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Survol du Symposium de 2025 portant sur la protection de la vie privée des jeunes à l’ère numérique

Symposium de 2025 portant sur la protection de la vie privée des jeunes à l’ère numérique

Prioriser la protection de la vie privée, c’est favoriser et stimuler l’innovation. Le Commissaire à la protection de la vie privée du Canada, Philippe Dufresne, a tenu un symposium international sur la protection de la vie privée des jeunes à l’ère numérique le 20 juin 2025. Le symposium a permis d’explorer des questions clés liées à la protection de la vie privée des enfants, actuelles et à venir.

Mot d’ouverture – Philippe Dufresne, Commissaire à la protection de la vie privée du Canada

Commissaire à la protection de la vie privée du Canada, Philippe Dufresne au podium

Photo du Commissaire à la protection de la vie privée du Canada, Philippe Dufresne, au podium.

Défendre le droit à la vie privée des enfants est l’une des priorités stratégiques du Commissaire Dufresne. Dans le mot d’ouverture qu’il a prononcé à l’occasion du symposium, le Commissaire a affirmé que la protection de la vie privée des enfants est une question qui se fait de plus en plus urgente. « Nous souhaitons tous que les jeunes puissent grandir dans un environnement sûr. Un environnement où les choses qu’ils disent et font ne sont pas surveillées ni utilisées contre eux », a-t-il déclaré. Lire le mot d’ouverture du Commissaire Dufresne.

Panel 1 : Expériences et besoins des jeunes en matière de protection des données

Modérateur : Le Commissaire à la protection de la vie privée du Canada, Philippe Dufresne

Jeunes panélistes : Roman Wolfi, membre du Parlement des jeunes Canadiens; Josephine Maharaj, membre du Parlement des jeunes Canadiens; Aany Vital Ramos, membre du Comité consultatif de la jeunesse de la Gendarmerie royale du Canada (GRC); et Misha Sharma, membre du Comité consultatif de la jeunesse de la GRC.

Point fort de la journée, les jeunes participants ont livré leurs réflexions sur la façon dont la protection de la vie privée touche leur vie quotidienne, insistant sur le fait qu’il ne s’agit pas seulement d’une question technique, mais aussi d’une question de droits et d’équité. Ils ont exprimé le souhait de voir une plus grande transparence et des explications plus claires sur la manière dont leurs renseignements personnels sont recueillis et utilisés. Nombre d’entre eux ont fait remarquer qu’il peut être difficile de comprendre les paramètres et les politiques de protection de la vie privée, surtout lorsqu’ils sont rédigés dans un langage complexe. Les jeunes participants ont aussi soulevé des préoccupations concernant la surveillance en ligne et l’influence des médias sociaux, notamment la manière dont les entreprises peuvent exercer une influence sur ce que les jeunes voient et ressentent et les conséquences sur la santé mentale et l’autonomie.

Les panélistes ont également discuté du rôle de l’IA dans l’éducation, faisant ressortir la nécessité de trouver un équilibre entre l’innovation et le maintien des relations humaines. Les jeunes ont mis en lumière l’importance de voir la littératie numérique et la sensibilisation en matière de protection de la vie privée comme des compétences essentielles et ont appelé à une plus grande participation des jeunes dans la conception des politiques et des technologies qui les concernent. Dans l’ensemble, ils se sont montrés optimistes quant à leur participation à la conversation et ont encouragé les gouvernements et les organisations à continuer d’écouter les jeunes.

Panel 2 : Étudier les impacts de l’intelligence artificielle sur les jeunes

Modératrice : Joanna Redden, Université de l’Ouest de l’Ontario

Panélistes : Ajay Shrestha, Université Vancouver Island; Sara Grimes, Université McGill; et Val Iannitti, Actua

Les participants ont discuté des façons dont l’IA peut amplifier les risques pour les jeunes, notamment les algorithmes biaisés, la désinformation et l’érosion de l’autonomie. Les panélistes ont fait état de recherches qui indiquent que les jeunes se sentent souvent impuissants face à l’utilisation de leurs données et qu’ils surestiment leur compréhension des systèmes d’IA. Construits à partir de données incomplètes ou problématiques, les systèmes d’IA présentent souvent une image erronée des jeunes et renforcent les stéréotypes.

Les éducateurs et les décideurs politiques ont été priés d’outiller les jeunes en mettant leur voix au centre de la conception de solutions, en adaptant les interventions aux vulnérabilités en matière de développement et en intégrant la protection de la vie privée et les connaissances en matière d’IA dans l’éducation. Bien que l’IA présente des avantages – elle contribue notamment à l’apprentissage inclusif –, les panélistes ont appelé à la mise en œuvre de solutions collaboratives, solidaires et fondées sur les droits. Ils ont aussi encouragé une conception basée sur les droits des enfants ainsi que l’amélioration des paramètres par défaut en matière de protection de la vie privée et mis en garde contre la confiance excessive à l’égard des contrôles parentaux ou de la conception par exclusion.

Panel 3 : Premières réflexions des autorités de protection des données et de la vie privée du G7

Modérateur : Commissaire à la protection de la vie privée du Canada, Philippe Dufresne

Panélistes : John Edwards, Commissaire à l’information du Royaume-Uni (en anglais seulement) et Anu Talus, présidente, Comité européen de la protection des données.

Durant cette séance, il a été question de l’importance de la collaboration entre les organismes de réglementation dans la lutte contre les mécanismes de conception trompeuse et des expériences numériques adaptées à l’âge. Les participants ont souligné l’émergence de codes de conception adaptés à l’âge et l’importance de mettre en lumière les exemples à suivre dans l’industrie, une pratique qui prend de l’ampleur. Ils ont également fait ressortir la nécessité de faire participer les jeunes à la conception de systèmes de protection de la vie privée. Les représentants des organismes de réglementation européens ont discuté de leurs actions visant à harmoniser l’orientation dans les différents secteurs. La discussion a reflété l’engagement commun des autorités de protection des données du G7 à prioriser la protection des droits des enfants en ligne.

Panel 4 : La protection de la vie privée à l’école : EdTech et la vie privée des enfants

Modératrice : Marie-Ève Nadeau, 5 Rights Foundation

Panélistes : Caroline Isautier, Tech for Good Canada; Linette Attai, Consortium for School Networking (CoSN); et Amanda Comeau, Éducation et Développement de la petite enfance, Gouvernement du Nouveau-Brunswick

Durant cette séance, il a été question de l’utilisation croissante des outils numériques en classe dans le but de soutenir l’apprentissage, la collaboration et l’accessibilité. De nombreux éducateurs se tournent vers ces outils pour combler des lacunes importantes; toutefois, les considérations relatives à la protection de la vie privée ne sont pas toujours au premier plan, compte tenu des diverses responsabilités qui incombent aux enseignants. Les participants ont fait remarquer que les enseignants présument souvent que les outils sont sûrs et conçus dans l’intérêt supérieur des élèves, alors que les modalités de protection de la vie privée peuvent varier. La discussion a fait ressortir l’importance d’aider les éducateurs à mieux comprendre comment les données sont recueillies et communiquées et la nécessité d’établir des lignes directrices claires et d’offrir une formation appropriée. Les panélistes ont discuté de l’absence de processus d’approbation clairs et des limites floues concernant l’accès aux données par des tiers, soulignant au passage les risques de rançongiciels et le manque de précision des politiques de conservation des données.

Lorsqu’elles sont utilisées de manière réfléchie, les technologies éducatives peuvent améliorer l’apprentissage et réduire les obstacles, en particulier pour les élèves ayant des besoins particuliers. Les participants ont souligné l’importance de faire participer les élèves et les parents aux discussions sur la protection de la vie privée et de veiller à ce que les outils utilisés en classe respectent les normes légales et éthiques. La séance s’est conclue par un appel à la collaboration entre les écoles, les ministères, les autorités de protection des données et l’industrie afin de soutenir une utilisation des technologies éducatives dite responsable et centrée sur les élèves.

Panel 5 : « L’intérêt supérieur de l’enfant » et la vie privée des enfants

Modératrice : Valerie Steeves, Centre de recherche en droit, technologie et société de l’Université d’Ottawa

Panélistes : Dominique Kelly, Faculté d’information et d’études des médias de l’Université Western; Shanna Pearce, Epic Games; Emily Laidlaw, Université de l’Alberta

Durant cette séance, il a été question de l’utilisation d’une approche basée sur les droits des enfants pour guider la politique et la conception numériques. Les panélistes ont appelé les organisations à considérer les enfants comme des personnes ayant des droits, et non comme des consommateurs. Les chercheuses ont fait état de résultats de recherche qui montrent un changement chez les jeunes; alors qu’ils éprouvaient auparavant un sentiment d’autonomie en ligne, ils se sentent maintenant surveillés et jugés, ce qui entraîne un désengagement ou une confiance excessive à l’égard des contenus passifs. Une panéliste a présenté une recherche sur les mécanismes de conception trompeuse et souligné les conséquences importantes que ces tactiques peuvent avoir sur les jeunes.

Les participantes ont souligné l’importance d’aller au-delà de la simple protection pour inclure également l’offre et la participation, en veillant à ce que les jeunes disposent d’espaces sûrs en ligne et à ce qu’ils puissent contribuer à façonner leur environnement numérique. Elles ont également fait ressortir la nécessité d’adopter des approches nuancées et flexibles qui favorisent l’action et le développement plutôt que de s’en remettre à des outils génériques comme la vérification de l’âge ou les contrôles parentaux stricts. Une panéliste a présenté un modèle de compte pour enfant personnalisable qui allie consentement des parents et autonomie des enfants. La séance a mis en lumière le fait que les jeunes méritent que la protection de leur vie privée soit prise en compte dès la conception d’un produit ou d’un service. Elle a également fait ressortir qu’il faut que les jeunes contribuent véritablement à façonner leur environnement en ligne.

Panel 6 : Réflexions des autorités de protection des données du G7 : protéger les jeunes à l’ère numérique

Modérateur : Commissaire à la protection de la vie privée du Canada, Philippe Dufresne

Panélistes : Satoru Tekuza, président, Commission de la protection des données personnelles (en anglais seulement) du Japon; Guido Scorza, commissaire, Garante per la protezione dei dati personali (en anglais seulement) d’Italie; Bertrand du Marais, commissaire, Commission nationale de l’informatique et des libertés de France; et Andreas Hartl, sous-commissaire, Commissariat fédéral à la protection des données et à la liberté d’information (en anglais seulement) d’Allemagne

Les autorités de protection des données et de la vie privée du G7 ont parlé des façons de créer un environnement numérique plus durable et plus respectueux des droits pour les enfants. Elles ont mis l’accent sur une approche de la réglementation proportionnelle et fondée sur les risques qui maintient un juste équilibre entre l’innovation et le respect de l’intérêt supérieur de l’enfant.

Les principaux thèmes abordés ont été l’importance de la coopération entre les organismes de réglementation internationaux, un soutien accru au développement de technologies éducatives respectueuses de la vie privée, la mise en évidence des bonnes pratiques d’entreprise et l’importance d’enseigner aux jeunes comment fonctionne la technologie, et non pas seulement comment l’utiliser. Les panélistes ont fait ressortir d’importants principes en matière de protection de la vie privée, tels que la minimisation et la suppression des données, et ont mentionné tout particulièrement que les technologies d’amélioration de la confidentialité peuvent faire partie de la solution. Les organismes de réglementation ont été encouragés à favoriser des environnements qui permettent aux enfants de grandir, d’explorer et de faire des erreurs sans faire l’objet d’une surveillance excessive ou d’un préjudice disproportionné.

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