons peuvent expliquer une telle situation, comme des motifs personnels, parce qu’une organisation a réglé une question avant le début de l’enquête, ou parce que le Commissariat ne peut aller de l’avant étant donné qu’un plaignant ne lui a pas fourni les détails additionnels nécessaires pour réaliser une enquête.

Plaintes résolues entre le 1er janvier et le 31 décembre 2007
Conclusions Nombre Pourcentage
Réglée en cours d’enquête 125 30
Abandonnée 89 21
Non fondée 64 15
Fondée et résolue 62 15
Résolue 41 10
Réglée rapidement 14 3
Hors juridiction 14 3
Fondée 9 2
Autres (représailles)  2 <1
TOTAL 420  

Délais de traitement des enquêtes en vertu de la LPRPDE – par type de conclusion

Environ le quart de nos enquêtes sont menées à terme en moins d’un an. Les cas plus complexes demandent davantage de temps. À titre d’exemple, les cas impliquant plusieurs administrations ou nécessitant une recherche exhaustive dans les pratiques industrielles seront habituellement plus longs à régler. Parfois, les cas s?étirent parce que l’information se fait attendre.

Période allant du 1er janvier au 31 décembre 2007
Décision Délai moyen de traitement en mois
Réglée rapidement 3,36
Abandonnée 11,18
Hors juridiction 12,07
Réglée en cours d’enquête 12,17
Non fondée 20,56
Résolue 20,68
Fondée et résolue 23,15
Fondée 24,36
Autres (représailles) 26,00
Moyenne globale 15,71

Conclusions par type de plainte

Plaintes résolues entre le 1er janvier et le 31 décembre 2007
  Abandonnée Réglée rapidement Hors juridiction Non fondée Autres Résolue Réglée Fondée Fondée et résolue TOTAL
Utilisation et communication 26 8 6 27 0 8 46 3 38 162
Collecte 18 2 2 18 0 7 25 2 6 80
Accès 17 2 5 4 0 15 19 1 5 68
Mesures de sécurité 9 1 0 4 0 3 11 1 8 37
Consentement 7 1 1 2 0 5 7 0 2 25
Délais 4 0 0 0 0 2 3 2 0 11
Responsabilité 0 0 0 2 0 1 5 0 1 9
Conservation 2 0 0 2 0 0 5 0 0 9
Correction/Annotation 3 0 0 3 0 0 0 0 1 7
Exactitude 2 0 0 1 0 0 1 0 1 5
Transparence 0 0 0 1 0 0 3 0 0 4
Autres 0 0 0 0 2 0 0 0 0 2
Frais 1 0 0 0 0 0 0 0 0 1
TOTAL 89 14 14 64 2 41 125 9 62 420

Conclusions par secteur industriel

Plaintes résolues entre le 1er janvier et le 31 décembre 2007
  Abandonnée Réglée rapidement Hors juridiction Non fondée Autres Résolue Réglée Fondée Fondée et résolue TOTAL
Institutions financières 24 5 3 21 0 14 28 0 18 113
Télécom-munications 11 2 2 12 1 5 17 4 17 71
Ventes 7 3 1 2 0 5 34 0 9 61
Autres 17 0 7 8 0 2 23 0 1 58
Assurance 13 2 0 3 0 6 11 1 8 44
Transport 4 1 0 11 1 4 7 2 3 33
Services professionnels 3 1 1 2 0 2 1 2 2 14
Services 2 0 0 4 0 1 0 0 4 11
Hébergement 7 0 0 0 0 0 2 0 0 9
Location 0 0 0 0 0 2 2 0 0 4
Santé 1 0 0 1 0 0 0 0 0 2
TOTAL 89 14 14 64 2 41 125 9 62 420

Délais de traitement des enquêtes en vertu de la  LPRPDE – par type de plainte

Période allant du 1er janvier au 31 décembre 2007
Type de plainte Délai moyen de traitement en mois
Exactitude 9,4*
Frais 10,0*
Délais 11,3
Conservation 12,7
Accès 14,5
Transparence 15,3*
Correction/Annotation 15,4
Utilisation et communication 15,8
Mesures de sécurité 15,9
Responsabilité 16,2
Collecte 17,0
Consentement 18,0
Autres 26,0*
Moyenne globale 15,7

*Le délai de traitement pour ces types de plaintes se rapporte chaque fois à six cas ou moins.

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